LNH – Ivry

P. Léandri: “Tout se passe très bien pour l’instant”

Crédit photo : Jean-Pierre Riboli

Crédit photo : Jean-Pierre Riboli

Après près de deux semaines de préparation, comment se passe l’intégration des trois nouvelles recrues?

Très bien! Pablito a été le premier à signer, nous étions en contact depuis longtemps, et son intégration est plus facile grâce à la présence de son frère, il était déjà venu à Ivry, donc cela facilite son arrivée. Javier Humet a signé un peu plus tard et Novica Rudovic a officialisé son arrivée à la mi-juillet. Les trois font déjà l’effort de s’intégrer, de parler français. Ils sont venus avec leur bonne humeur, ce qui est appréciable, mais ils ont aussi envie de travailler, donc pour l’instant tout se passe très bien.

Le départ de Davor Dominikovic va-t-il être compensé par l’arrivée de Rudovic?

Davor est parti tardivement. A la fin juin, nous nous sommes mis à la recherche d’un joueur correspondant vraiment à nos besoins, c’est à dire un capable d’apporter des deux côtés du terrain. Nous n’avons pas cherché à remplacer Davor. Novica va apporter offensivement et défensivement, alors que Davor était parfois cantonné dans un rôle défensif. Novica a quand même fini dans les meilleurs buteurs de la Liga Asobal il y a quelques années, donc il va vraiment apporter une rotation de plus en attaque, et avec son gabarit (1,98m pour 96 kg), associé à Ruiz et Bataille, il devrait nous apporter un bon socle défensif.

Vos trois recrues viennent de l’étranger, y’a-t-il une raison à cela?

Non pas forcément. Nous avons ciblé nos besoins, défini le profil de joueur dont nous avons besoin et que nous n’avons pas chez nous, puis nous avons activé nos contacts. Le choix s’est imposé à nous à chaque poste, et il se trouve qu’il était d’origine étrangère à chaque fois. Nous cherchons en priorité la compétence chez un joueur, avec le profil le plus adapté possible. Alors forcément, faire venir un joueur étranger est une prise de risque, mais si on regarde bien, faire signer un joueur français est aussi un pari. Il faut qu’il s’adapte à une nouvelle équipe, à une nouvelle ville…Le seul avantage à signer français est le problème de la langue.

De tout temps, Ivry a été une équipe assez cosmopolite, avec des joueurs d’origines assez diverses. Est-ce une volonté ou le fruit du hasard?

La seule vraie volonté ici, c’est de perpétuer la tradition formatrice du club, de continuer à former des joueurs. Si on ne trouve pas notre bonheur chez nous, seulement alors nous allons voir ailleurs. Ivry a toujours eu une philosophie combative, avec un fort sens du collectif, et de te donner à fond sur le parquet, d’où que tu viennes.

Si on extrapole un petit peu, la LNH n’est-elle pas en train de répéter l’exemple de la Bundesliga il y a 10 ans, en recrutant massivement hors de nos frontières au risque de laisser sur le côté des espoirs français?

Si on regarde la quantité de joueurs étrangers recrutée l’an dernier, il n’y a pas eu tant d’erreurs que ça. Mais il est vrai que nous sommes à un tournant. La LNH travaille pour trouver un équilibre entre la compétitivité des clubs, qui passe forcément par un recrutement de compétences, et la capacité de ceux-ci à rester dans leur rôle de formateur. Quand on voit le PSG, qui va se battre pour gagner la Ligue des Champions, recruter tous les meilleurs joueurs du marché, on ne peut que se réjouir. L’exposition du handball en est améliorée et personne ne va s’en plaindre. Pour avoir un club capable de gagner la Champions League avec que des Français, il faudrait aligner l’équipe de France, donc on ne peut pas échapper à l’arrivée de joueurs étrangers. Mais il est certain que l’équilibre est ténu, et que malheureusement, si des erreurs sont commises aujourd’hui, on ne s’en rendra compte que dans une dizaine d’années.

L’exemple de Cesson montre que l’équilibre financier des clubs français est encore fragile. La situation financière des clubs français est-elle moins bonne que ce qu’elle en a l’air?

L’exemple de Cesson est malheureux, car c’est un partenaire privé qui est parti, c’est vraiment dommage pour eux. Le handball est un peu tiraillé entre l’intérêt des partenaires privés, qui connaissent la crise, et les réductions des dépenses publiques, qui n’arrangent pas la situation. Malheureusement, il est vrai que le départ d’un partenaire privé impacte plus durement un club avec 2 millions de budget qu’un club avec 6 millions. Après, il ne faut quand même pas tomber dans la dramatisation des choses, les salaires sont encore payés, le dernier club à faire faillite c’était Saint Cyr il y a trois ans, on n’est pas non plus en Espagne, où la situation est malheureusement encore bien pire.

Mais n’est-ce pas de plus en plus compliqué de monter de Pro D2 et d’arriver à exister en LNH?

C’est sur, le fossé s’agrandit de plus en plus entre le haut et le bas du classement, et surtout entre la Pro D2 et la LNH. Cette dernière est la vitrine du handball français, donc elle est par essence obligée de continuer à progresser, à avancer et à structurer ses clubs. La ligue a fait un gros effort sur la structuration des clubs, avec des encadrements pour les jeunes, des staffs médicaux. Pour monter et pérenniser un projet au plus haut niveau, il faut être capable de préparer une montée sur plusieurs années, à l’image de ce que Aix a fait ou de ce que Chartres est capable de faire en ce moment. Rassembler des partenaires, augmenter petit à petit le budget pour exister en LNH.

Et comment expliques-tu qu’Ivry ne bouge pas de la LNH, sans connaitre de souci financiers depuis si longtemps?

Expliquer pourquoi les partenaires de l’US Ivry restent est assez simple…Ce qui est sur, c’est qu’il y a une vraie culture handball ici, avec de vraies valeurs de combativité, de solidarité et d’exemplarité. Je pense qu’une personne qui veut investir dans un club va rechercher une telle identité. Et étant donné que celle-ci ne change pas au fil des années, les partenaires n’ont pas de raison de partir. Nous sommes néanmoins constamment sur le fil, mais nous arrivons à faire un recrutement intéressant chaque année.

Et l’avenir de l’US Ivry, comment le vois tu?

Nous devrions avoir une nouvelle salle en 2015, avec de nouvelles structures. Celle-ci nous permettra d’augmenter nos recettes, car Delaune a cette année souvent été à guichets fermés. A Ivry, nous avons toujours eu la volonté d’exister et de tenir un rôle sans pour autant avoir le meilleur budget, mais c’est sur que l’augmentation de nos revenus nous permettra de regarder un peu plus haut et peut être, à moyen terme, de lutter à nouveau pour l’Europe.

1 CommentairePoster un commentaire

  1. Sk - le 9 août 2013 à 17h48

    Intéressant entretien… Il n'a pas dit ce qu'il pensait d'une LNH à 16 clubs ? Car même si le fossé entre LNH et Pro D2 semble important, je pense que des clubs comme Billère, Créteil, Chartres, Mulhouse, voire Angers ont tous l'ambition à moyen terme d'accéder à la LNH et de s'y stabiliser.

    En tous cas, Ivry est un bel exemple dans le monde du handball français de par sa stabilité.

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