Starligue – J5

Créteil écrasé à Cesson

Kevin Bonnefoi (Cesson)

Après vingt premières minutes serrées, Créteil a totalement décroché et s’incline logiquement contre Cesson-Rennes (33-23), qui réalise de son côté un match très abouti.

Cesson-Rennes et Créteil avaient tous deux réalisé de belles performances la semaine dernière, les deux à domicile : Créteil contre Chambéry (31-29), Cesson contre Saint-Raphaël (25-22). Les deux avaient donc à cœur de confirmer l’une contre l’autre ce mercredi soir.

Entame laborieuse des deux côtés

L’entame de match ne restera sans doute pas dans les annales du handball. Les deux équipes pratiquent un jeu assez médiocre avec beaucoup de pertes de balle et de tirs manqués des deux côtés. Les dix premières minutes sont donc extrêmement poussives pour Cessonnais et Cristoliens (3-3, 10′). La rencontre se décante ensuite un peu plus. Jérémy Suty démarre le match en trombe, et donne deux buts d’avance aux Bretons sur sa troisième réalisation personnelle (6-4, 13′), mais Martin Petiot égalise (7-7, 15′). L’arrière cristolien est le principal artilleur en début de match avec Alexandru Csepreghi (3 buts pour Petiot, 3 pour Csepreghi en première mi-temps). Après vingt minutes, rien n’est joué (10-10, 21′).

La double-palissade cessonnaise

A ce moment, Créteil commence à déjouer. Les Franciliens ne trouvent plus les solutions en attaque, bloqués d’abord par la muraille de l’axe de la défense formé par Romaric Guillo et Hugo Kamtchop-Baril, entré à la place de Gudmundur Helgason. L’association des deux pivots formés au club fonctionne très bien. « Ça a mis beaucoup de densité, reconnaît Yérime Sylla, le coach cessonnais. « Gumi » (Gudmundur Helgason) avait joué presque une heure contre Saint-Raphaël et était peut-être un peu entamé. Il y a deux pivots et ça me gêne un peu, mais on est plus opérants avec ce système-là. » Et quand Créteil arrive à franchir cette barrière, Kevin Bonnefoi repousse les tirs. « Il était un monstre ce soir, » l’encense Romaric Guillo. Fort de cette assise défensive, Cesson n’a plus qu’à être efficace en attaque, ce qu’il a été. Au bout de la possession, Léo Le Boulaire marque d’une jolie roucoulette (13-10, 27′), avant qu’Allan Villeminot ne donne cinq buts d’avance à ses coéquipiers peu avant la sirène, avec un peu de réussite (15-10, 30′).

L’écart s’accroît encore en début de deuxième période (17-10, 33′). A cheval sur les deux périodes, Créteil encaisse un 7-0 en douze minutes ! « Notre début de deuxième période est indigente, » déplore Christophe Mazel, l’entraîneur cristolien. Pour son retour au Palais des sports, Mickaël Robin est bien impuissant sur les tirs à 9 mètres dans sa lucarne d’artilleurs comme Ibrahima Sall ou Jérémy Suty. Après le onzième arrêt de Bonnefoi, Kamtchop-Baril marque en contre , et Jérémy Suty marque à nouveau peu après pour mettre le CRMHB à +8 (21-13, 40′).

Une victoire méritée pour les Irréductibles

Le match est alors déjà plié, car Créteil ne se révolte pas (26-17, 48′). Le seul à véritablement sortir du lot est Boïba Sissoko, qui est le plus mobile sur le terrain et qui inscrit quatre buts. En face, les joueurs cessonnais sont au diapason. « Ils ont tous joué ensemble, constate Mazel. Alors que nous, plus on était en difficulté, plus on a joué de façon individuelle, on s’est complètement désunis ».

Yérime Sylla fait tourner en fin de rencontre en offrant des minutes de jeu à Benoît Doré, qui se remet doucement de sa blessure à l’épaule, ou encore à Geir Gudmundsson. L’Islandais a fait une entrée remarquée, en marquant quatre buts d’affilée pour Cesson (30-21, 54′). Pour les derniers instants du match, Jef Lettens a aussi livré une belle performance dans la cage bretonne. Des quinze joueurs cessonnais sur la feuille de match, seul Vincent Maguy est resté sur le banc. « J’aurais bien aimé qu’on le voit ce soir, il est bon à l’entraînement. Mais il aura sa chance, » souligne son capitaine Sylvain Hochet. Un dernier but de Maxime Derbier met Cesson à +10 juste avant la sirène (33-23). Entre les faiblesses de Créteil – certes amoindri par les absences (Mokrani, Toto, Malinovic, Alonso, Castro) – et la maîtrise de Cesson, le résultat est très logique.

La feuille de match

Cesson-Rennes – Créteil : 33-23 (15-10).

Arbitres : MM. Karim et Raouf Gasmi.

Cesson-Rennes. Gardiens : Bonnefoi 11 arrêts (34%), Lettens 3 (60%). Joueurs de champ : Derbier 2 buts, Suty 6, Helgason 2, Sall 3, Hochet (cap) 4, Kamtchop-Baril 3, Le Boulaire 3, Lanfranchi, Maguy, Villeminot 5, Gudmundsson 4, Doré, Guillo 1. Exclusions : Sall (14′), Guillo (50′), Gudmundsson (54′) Entraîneur : Yérime Sylla.

Créteil. Gardiens : Sunjic (cap) 3 arrêts (21%), Robin 9 (29%). Joueurs de champ : Descat 3 buts (dont 1/3 pen.), Tarrico, Richert 1, Toromanovic 4, Pintor, Sissoko 4, A. Ferrandier 1, Minne, Csepreghi 6, Cardinal 1, L. Ferrandier, Petiot 3. Exclusions : L. Ferrandier (27′), Pintor (40′). Entraîneur : Christophe Mazel.

Yérime Sylla : « Je suis pleinement satisfait »

Yérime Sylla (entraîneur, Cesson-Rennes) : « Ça fait deux matchs qu’on est dedans. La crainte de ce soir était qu’après Saint-Raphaël, il y aurait un relâchement en jouant un Créteil diminué. Ça n’a pas été le cas. On a toujours été sérieux. A 10-10, on a continué à se projeter vers l’avant, et on l’a fait pendant toute la rencontre. Ce que j’ai bien aimé, c’est qu’on n’a pas pas eu le petit temps faible qu’on a eu contre Saint-Raphaël en fin de première mi-temps. On a été assez constants dans la performance, ça nous a permis de faire tourner avant Sélestat. On arrive en octobre-novembre, je me méfie des soucis musculaires, et je n’avais pas envie qu’on est une victoire à la Pyrrhus sur un match comme ça. On a évité ça, on a continué à dérouler le jeu. Je suis pleinement satisfait. »

Jérémy Suty (arrière, Cesson-Rennes) : « Le match est resté accroché une bonne vingtaine de minutes, et à 10-10 on arrive à mettre les buts importants et à ne pas en prendre, on a pu faire l’écart à ce moment-là. Ce qui est intéressant, c’est d’avoir su garder cet avantage, et l’amplifier en début de seconde mi-temps. En début de saison, on avait quelques soucis, des temps faibles. Là je pense qu’on a été solides sans être forcément brillants, mais au moins solides pendant tout le match, c’est ce qui a fait la différence. Créteil avait aussi moins de rotations dû à ses absences. C’est un match encourageant. Il fallait prendre ces deux points, et on les a. On savait que le début de championnat était compliqué. On avait ciblé ces matchs à domicile, c’est bien de les avoir remporté. Maintenant on va jouer chez un promu, il faut qu’on gagne à l’extérieur. D’ici Noël on aura des matchs un peu plus abordables, notamment à domicile, il faut continuer dans ce sens. »

Sylvain Hochet (ailier, Cesson-Rennes) : « Le début de match a été laborieux, avec des pertes de balle des deux côtés. Défensivement, on était prêts. On a réussi à faire l’écart avant la mi-temps, ce qui nous a permis d’aborder la deuxième mi-temps plus sereinement, après c’est beaucoup plus facile. On savait que Créteil manquait de rotations, donc il fallait bien défendre et monter les ballons, c’était le mot d’ordre. Prendre 23 buts, c’est parfait. C’est notre deuxième victoire à domicile, on est contents. Comme la semaine dernière, quand le public est comme ça, on se sent pousser des ailes. On a retrouvé de la cohérence dans le jeu et une combativité défensive qui fait notre force depuis des années. Je suis très content pour les gars et le public, c’est parfait. Les nouveaux manquaient de confiance, et jouer à domicile les a libéré. Quand on mène de +7, c’est plus simple de se mettre dedans. C’est bien pour Geir Gudmundsson qui a beaucoup marqué, pour Benoît Doré qui revient de blessure. Ce qu’on a produit est cohérent. A partir du moment où c’est cohérent, on peut s’appuyer sur notre défense et c’est beaucoup plus facile derrière pour monter les ballons, donc dans l’ensemble on est satisfaits de notre match. »

Romaric Guillo (pivot, Cesson-Rennes) : « C’est vraiment un match complet, on s’y est retrouvés partout. Aujourd’hui, on peut tous se faire confiance, que ce soit en attaque, en défense ou avec nos gardiens. On bosse dur à l’entraînement, on se prend pas mal la tête pour que tout soit parfait, ça a payé ce soir. On sait bien ce que les coachs veulent faire de nous, et on a prouvé ce soir qu’on était capables en attaque et en défense de faire de bons matchs. Le 7-0 sur les deux mi-temps nous a bien aidés. On avait un peu peur du niveau de Mickaël Robin mais il était moins dedans, et Kevin à l’inverse était un monstre ce soir. Quand on change avec Jef Lettens, lui aussi fait un super match. Comment remettre en confiance tout le monde… C’est parfait. On a fait un match complet, en plus c’était diffusé à la télévision. Ça montre à tout le monde qu’à Cesson il y a du public, de l’envie, tout ce qu’il faut pour pouvoir faire un beau, un grand club. Maintenant la machine est lancée, mais il ne faut rien lâcher en match ou à l’entraînement parce qu’on sait que ce sera compliqué. »

Christophe Mazel : « Même en jouant à la baballe, Cesson aurait gagné… »

Mazel CréteilChristophe Mazel (entraîneur, Créteil) : « Il faut déjà saluer la performance de Cesson qui a très bien joué, avec un excellent gardien. Je n’ai vu qu’une équipe sur le terrain ce soir, malheureusement c’était mon adversaire, que j’ai vu jouer ensemble et respecter à la lettre le projet de jeu qu’il s’était fixé. Je déplore le manque d’envie et d’enthousiasme de mon équipe qui a lâché dès qu’on s’est retrouvé en difficulté. Le score est à mon sens très sévère à la mi-temps, ils ont un peu de réussite. On fait quelques fautes techniques, mais on ne doit pas se retrouver à -5. Le début de deuxième mi-temps est indigent, approximatif, et le jeu s’est délité au fur et à mesure. Aujourd’hui, combien de joueurs chez moi ont joué à leur niveau, et respecté ce que j’ai demandé ? Il y a Boïba Sissoko… Et à Cesson ? Ils ont tous joué ensemble. Et quand on a eu l’occasion de se rapprocher un peu, Kevin (Bonnefoi) a fait la différence avec des arrêts de grande classe. Ça fait deux fois qu’on craque comme ça à l’extérieur. On ne peut pas se cacher derrière les blessures, ce serait trop simple. On a battu Chambéry avec cette équipe, donc on est capables de bien jouer, mais il faut que tout le monde élève son niveau de jeu et il faut être capable de ne pas s’effondrer dès qu’on est en difficulté. Chaque but de Cesson nous a coûté, il y avait une grosse densité défensive de leur côté, il fallait une réponse collective. J’ai l’impression que Cesson, même en jouant à la baballe, ils auraient gagné ! Ils ont bien joué, mais à un moment, quand vous laissez des joueurs lancés entrer dans les neuf mètres et qu’ils repartent aussi bien coiffés… On aura le fair-play à la fin de la saison ! »

Hugo Descat (ailier, Créteil) : « On est au coude-à-coude en première mi-temps, on a des balles de +2 et on loupe 3-4 tirs importants. Cesson ne loupe pas. Cesson mérite largement sa victoire, mais pour moi ils ont eu beaucoup de réussite sur des shoots un peu improbables parfois. Derrière, en deuxième mi-temps, on n’arrive pas à relever la tête et on se fait sanctionner, c’est normal. Rien à dire, avec ce beau public, chapeau à Cesson. »

Mickaël Georgeault, à Cesson-Sévigné

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