Euro

Ion Mocanu, le géant des Balkans

Mocanu

Il y a 20 ans avait lieu la première édition de l’Euro. Disputée début juin au Portugal, la compétition continentale s’était achevée par le titre de la Suède, dominatrice face à la Russie en finale (21-34). Si l’équipe nationale roumaine avait terminé avant-dernière de la compétition, un joueur avait illuminé la compétition de son talent et de sa force : Ion Mocanu. Ancien pivot du PSG, Montpellier et Pontault-Combault, il est désormais retourné à Bucarest. Handnews a retrouvé ce jeune quinquagénaire à quelques jours de l’Euro au Danemark.

ion mocanu« Personnellement, c’est un très grand souvenir ! » En évoquant l’Euro 1994 avec Ion Mocanu, le pivot roumain aux 350 capes en équipe nationale ne cache pas que la première compétition continentale de l’Histoire est à ranger au rayon de ses plus grands moments en sélection. Au carrefour des années 80 et 90, la Roumanie est alors une nation qui compte dans le paysage handballistique européen. Avec des joueurs tels que Cristian Zaharia, Rudi Prisacaru et Ion Mocanu, la sélection dispose d’éléments aguerris au jeu de l’Europe de l’Ouest et décroche même la médaille de bronze au Mondial en 1990.

Recruté par Patrice Canayer au PSG

Après avoir été repéré par son professeur de sport à l’école, Ion Mocanu va vite lier son destin à celui du handball. A 15 ans, Moky, son surnom en France, débute avec le Dinamo Bucarest. Quelques années après, le sélectionneur roumain fait appel à lui en équipe nationale.
Repéré par les clubs européens, celui que le quotidien L’Equipe avait qualifié de « joueur et demi » tant son physique était impressionnant débarque au PSG Asnières en 1991. Sous les ordres de Patrice Canayer, il y restera deux saisons avant de signer un contrat avec Villeurbanne.

1er titre de Montpellier en 1995

Après une année en Division 1 avec le club de la banlieue lyonnaise, le pivot roumain rejoint Montpellier où il retrouve à nouveau Patrice Canayer. Avec les Mahé, Anquetil, Houlet et Cazal se contruit alors un collectif redoutable, qui sera bientôt une machine à gagner. En 1995, le Montpellier Héraut Handball décroche le premier des quatorze titres de champion de France de l’ère Canayer. Le duel avec l’OM Vitrolles offre des rencontres de haut niveau.

Les regrets de Robert Molines

mocanu-canayerIon Mocanu décide alors de rejoindre Pontault- Combault, alors en Division 1. Son départ avait laissé un grand vide dans le collectif héraultais. Près de 15 ans plus tard, l’ancien président Robert Molines confiait ainsi que « le départ de Mocanu était certainement son plus grand regret. Nous avions à cette époque vraiment mal géré l’affaire. Laisser partir un joueur de cette qualité était une erreur de jeunesse du MHB. » Preuve de l’excellent souvenir laissé par le pivot roumain, Patrice Canayer et Robert Molines l’avaient retrouvé avec un plaisir non dissimulé en 2009 lors d’un déplacement de Montpellier à Bizau.

Pour Thierry Perreux, « c’est un menhir »

Thierry PerreuxOutre ses 350 sélections en équipe nationale, il a notamment eu l’honneur d’être sélectionné en équipe du Monde dans les années 90. Un privilège rare à l’époque, mais qui semblait naturel après sa médaille de bronze aux Jeux Olympiques de 1984 et le bronze au Mondial de 1990. Pendant huit saisons, il fera ainsi le bonheur de Pontault-Combault où il saura conquérir le public par son engagement sans faille, son professionnalisme et son charisme. Il échoue même aux portes de la Coupe d’Europe en 1998 lorsque le club seine-et-marnais termine quatrième de D1.

« Je ne peux pas isoler un souvenir plus qu’un autre, nous confie-t-il. Il n’y en a pas un en particulier. Je garde un excellent souvenir de toutes mes années passées en France. Merci la France, merci Pontault ! » Son ancien coéquipier à Pontault, Thierry Perreux (photo ci contre), avait confié son grand respect pour Ion Mocanu au moment de le voir quitter la France. « Moky, c’est un roc, un menhir, expliquait-il alors. Il a eu une longévité incroyable. Je ne sais pas dans quoi il a été trempé quand il était petit. Peut-être dans une marmite, comme Obélix ! »

Actuel directeur technique du Dinamo Bucarest

Mocanu dinamoEn juin 2002, Ion Mocanu retourne en Roumanie, au sein du Dinamo Bucarest, pour y achever sa carrière trois ans plus tard en tant qu’entraîneur-joueur. « J’ai ensuite entraîné deux autres clubs du pays, Bistrita et le CSM Bucuresti », poursuit celui que Daniel Costantini n’avait pas hésité à qualifier de « valeureux adversaire des Bleus » et qu’il avait tenu à remercier pour « tout ce qu’il avait apporté au hand français » à la fin de sa carrière. Revenu depuis dans son club de cœur, le Dinamo Bucarest, il est aujourd’hui directeur technique d’une équipe qui occupe actuellement la quatrième place de son championnat. « La D1 est encore en cours de construction, reconnaît-il. Les changements économiques et politiques en Roumanie ont affecté le sport. » L’équipe nationale en a d’ailleurs pâti, puisqu’elle sera absente de l’Euro dans quelques jours. « Nous espérons nous qualifier pour le prochain Mondial au Qatar en 2015 », précise néanmoins son ancien fer de lance.

Un retour en France ?

Malgré l’éloignement avec la France, Ion Mocanu n’en reste pas moins un observateur attentif du championnat hexagonal. Il conserve ainsi un œil attentif sur Pontault-Combault, actuel avant-dernier de Pro D2. « J’ai gardé contact avec d’anciens joueurs du club, explique-t-il. Je suis désolé de voir que le club en soit là aujourd’hui après la disparition de Jacques Heuclin (NDLR : ancien maire de la ville). Le hand était la fierté de la ville à l’époque. » Peut-on imaginer Ion Mocanu sur le banc d’un club français dans quelques années ? L’ancien pivot ne dirait pas non et glisse même : « J’aimerais bien revenir en France en tant qu’entraîneur. » A bon entendeur …

HandNews & CasalHand

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