LNH – Cesson

M. Derbier: “Le projet de Cesson m’a tout de suite plu”

DerbierAprès quatre ans passés à Istres, l’ailier droit Maxime Derbier a choisi de prendre la direction de la Bretagne et du club de Cesson-Rennes. Alors que la saison Pro D2 s’est terminée il y a peu, il revient pour Handnews sur son parcours en Provence ainsi que sur ses ambitions avec son nouveau club.

Maxime, depuis quand étais-tu en contact avec Cesson?

Cesson n’était pas le seul club sur les rangs, puisque Créteil m’a aussi contacté. J’étais en contact avec Cesson depuis plus d’un an, à l’époque où Istres évoluait encore en LNH. Le projet m’a tout de suite plu, mais cela n’a pas pu se faire à ce moment là et j’ai du attendre la fin de mon contrat.

A 27 ans, Cesson sera ton sixième club professionnel. Qu’est-ce que tu as retiré de toutes ces différentes expériences?

Une image de globe-trotter m’a longtemps collé à la peau. Toutes ces expériences font partie de mon passé. J’ai commencé le hand professionnel très jeune, et c’est vrai que j’ai fait des erreurs. Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur moi, et beaucoup ne sont pas vraies. Tout ceci m’a énormément servi, cela m’a donné des expériences supplémentaires par rapport à quelqu’un qui aurait passé dix ans dans le même club. J’ai travaillé avec différents coachs, et j’ai rencontré et côtoyé de très grands joueurs. A Montpellier, il y avait Omeyer, Guigou, Golic, à Chambéry j’ai joué avec les frères Gille, Narcisse, j’ai connu Grégoire Detrez et Ragnar Oskarsson à Nîmes…J’ai vraiment beaucoup appris à côté de ces joueurs, qui sont quand même la crême de la crême, et ces expériences ont été plus que bénéfiques.

Le fait de retrouver Yann Genty, ton partenaire la saison dernière à Istres, a-t-il influé dans le choix de Cesson?

Disons que c’est un plus indéniable. Ce qui m’a décidé pour Cesson, c’est le projet. Cela fait deux ans qu’ils font de superbes saisons comparées à leur budget. En plus, quand tu signes à Cesson, tu sais que adhères à une histoire, à des valeurs et cela m’a tout de suite plu. Mais bien sur que l’idée d’évoluer avec Yann Genty ou encore Igor Anic, que j’ai connu en sélection, est un plus qui est bon à prendre.

Cesson va devoir réduire la voilure financièrement à cause de la perte de quelques sponsors. Quant à toi, tu as signé très tôt dans la saison. N’as tu pas peur de trouver un projet différent de celui qu’on t’a présenté à cause de cette baisse de moyens?

Non pas du tout. Bien évidemment, en lisant cela, je me suis interrogé. Comme je vous l’ai dit, j’ai beaucoup de camarades là bas, et évidemment je me suis renseigné. Ils m’ont rassuré tout de suite en me disant que le club était très suivi en Bretagne, que cela soit au niveau médiatique ou au niveau des partenaires, et qu’il n’y avait aucune chance que le club soit en danger.

Christmann CessonTu rejoins David Christmann, un entraineur qui fait de très belles choses depuis quelques années avec Cesson. Que penses-tu qu’il puisse t’apporter?

C’est une bonne question…De ce qu’on m’en dit, c’est un gros bosseur. Il a le gros avantage d’avoir été joueur du club avant. Il a une grande culture du groupe, il ne tient pas forcément à mettre un quelconque joueur en valeur, mais que les victoires soient bâties sur le collectif. C’est quelque chose qui sera un petit peu nouveau pour moi, mais j’adhère parfaitement à ses idées, au fait qu’il faille se mettre au service du collectif et non l’inverse.

Tu vas arriver à Cesson et avoir la concurrence de Léo Leboulaire sur ton poste. Est-ce que le manque de concurrence est quelque chose qui t’a manqué cette année?

Oui sans aucun doute. J’ai souvent été dans la place de Léo dans ma carrière, à être jeune et à essayer de grappiller du temps de jeu. J’avais besoin de retrouver cette concurrence, de devoir me faire mal à l’entrainement parce qu’à côté de toi, un autre peut te prendre ta place à tout moment. Léo sort d’une très bonne saison, donc nul doute qu’il va se titiller. Mais je pense plutôt qu’on travaillera ensemble, pas l’un contre l’autre. J’ai plus d’expérience que lui, et j’aime cette idée que si je peux l’aider à encore progresser et si je peux partager quelques connaissances avec lui, ce n’en sera que bénéfique pour tout le monde.

Yann Genty disait cette année qu’il était venu à Cesson pour jouer l’Europe. Tu partages son objectif?

L’Europe, vu la densité du championnat, vu le recrutement des autres, ca risque d’être dur…Je pars plus pour faire la même saison qu’ils viennent de faire, pour repartir dans la même dynamique. Il n’y aura pas beaucoup de changements à l’intersaison, à part l’arrivée de Celica à la place de Boultif, et le départ de Romain Ternel. Mais Jérémy Suty va pouvoir prendre plus de volume et si il est à 100%, il va nous faire beaucoup de bien. Si on regarde le nombre de matchs où Cesson perd le match dans les cinq dernières minutes, je pense qu’en gagnant ces matchs là, on peut vraiment faire quelque chose de bien.

Pourquoi n’as-tu pas prolongé du côté d’Istres?

Disons que ca n’a jamais été une option, on n’en a même pas discuté. Quand on est descendus en D2, j’ai été les voir, car j’avais un arrangement avec l’entraineur et le président qui disait que si je trouvais un club plus intéressant qu’Istres je pourrais partir. Sauf qu’ils ne l’ont jamais respecté. Je n’étais pas parti du tout dans l’optique de jouer en D2 mais je n’ai pas eu le choix, donc je me suis investi pleinement afin de ne pas trop perdre sur cette année, même si bon, j’estime quand même avoir perdu une année en D2.

Est-ce que tu as des explications sur cette mauvaise saison?

Il y avait déjà plein de signes précurseurs, rien que le fait que nous descendions…Il y a eu des erreurs de recrutement, la plupart des étrangers arrivés l’été dernier n’ont pas fait l’effort de s’intégrer et forcément avec la barrière de la langue, sur le terrain, c’est compliqué de communiquer. Au niveau de tout le monde, dirigeants, staff et joueurs, on sentait que le club était en fin de cycle, la vie du groupe et du club s’en est ressentie depuis deux ans, avec des gens moins concernés qu’avant. On a aussi eu un manque de leadership évident. Et ce n’est pas fait pour s’améliorer d’ailleurs, puisqu’ils laissent sans contrat Raphael Tourraton et Armand Gomis, des gens qui étaient au club depuis dix et huit ans respectivement et qui se font jeter dans des conditions…Notamment pour Armand, qui ne coutait presque rien au club. Quand tu es ailier gauche et qu’on t’annonce en mai qu’on ne veut plus de toi, pour retrouver un club, c’est compliqué. J’ai une grosse pensée pour eux, car ils n’ont pas eu la chance que j’ai eu.

Tu étais aux portes de l’équipe de France il y a deux ans. As-tu peur qu’avec cette saison en D2 tu aies laissé passé l’occasion?

J’espère que non. Si j’évolue au même niveau qu’il y a deux ans, j’espère pouvoir taper dans l’œil de Claude Onesta. Cela sera à moi de faire en sorte qu’il se dise qu’il ne peut pas faire autrement que de me prendre. Valentin Porte est un très bon copain, mais sans méchanceté aucune j’aimerais quand même bien lui piquer sa place (rires). Bien sur je regrette que cette année ait été une cassure dans ma progression, mais c’est à moi de revenir sur le devant de la scène et de montrer au sélectionneur qu’il peut me donner ma chance. Même si c’est juste pour un essai, je vais faire mon maximum pour semer le doute dans son esprit.

Laisser un commentaire

Champs requis *

En direct Voir toutes les brèves
HandNews utilise des cookies sur ce site. Avec votre consentement, nous les exploitons pour mesurer et analyser l'utilisation du site (cookies analytiques) et pour l'adapter à vos intérêts et usages (cookies de personnalisation en fonction de votre navigation et de votre navigateur).