LdC – M. Oneto

“Après Veszprem, j’aimerais jouer en France”

Vainqueur de la Ligue des Champions en 2011 avec Barcelone, Marco Oneto réalise un très bon début de saison, à l’image de son club de Veszprem. Invaincue sur la scène internationale, la formation hongroise a notamment accroché Kiel (26-27) et l’Atlético Madrid (26-27) à son tableau de chasse.

HandNews est parti à la découverte du pivot de Veszprem, à moins d’un mois et demi d’un Mondial que le joueur chilien va disputer pour la deuxième fois de sa carrière. Le natif de Viña del Mar, sur la côte Pacifique chilienne, apparaît impatient de défendre les couleurs de son pays en janvier prochain.

Marco, tu as rejoint Veszprem à l’intersaison. Comment s’est passée ton intégration ?

Très bien ! Ce fut vraiment fantastique. Que ce soit mes coéquipiers ou les entraîneurs, tout le monde m’a aidé à me sentir à l’aise et à prendre mes marques rapidement. Dans un tel contexte, j’ai pu progressivement retrouver mon jeu et prendre du plaisir sur le terrain et dans ma vie au quotidien. La seule difficulté aujourd’hui concerne la barrière de la langue. Le hongrois n’est pas facile, mais j’apprends toujours plus de mots chaque semaine. Ça me permet de mieux m’intégrer.

Comment analyses-tu les trois premiers mois de Veszprem ?

Le championnat hongrois est dans sa globalité plus hétérogène que la Liga Asobal ou d’autres championnats européens. Il y a un vrai écart de niveau entre certaines formations, mais ce n’est pas pour autant que le championnat est plus facile. Szeged, qui est actuellement leader, sera encore une fois notre principal adversaire pour le titre.

Tu avais toujours évolué en Liga Asobal avant de rejoindre la Hongrie. Existe-t-il une différence importante entre les deux championnats ?

Malheureusement, la Liga Asobal a baissé de niveau depuis quelques mois, avec plus de cinquante joueurs qui sont partis d’Espagne à l’intersaison. Jusqu’à la saison passée, il est évident qu’il y avait une vraie différence de niveau entre la ligue espagnole et le championnat hongrois. Cependant, j’apprécie de voir que les supporters suivent avec beaucoup plus de force et de ferveur les performances de leur équipe favorite en Hongrie.

En Ligue des Champions, Veszprem est invaincu après sept rencontres…

Réussir un sans-faute depuis sept matches en Ligue des Champions est une grande satisfaction. Si on m’avait dit cela en début de saison, j’aurais signé tout de suite ! Mais il faut garder la tête froide et bien avoir à l’esprit que ce n’est que le début de l’aventure européenne. Il faut que Veszprem continue d’avancer en équipe et de grandir pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.

Veszprem a notamment fait chuter  Kiel et l’Atlético Madrid. Quelle est la clé du succès ?

La seule explication réside dans le bon travail que nous sommes en train de réaliser depuis plusieurs mois. Veszprem forme un groupe avec un excellent état d’esprit et une bonne ambiance. C’est sur ces bases que nous avons construit nos succès, notamment contre Kiel et Madrid. Nous sommes conscients qu’il faut continuer à aller de l’avant, en alliant travail et humilité. 

Veszprem a-t-il les moyens de participer au Final 4 de la Ligue des Champions cette saison ?

Oui, j’en suis même sûr !

Tes performances individuelles sont-elles à la hauteur de tes attentes ?

Pour être très honnête, je me penche très peu sur mes performances individuelles. J’essaye toujours de donner le maximum pour l’équipe. Si j’ai aujourd’hui des statistiques encourageantes, c’est grâce au soutien de tout le collectif. 

Aimerais-tu évoluer dans le championnat français dans les prochaines années ?

J’en ai souvent parlé avec mes amis, notamment Cyril Viudes et Cédric Sorhaindo avec qui j’ai eu la chance de jouer et de construire une grande amitié. Je leur dis souvent que, après Veszprem, j’aimerais jouer en France, apprendre votre langue et découvrir la culture française que j’aime beaucoup.

Le handball chilien a dû affronter une situation compliquée il y a quelques mois, avec un manque d’investissement de la part de la Fédération pour ses équipes nationales. La situation s’est-elle améliorée aujourd’hui ?

La situation du handball au Chili n’a jamais été facile. Il faut toujours faire face à un manque de soutien à tous les niveaux. Depuis deux ans, notre président Fernando Montalva nous permet d’avoir un cap beaucoup plus clair. Avec divers organismes dépendants du gouvernement chilien, nous avons déjà pu solutionner quelques problèmes. Aujourd’hui, il nous manque un vrai soutien de la part des partenaires privés qui brillent par leur absence.

Tu as été élu meilleur handballeur de l’année au Chili. Etant l’un des seuls chiliens à évoluer dans un grand club européen, ressens-tu une pression supplémentaire en équipe nationale ?

Représenter son pays procure toujours une grande responsabilité, que ce soit en club à l’étranger ou en sélection nationale. Grâce aux efforts de mes coéquipiers chiliens, je ne suis pas le seul à jouer à haut niveau en Europe. Cela me permet de me délester d’un poids trop important en sélection. Je partage ainsi les responsabilités, notamment avec Patricio Martinez qui est l’un des plus anciens de l’équipe et a une vraie influence sur le groupe.

Le Chili va disputer le prochain Mondial en Espagne, au sein du groupe D. Quel est l’objectif de la sélection chilienne ?

L’objectif du Chili doit être le même que les années passées : tenir tête à n’importe quel adversaire. Même si nous sommes considérés comme l’une des sélections les plus faibles, nous avons toujours réussi à l’emporter sur la scène internationale. Cela doit nous aider à progresser et à nous rendre plus fort par rapport aux sélections européennes, là où le handball est vraiment le plus développé. 

Comme la plupart des pays d’Amérique Latine, le football est le sport roi au Chili. Le handball peut-il trouver sa place dans l’espace médiatique ?

Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas que le handball puisse un jour concurrencer le football au Chili. C’est une situation que je regrette profondément. Voir que dans mon propre pays, le sport que j’aime tant et pour lequel j’ai fait de nombreux sacrifices n’a pas la reconnaissance qu’il mérite me peine beaucoup. Le balonmano est totalement éclipsé par le football qui est pourtant d’une vraie médiocrité au Chili. Notre culture est ainsi, je le regrette. Je trouve vraiment dommage que des sportifs qui portent haut les couleurs du Chili n’aient même pas la moitié du soutien dont bénéficient des footballeurs médiocres dans mon pays.

Pour voir le but dans le dos de Marco Oneto en championnat hongrois:


MKB Veszprém – Tatabánya / But dans le dos Marco… par Handnews

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1 CommentairePoster un commentaire

  1. Sk. - le 5 décembre 2012 à 14h47

    Article très intéressant, qui évoque notamment la situation du handball dans un pays où il est méconnu. Pour très bien connaître le Chili, je confirme qu'effectivement personne ne connait le hand là-bas. Trouver un club est une gageure, et médiatiquement ce sport n'existe pas. A contrario, en Argentine, ce sport évoque quelque chose pour les gens. Pas grand-chose, mais ils savent ce qu'est le "balonmano". Sans doute est-ce dû aux résultats récents de la sélection. Espérons que le hand réussisse progressivement une percée en Amérique Latine. C'est d'autant plus envisageable que les autres sports indoor (volley, basket, hockey…) sont tout aussi méconnus !

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