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Le miracle Léon

Ademar LeonLe Reale Ademar Léon est en train de réussir un exploit. Avec un budget officiel de 1.2 millions d’euros (le même que celui de Billère), les Espagnols sont en passe d’éliminer de la Ligue des Champions Montpellier, qui affiche un budget à 6.5 millions d’euros. La condition pour se qualifier? Gagner à domicile contre Belgrade et espérer que Montpellier perde à Hambourg le weekend prochain. Si Montpellier fait match nul, Léon gagnera au goal average particulier.Si on ajoute à cela une troisième place en Liga Asobal, la curiosité nous pousse à nous pencher sur le cas Léon…

Le handball espagnol, et plus particulièrement les équipes de Valladolid et de Léon, ont connu des soucis financiers sans précédents l’été dernier. Léon, obligé de dégraisser, a perdu pas moins de dix joueurs à l’inter-saison, et non des moindres: les deux gardiens Venio Losert (Kolding), Vincente Alamo (Lisbonne), les arrières droits Adrien Di Panda (St Raphael) et Angel Montoro (Barcelone), les deux pivots Rafael Baena (Créteil) et Juan Andreu (Hannovre), l’ailier gauche Martin Stranovsky (Barcelone),  l’arrière gauche Antonio Garcia (PSG), le demi-centre Dalibor Cutura (Constanta) et son acolyte Alvaro Ferrer (Madrid). Seuls sont restés l’arrière gauche Carlos Ruesga, le pivot argentin Gonzalo Carou et le gaucher brésilien Felipe Borges.

 Ruesga

A ces trois joueurs sont venus s’ajouter une foultitude de joueurs inconnus du grand public ou venus du centre de formation. Le meilleur recrutement a indéniablement été celui d’Inaki Malumbres, 33 ans, gardien de but venu d’Aragon et celui du pivot bosnien Vladimir Vranjes (Banja Luka). La filière de l’est a d’ailleurs été exploitée à outrance, puisque le jeune Croate Matej Asanin est arrivé dans les buts, escorté du Russe Tatarinsev, du Bosnien Farud Vrasalic et du Serbe Djordje Golubovic. Ces quatre derniers, très jeunes (la plupart n’ont pas vingt ans) sont pour l’instant cantonnés au banc de touche, la faute à des titulaires survoltés. Ruesga pointe à près de huit buts par match, ce qui lui a valu une sélection en équipe nationale en janvier, avec un titre mondial à la clé. Goni confirme également tous les espoirs placés en lui, malgré le fait qu’il évolue le plus souvent à droite dans une base arrière sans gauchers, et Vranjes a délogé Carou du poste de pivot grâce à une défense très dense et à de bonnes prises de position en attaque.

Le coach Manolo Cadenas est tout sauf un inconnu en terre castillane. Ancien joueur du club, il a accepté de revenir aider son club de coeur à la déroute. Il a lancé les jeunes Espagnols Goni et Alvaro Cabanas, qui étaient auparavant cantonnés au centre de formation de Léon. Cadenas est d’ailleurs réputé pour son aptitude à former des jeunes joueurs, et il le prouve encore cette année. Léon s’est donc mis en tête jeune, très jeune même, pour former ses propres joueurs. Tout le monde est gagnant dans l’histoire. Léon économise en salaires, les joueurs sont payés quelques milliers d’euros au maximum (même si une partie des salaires est payée de la main à la main en Espagne ces jours-ci, pour éviter de payer des charges), à part Ruesga, champion du monde. Les jeunes joueurs des Balkans découvrent la Ligue des Champions et s’offrent ainsi un tremplin aux yeux de tous, une façon comme une autre de booster une carrière. Tous les déplacements à travers l’Espagne sont faits en bus, encore une fois pour économiser tout ce qui est possible de l’être.

Mais si ces jeunes joueurs sont moins charismatiques que leurs prédecesseurs, ils n’en gardent pas moins un soutien populaire impressionnant. Dans un pays ravagé par la crise économique, le Palais des Déportés de Léon fait salle comble à chaque match, avec 2000 abonnés qui avaient déjà souscrit avant même le début de la saison. Léon se base donc sur des bons résultats à domicile en Ligue des Champions pour préparer sa qualification en huitièmes de finale…De même en Liga Asobal, Léon s’est uniquement incliné face à Madrid et Barcelone à domicile. Mais des résultats moins bons à l’extérieur expliquent la troisième place en championnat.

Pour en finir avec le cas Léon, nous citerons Carlos Ruesga, qui disait dans un média espagnol à la veille de la réception de Montpellier:

“Malgré tout, je suis quand même un gros privilégié. Même si ici, je ne gagne pas beaucoup par rapport à certains de mes amis à Barcelone, on a un public formidable. Les gens nous arrêtent dans la rue tous les matins pour nous remercier de leur donner une heure de plaisir une fois dans la semaine, alors qu’ils sont au chomage et qu’ils ont du mal à joindre les deux bouts. On a pas le droit de les laisser tomber. Ils ont peut être de l’argent à Barcelone, mais nous on a la ville avec nous”.


PSG – St Raphaël / Coup franc direct Mikkel Hansen by HandNews

5 CommentairesPoster un commentaire

  1. babar - le 19 février 2013 à 12h27

    Je pense que le pivot n'est pas l'ancien demi-centre suédois de "poche" Ljubomir Vranjes mais

    Vladimir Vranjes

  2. Danibar - le 19 février 2013 à 17h15

    Ljubomir : 1.66 m

    Vladimir : 1.99 m

    Mais peut-être qu'ils font le même poids .

    Et peut-être qu'ils sont de la même famille .

    En tout cas bravo Leon !

  3. Mirko Basic - le 19 février 2013 à 18h02

    Effectivement, merci. Erreur corrigée. Ljubomir Vranjes est d'ailleurs l'actuel entraîneur de Flensburg.

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