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Laura Glauser : « Aujourd’hui, je me sens en sécurité, prête à revenir »

Absente des terrains depuis la défaite de Ferencváros face à Györ (32-17), Laura Glauser a traversé l’une des périodes les plus délicates de sa carrière. Touchée par une hernie discale au niveau des cervicales, la gardienne internationale française a dû se résoudre à une opération et à une longue phase de rééducation, la privant notamment de l’Euro 2025 avec l’équipe de France.
Aujourd’hui, à l’aube de son retour à la compétition et alors que le Rapid Bucarest vient d’annoncer son arrivée pour deux saisons, Laura Glauser se confie longuement auprès d'Handnews sur cette épreuve, son avenir et ses ambitions.
« À partir du moment où je me suis fait opérer, tout est devenu plus clair »
Handnews : "Laura, tu n’as plus rejoué depuis plusieurs mois. Où en es-tu aujourd’hui physiquement ?"
Laura Glauser : "Physiquement, ça va très bien, même très très bien. Je suis actuellement à Clairefontaine, dans la dernière ligne droite avant de retrouver les terrains. Mon corps va bien, j’ai très bien récupéré de l’opération. Franchement, je me sens vraiment bien."
HN : Et mentalement ? On sait que ce genre de blessure ne touche pas que le corps.
LG : Mentalement, je me sens plutôt bien aujourd’hui, mais c’est vrai que cette blessure m’a fait peur. J’ai eu peur de l’opération, il y a eu des choses difficiles à gérer. Le plus dur, ça a été toute l’attente avant l’opération. On faisait beaucoup d’examens, on se demandait si ça allait passer tout seul, s’il fallait opérer, infiltrer… On avançait jour après jour sans vraiment savoir ce qui allait se passer pour moi. Cette période-là a été vraiment compliquée. Mon objectif était en tête : revenir. Je savais ce que je devais faire, où j’allais en termes de rééducation, comment le processus allait se dérouler. Et surtout, je me suis sentie en sécurité. Aujourd’hui, je me sens vraiment en sécurité dans mon corps, et ça, mentalement, ça fait énormément de bien.
HN : Tu peux nous expliquer en quoi consistait exactement cette opération ?
LG : J’ai eu une hernie discale au niveau des cervicales. On m’a posé une arthrodèse, avec une prothèse sur le niveau du dessus. Et oui, tout ce matériel restera en place… jusqu’à mon dernier souffle (rires).
HN : Il n’y a donc pas de contre-indication pour la reprise du handball de haut niveau ?
LG : Non, aucune. Je peux reprendre normalement. Ce sont des opérations que font souvent les rugbymen, et ils reprennent derrière. Et puis j’ai énormément renforcé mon cou. J’ai un “cou de bœuf” maintenant (rires). Je suis bien plus musclée qu’avant au niveau des cervicales. Un ballon dans la tête, ça ne fera jamais plaisir, mais je serai stable et solide.
Un retour imminent sur les terrains
HN : La reprise est-elle déjà programmée ?
LG : Oui, elle est fixée. Je dois encore revoir mon chirurgien une dernière fois, mais normalement, dans les semaines à venir, je pourrai reprendre l’entraînement, puis la compétition.
Pendant ce temps, la saison du FTC continue de s’intensifier, avec toujours des objectifs élevés malgré une concurrence féroce en Hongrie et en Ligue des champions.
LG : Il y a encore de beaux objectifs à aller chercher. Le championnat sera compliqué, Györ est très fort, mais il faudra être propre jusqu’à la fin pour rivaliser. Il reste la coupe, la Ligue des champions, et dans tous les cas, en handball, rien n’est jamais écrit à l’avance. C’est ce que j’aime dans ce sport.
L’Euro manqué et le lien intact avec les Bleues
Privée de l’Euro avec les Bleues, Laura Glauser a vécu la compétition à distance.
LG : Bien sûr que j’aurais aimé être là. Qui n’a pas envie de jouer une compétition avec l’équipe de France ? Mais j’étais dans une période très difficile avec tous les examens, la douleur, l’incertitude. Être à la maison, dans ce contexte-là, c’était finalement ce qu’il y avait de mieux pour moi à ce moment-là.
Enfin, l’équipe de France reste dans un coin de sa tête.
LG : Retrouver les Bleues au plus vite, c’est clairement un objectif. J’aime l’équipe de France, elle m’apporte énormément. C’est un héritage qu’on nous a transmis et qu’on doit faire vivre. Ce n’est pas une histoire individuelle, c’est ce qu’on fait ensemble avec ce maillot qui compte.
Rapid Bucarest, un nouveau défi assumé
L’avenir, lui, s’écrira en Roumanie. Le Rapid Bucarest a officialisé son arrivée pour deux saisons, aux côtés d’un fort contingent français.
LG : Il y a des raisons personnelles, évidemment, mais je ne pars pas n’importe où. Le projet du Rapid m’intéresse énormément, notamment avec Laurent Bezeau. J’ai échangé plusieurs fois avec lui, on a parlé du projet, de la reconstruction du club. J’ai envie de relever ce challenge-là, de participer à la remontée d’une équipe vers le plus haut niveau et vers la Ligue des champions. C’est quelque chose que je n’ai jamais vraiment vécu. Quant à la rivalité avec le CSM Bucarest, qu’elle a déjà connu par le passé, la gardienne la relativise.
LG : Honnêtement, ça ne me fait pas grand-chose. J’ai envie de jouer au handball, peu importe le club. L’ambiance hostile, ça peut être motivant. Je ne suis pas provocatrice, mais j’aime quand il y a de l’atmosphère.
Après des mois d’incertitude, Laura Glauser avance désormais avec lucidité, ambition et une envie intacte de retrouver les sommets, sur les terrains comme en sélection.
Thomas Mathiot