LNH – CSH

K. Nyokas : “La Bundesliga, la NBA du hand”

Nyokas Chambéry

Arrivé il y a deux ans en Savoie, l’arrière droit de l’équipe de France Kevynn Nyokas rejoindra la Bundesliga la saison prochaine. A 28 ans, il s’agira de la première expérience à l’étranger pour le récent champion d’Europe, qui s’est engagé pour les trois prochaines saisons avec le club de Frisch Auf! Göppingen. Avant de partir, il lui reste un dernier défi avec son club, celui de la Coupe de France, dont il disputera la demi-finale jeudi soir face à Nantes.

Kevynn, est-ce que tu peux nous faire un petit point sur ton état de santé?

Je sors d’une petite période de convalescence, parce que j’ai beaucoup tiré sur l’organisme dans les deux mois qui ont suivi l’Euro, et j’ai souffert d’une petite tendinite à l’épaule. On a fait un essai contre Aix il y a deux semaines, mais qui n’a pas été trop concluant. Sachant que le demi-finale de Coupe de France de jeudi arrivait, on a préféré mettre toutes les chances de notre côté et me laisser un petit peu au repos.

Cette Coupe de France, c’est le dernier objectif qu’il reste à Chambéry?

C’est effectivement le dernier objectif qu’il nous reste, la dernière chance de remporter un autre trophée après le trophée des champions. Mais on ne va pas non plus balancer les trois matchs de championnat qu’il nous reste, on se doit de bien finir et de donner une bonne image du club.

Comment expliques-tu cette saison en demi-teinte?

Sur le papier, c’est vrai qu’on avait vraiment un gros potentiel, et nous l’avons prouvé épisodiquement en championnat, contre Dunkerque ou contre le PSG. Quant aux raisons…On a manque de régularité, certains chez nous ont été blessés. C’est évident que quelque chose aurait pu se passer, mais malheureusement on n’en a pas eu la confirmation, ou sinon que sur de courtes périodes.

Nyokas ChambéryCe manque de résultats explique-t-il ton départ pour l’Allemagne?

Non, pas du tout. Chambéry est un grand club en France, et si je n’avais pas eu cette opportunité en Allemagne, je serais resté et j’aurais même peut être prolongé ici, qui sait? Mais la demande en Allemagne était assez forte, et j’ai choisi de partir avant tout en pensant à moi et à ma perspective de carrière. La Bundesliga reste le championnat n°1 en Europe même si la LNH monte le niveau ces dernières années. Si on pouvait comparer, la Bundesliga est un petit peu la NBA du handball. J’ai été invité par certaines équipes pour voir des matchs, et le contexte, l’ambiance en font vraiment quelque chose de différent. Mon choix de Göppingen est un choix fort, j’avais d’autres opportunités mais j’ai vraiment senti de la part de ce club une vraie volonté de me faire signer.

“A Chambéry, j’ai eu affaire à des gens bien”

Tu as déjà parlé avec le nouveau coach, Magnus Andersson?

Il m’a appelé oui, nous avons longuement parlé et il m’a bien fait comprendre que j’étais sa priorité pour le recrutement. C’est un entraineur avec de l’expérience, qui a emmené Copenhague au Final Four de la Ligue des Champions, et qui peut m’aider à franchir un nouveau palier. Chambéry m’a déjà beaucoup apporté. J’ai toujours été à fond ici, je ne regrette pas d’être venu en Savoie, loin de là, mais je pense que pour continuer ma progression, l’opportunité que Göppingen m’offrait ne pouvait pas se refuser.

Justement, la Bundesliga est connu pour être un championnat avec une grosse densité physique, cela ne te fait pas peur?

Effectivement, la Bundesliga est connu pour être un championnat physique mais la LNH est un championnat qui est devenu très rugueux ces dernières années. J’en ai parlé avec des gens qui étaient partis à l’étranger et qui sont revenus, comme Daniel Narcisse et Luc Abalo, et eux mêmes ont été surpris de la dimension physique qu’avait pris le championnat de France pendant leur absence. On dit, effectivement, que la Bundesliga est usante physiquement, mais aussi que c’est un championnat où je peux beaucoup apporter, grâce à mes qualités athlétiques.

Nyokas CréteilTon frère, Olivier, a joué en Espagne avant de revenir à Créteil. Tu as parlé avec lui des bienfaits qu’un séjour à l’étranger pouvait apporter?

Il a été une des premières personnes que j’ai consulté. Lui est parti quand on était ensemble au centre de formation du Paris HB. Il est arrivé en Espagne avec l’étiquette de jeune Français, avec une attente de son club, des supporters…Il est revenu transformé, avec une capacité différente à prendre des responsabilités, et forcément une telle évolution fait envie. Il ne regrette absolument rien de son départ, et il m’a conforté dans mon choix.

Tu pars un an avant la fin de ton contrat. Comment ont réagi les dirigeants de Chambéry?

J’ai surtout voulu être franc avec eux, et j’ai apprécié leur attitude en retour. Quand j’ai commencé à avoir des contacts très avancés avec des clubs allemands, je les ai prévenu et leur réponse a été de dire qu’ils ne se mettraient pas en travers de ma route si mon départ correspondait avec mon envie de progression. Je leur ai posé des questions, sur leur projet, si ils comptaient sur moi, mais finalement ils ont été très classes, très propres. J’ai vraiment eu affaire à des gens bien pendant mes deux ans ici ce qui me fait dire que si je reviens en France un jour, repasser par la case Chambéry serait avec un grand plaisir.

Tu n’as pas peur de t’éloigner de l’équipe de France en partant à l’étranger?

Ma philosophie dans la vie a toujours été de prendre des risques, calculés certes, pour réussir. Maintenant, c’est vrai que j’ai appelé Claude pour l’informer et pour avoir son avis. On a eu une conversation, il m’a donné son avis, et je l’ai écouté. A moi de continuer à prouver, ici ou ailleurs, que j’ai ma place en équipe de France.

2 CommentairesPoster un commentaire

  1. handbol - le 30 avril 2014 à 04h21

    Les matchs allemands sont rugueux (c'est plus le handball d'il y a 20 ans ma bonne dame), mais surtout plus nombreux.

    Le championnat c'est 34 matchs contre 26 chez nous. Si on ajoute les différentes coupes nationales et éventuellement européennes et pour certains l'équipe nationale… ça met l'organisme à rude épreuve.

    En tout cas bonne chance, j'espère sincèrement qu'il ne sera pas utilisé comme Quentin Mahé!!

    • cousin hugo - le 30 avril 2014 à 12h13

      Certes le championnat Allemand est plus exigeant physiquement (et là j'ai des doutes sur la capacité de Nyokas à tenir le choc) mais de là à dire que c'est le handball d'il y a 20 ans… En tout cas bonne chance à lui pour ce nouveau défi. Bravo aussi aux dirigeants de Chambéry qui avaient déjà pris un risque en le recrutant (visite médicale non concluante au MAHB)et qui aujourd'hui lui permettent de vivre une nouvelle expérience.

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