LNH

Gudjonsson, un Islandais en Alsace

Gudjonsson Sélestat 4

“Une très bonne affaire”. Tels sont les premiers mots de Jean-Luc Le Gall, l’entraineur de Sélestat, quand il parle de Snorri Stein Gudjonsson, le demi-centre islandais de 32 ans que son club a fait signer cet été pour deux saisons.

“J’avais fait le tour”

Passé par Grosswallstadt, Minden, Rhein-Neckar Löwen ou Copenhague, on pourrait s’étonner que Snorri Gudjonsson arrive à Sélestat, dans un club habitué à jouer le maintien en LNH. Mais pour lui, cette venue fait presque figure d’évidence. “La saison dernière, quand je jouais à GOG Gudme, au Danemark, j’ai été voir mes dirigeants très tôt dans la saison pour leur dire que je ne voulais pas faire ma troisième année de contrat là-bas, et que je voulais aller voir ailleurs. Dès octobre l’an dernier, ma décision était prise” se rappelle-t-il. “J’avais besoin d’essayer quelque chose de nouveau, et ‘à 32 ans, c’était peut être ma dernière occasion de le faire”. Après six saisons passées à jouer au Danemark, et cinq en Allemagne, il n’y avait pas beaucoup de choix concernant la nouveauté. “Bien sûr, si un gros club s’était présenté, les choses auraient pu se passer différemment. Mais les dirigeants de Sélestat se sont très vite manifestés, et je me suis dit que j’avais envie d’essayer vraiment quelque chose d’inédit, de découvrir une nouvelle culture, une nouvelle langue”.

Le Gall 2Dans le discours de Jean-Luc Le Gall, son nouveau coach, c’est toujours cette idée de changement qui revient : “La venue de Snorri chez nous repose avant tout sur son projet personnel. Il voulait changer d’air et avait à cœur de se mettre un peu en danger” nous explique le technicien, qui entame sa septième saison à Sélestat. “Notre projet correspondait à ses attentes, et son profil m’intéressait. Je cherchais un joueur qui sache faire jouer les autres, comme l’était Yuri Petrenko, son prédécesseur ici. Un demi-centre un peu à l’ancienne, même si Snorri est plus shooteur que ne l’est Yuri”. Les intérêts ont rapidement convergé et celui qui a disputé le Final Four de la Champions League avec Copenhague en 2012 s’est engagé pour deux ans avec Sélestat, non sans avoir tâté le terrain auparavant. “Il se trouve que deux de mes meilleurs amis, Robert Gunnarsson et Arnor Atlason, jouaient déjà la saison dernière en LNH. Je les ai appelés, et ils m’en ont dit beaucoup de bien. Sélestat me proposait un rôle important dans le collectif et le club a été là très tôt dans les discussions. Ils me voulaient vraiment, je n’ai donc pas trop hésité” se rappelle-t-il.

“Un joueur qui doit nous apporter beaucoup”

Depuis son arrivée, Snorri ne récolte que des louanges en Alsace. “Je suis satisfait de ses prestations depuis son arrivée” confirme Jean-Luc Le Gall. “Sur notre premier match de championnat, il n’a pas lâché malgré la physionomie du match [défaite à Créteil de dix buts, ndlr], il est resté calme et a continué à jouer son jeu”. Mais avant tout c’est sur l’expérience que son demi-centre va apporter que compte son entraineur : “Il a un gros passé derrière lui et cette expérience doit nous apporter beaucoup dans les moments clés. Il possède une vraie science du jeu, et j’attends de lui qu’il la mette au service de ses partenaires”. Chez Gudjonsson, le mot qui revient le plus souvent quand il parle de cette nouvelle aventure est “plaisir”. “C’est la chose la plus importante désormais. Même si nos résultats ces derniers temps ne sont pas à la hauteur de nos espérances, j’essaye de prendre un maximum de plaisir. Il y a beaucoup de choses à affiner dans l’équipe, mais à force de travail, nous allons y arriver”.

Gudjonsson SélestatAu niveau du cadre de vie, l’Islandais de 32 ans semble s’être rapidement acclimaté à la France, même si comme il le souligne “la différence n’est pas si grande que ça avec ce que j’ai connu auparavant. On le remarque dans plein de petits détails, mais ce n’est pas non plus comme si j’avais débarqué sur une autre planète !”. Au niveau du jeu aussi, un temps d’adaptation est normalement nécessaire aux étrangers, mais l’international islandais ne semble pas en avoir trop besoin, ayant déjà scoré sept fois pour sa première à Créteil. “C’est difficile à dire car je n’ai qu’un mois et demi de recul, mais la LNH me semble être le championnat le plus physique que j’ai connu. Le championnat danois est très porté sur la tactique tandis que la Bundesliga est quelque part entre les deux”, ce que confirme Jean-Luc Le Gall. “Le championnat de France est très spécifique et cela surprend beaucoup d’étrangers qui arrivent. Bon nombre de joueurs qui arrivent ou sont passés par le championnat allemand nous disent que les défenses sont chez nous beaucoup plus agressives. L’étagement des défenses peut notamment poser problème à certains. Il est important que les entraineurs leur fassent comprendre qu’en LNH, il faut être fort avant d’être beau”.

La déception de Rio

A 32 ans, Snorri Gudjonsson n’a pour l’instant aucune intention de laisser tomber l’équipe nationale, avec laquelle il a atteint la finale des JO de Pékin en 2008. Il avait d’ailleurs été élu meilleur demi-centre du tournoi à cette occasion. Et son arrivée en Alsace devait s’inscrire dans un projet le menant aux JO de 2016. “Quand je suis venu ici, la notion de temps de jeu m’a paru importante, car j’avais comme objectif d’aller à Rio en 2016”, explique-t-il. “J’avais l’occasion de participer à mes quatrièmes JO, mais malheureusement nous avons été éliminés… J’ai joué avec la sélection depuis si longtemps, on est un peu comme une famille et je prends toujours autant de plaisir à y aller. Je veux qu’on se qualifie pour l’Euro 2016 en Pologne et après, je prendrai année par année en fonction de ma condition physique”. Avec 232 sélections, il est le troisième Islandais le plus capé en activité, derrière Robert Gunnarsson et Gudjon Valur Sigurdsson.

Kevin Domas

5 CommentairesPoster un commentaire

  1. Fandehand - le 15 septembre 2014 à 12h36

    Effectivement très belle recrue, il faudra que les autres recrues arrivent à se mettre à son niveau.

  2. Allez les mauves - le 15 septembre 2014 à 14h51

    Il va pas gagner beaucoup de matchs pour sa première saison en France… Selestat est sûrement l'équipe la plus faible derrière istres

  3. Karabalo - le 15 septembre 2014 à 15h09

    Salut, petit HS mais juste pour signaler aux responsables de HN que je ne peux plus me connecter sur le forum, quand je rentre mon pseudo et mon mdp la page se raffraîchit comme si rien ne s'était passé. Vu le temps écoulé depuis le dernier message sur le forum je suis peut-être pas le seul à avoir ce souci d'ailleurs.

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