LNH – Tremblay

D. Zovko : “Droit dans mes bottes”

Zovko

Cinq mois après son arrivée, Dragan Zovko sait déjà que son contrat avec le club de Tremblay en France, actuel 12ème de LNH, ne sera pas prolongé. Nous lui avons parlé quelques heures après que la nouvelle lui ait été annoncée, à l’avant veille d’un derby décisif pour le maintien face à Ivry.

– Dragan, voyez-vous le match de mercredi soir à Ivry comme étant décisif pour le maintien?

– Je crois qu’il ne faut pas le considérer sous cet aspect là, car les deux clubs ont un point de vue différent. Si Ivry perd mercredi, il sera compliqué pour eux de revenir, ils seront à quatre points derrière. Si nous perdons, même si Ivry a le goal-average particulier, nous allons à Dijon la journée suivante, et nous avons l’occasion de reprendre deux points d’avance. Il ne faut pas non plus sortir ce match de son contexte. Si nous gagnons, ce sera une bonne chose, après le nul à Selestat et la victoire contre Chambéry, nous resterons dans la continuité. Si nous enchainons deux victoires à Ivry et à Dijon, on en sera à quatre matchs d’affilée sans perdre, et l’objectif du maintien sera presque atteint.

– Le match aller contre Ivry était votre premier match sur le banc de Tremblay. Qu’est-ce qu’il vous avait manqué pour l’emporter?

– Quand je suis arrivé, nous avions trois matchs avant la trêve, Ivry, au PSG et à Mulhouse en coupe. L’objectif était d’en remporter deux des trois, et de faire une bonne prestation face à Paris. Nous y sommes presque arrivés, mais sur la dernière possession face à Ivry, on envoie le ballon sur le poteau. Ca se joue sur un ballon, comme à Selestat il y a deux semaines, où on touche encore le poteau. Si on les met dedans, on compte deux points de plus, et le maintien, on y serait presque. Je crois que, au niveau d’un match comme d’une saison, Tremblay manque de régularité. Ce n’est pas une situation nouvelle, c’est comme ça depuis plusieurs années, et nous ne sommes pas les seuls, beaucoup d’équipes en LNH ont le même problème.

– Justement, quand vous êtes arrivés, vous vouliez “redonner confiance aux joueurs”. Vous pensez avoir rempli cet objectif ?

– Je pense, au vu de nos prestations, qu’on y arrive petit à petit. Nous sommes encore dans un processus de guérison, qui demande beaucoup de force mentale et d’investissement. Pour le moment, nous sommes encore dans une phase où il nous faut confirmer cette dynamique positive. Mais comme je dis aux joueurs, le plus dur reste à faire, chaque victoire n’est pas un aboutissement en soi, il faut toujours regarder plus loin, le match d’après, puis encore celui d’après, il faut continuer à prouver et ne pas s’endormir.

– Dans un match décisif comme celui de mercredi, est-ce un avantage de s’appuyer sur un collectif expérimenté comme le vôtre?

– Évidemment, c’est très important de jouer avec des joueurs qui ont l’habitude de jouer des matchs à enjeu. Mais il faut obliger son groupe, international, expérimenté ou je ne sais pas quoi d’autre, à garder son exigence envers soi même. Il faut que le joueur garde son ambition d’aller toujours plus haut, de toujours vouloir s’améliorer, et j’insiste beaucoup là dessus. C’est pour ça qu’on pense que je suis un coach atypique, alors que pour moi c’est la base.

Tremblay– Vous regrettez le manque d’ambition de certains joueurs en France?

– Vous savez, j’ai eu plusieurs expériences en France par le passé où des gens m’ont chambré car je voulais aller avec de l’ambition gagner des gros matchs à l’extérieur. Mais à un moment, c’est sur les résultats que l’on est jugé, on doit rendre des comptes sur ses résultats, et si on ne se bat pas, ils ne viennent pas comme ça. C’est compliqué de faire entendre ça à certains, et forcément on passe pour quelqu’un de méchant, d’autoritaire, ou je ne sais pas quoi d’autre…Et forcément ça ne plait pas.

– D’ailleurs, on entend beaucoup de rumeurs sur la saison prochaine à Tremblay…Vous en pensez quoi?

– C’est simple, je ne serai plus le coach de Tremblay après le 30 juin. Je ne serai pas conservé. C’est frustrant, car je crois qu’on est sur de bons rails pour arriver à nos fins, mais c’est comme cela. Je ne connais pas les raisons exacts, mais sans doute que je ne rentre pas vraiment dans le projet. Ce n’est pas vraiment un scoop pour moi, et je crois que le président devait informer les joueurs ce soir. Le challenge, quand je suis arrivé, était pour sept mois, et il s’agissait de se maintenir. Les dirigeants pensent que ce n’est pas moi qu’il faut pour leur projet futur, mais je tiens quand même à les remercier pour m’avoir fait confiance. Il y avait beaucoup d’entraineurs sur le marché, mais c’est à moi qu’ils ont fait confiance en décembre. Quand je suis arrivé, je n’ai pas vraiment pu installer ma méthode, je n’ai rien demandé, je me suis installé avec ce que l’on m’a donné. Que ce soit en matière de joueurs, de staff, de créneaux d’entrainements…Je me suis donc adapté, je n’ai eu que mon savoir faire pour me permettre de remplir les objectifs qui m’étaient demandés. Quand on voit le nombre de matchs perdus par le club depuis février dernier, et la situation au classement quand j’ai signé, personne ne voyait Tremblay se maintenir. Mais nous sommes en bonne voie. Je crois avoir réglé un certain nombre de problèmes dans le club et au sein de l’équipe. Je n’ai pas forcément cherché à plaire à tout le monde, mais j’ai fait ce qu’on m’a demandé.

Qu’est-ce qu’on vous reproche exactement à Tremblay alors?

– Je ne sais pas, et je ne veux pas rentrer dans la spéculation ni la polémique. Ce n’est pas la première fois que je ne suis pas prolongé, et ce n’est peut être pas non plus la dernière. Je n’ai jamais été là pour faire des compromis. J’espère que les dirigeants savent ce qu’ils font, je suis en tout cas resté droit dans mes bottes et j’ai respecté le contrat pour lequel je suis venu.

– Mais avec un groupe étoffé, c’est compliqué de garder tout le monde sous pression, non?

– Moi, cela ne m’a posé aucun problème. Quand je suis arrivé, on avait 18 joueurs pro. La première question que je leur ai posé c’est: “Qu’est-ce que vous attendez de moi?” Ils m’ont répondu qu’ils voulaient que je leur donne des repères, un fond de jeu. Bien. Ensuite, nous sommes entrés dans la distribution des rôles, et forcément, à ce moment, cela ne plait pas à tout le monde. Et en plus, cela peut être long à mettre en place. Pour moi, on juge principalement un joueur à son efficacité sur le terrain. Tu marques des buts, tu es utile à l’équipe, tu joues. Il faut mettre trois, quatre joueurs en tribunes tous les weekend, alors forcément tout le monde n’est pas heureux. A Tremblay, on a quatre demi-centres, par exemple, donc forcément il y a des choix à faire. Mon critère de décision a toujours été le travail. J’ai eu des réputations de coach dur, de coach atypique, mais sans doute parce que je juge les gens au travail qu’ils fournissent. Quand nous sommes allés en Slovénie en janvier, je leur ai expliqué ce que j’attendais d’eux, en matière de profil de joueur et de qualité humaine. Après forcément, il a fallu que la mayonnaise prenne, et ça peut être long.

– Est-ce que les joueurs ont adhéré à votre projet?

– Je crois que oui, car je les ai fait y participer. Vous savez, j’aime cette équipe, ce sont mes joueurs, et je suis fier de ce qu’ils ont fait depuis décembre. Certains m’aiment sans doute moins que d’autres pour pleins de raisons, parce qu’ils ne jouent pas ou je ne sais pas quoi, mais en tout cas moi je les aime et je les respecte. Rien n’aurait été possible sans leur aide et leur adhésion, et les résultats montrent qu’ils se sont sentis concernés par le projet. Ils m’ont écouté, ont bossé et ont mis en place ce qu’on voyait à l’entrainement. La plupart ont compris que la seule manière d’y arriver, c’est le travail. Forcément, celui qui reste sur le côté et qui ne joue pas beaucoup, il a un peu plus de mal à adhérer. Mais ils m’ont tous suivi, et je veux les en remercier.

1 CommentairePoster un commentaire

  1. skancho - le 8 avril 2014 à 12h40

    Remplacé par David Christman. Joli coup des dirigeants tramblaysiens…

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