Enquête

La ruée vers l’or…et ses problèmes

crédit : ihf (s.pillaud)

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Melvynn Richardson, Julien Meyer, Aymeric Minne, Dika Mem, autant de noms qui vous sont familiers si vous avez suivi les différents championnats du monde de jeunes cet été, et qui pourraient révolutionner le handball français dans les prochains mois ou années. En cause ? Leur précocité et la volonté des clubs de haut niveau de compter dans leurs écuries ces pépites. Enquête.

L’affaire Aymeric Minne

Aymeric MinneLe cas du demi-centre de l’équipe de France jeunes, récent champion du monde, agite le microcosme handballistique depuis quelques semaines. Après une première année au centre de formation de Toulouse, il a choisi de rejoindre celui d’Aix à la fin de l’été, à la plus grande colère de ses anciens dirigeants. «Je crois que c’est la première fois que je vois ça en France. C’est la première fois qu’un club pro débauche un jeune du centre de formation d’une autre écurie à quatre jours de la reprise. Ca manque de délicatesse», déclarait Philippe Gardent, le nouveau coach du FENIX, il y a quelques jours dans la Dépêche du Midi, avant que son président Philippe Dallard ne se fende d’une lettre ouverte au président de la fédération française, co-signée par onze entraineurs de LNH (seuls ceux de Montpellier, d’Aix et du PSG manquent à l’appel). Une longue tirade dans laquelle il critiquait “le comportement de quelques dirigeants isolés” et des “méthodes que l’on condamne dans d’autres sports”, une allusion à peine voilée à ses homologues provencaux. Stéphane Cambriels, le directeur sportif du PAUC, n’a “pas de problème d’éthique et de morale dans cette affaire. Ce qui n’est pas interdit est autorisé, et nous sommes restés dans le cadre réglementaire fixé par la FFHB. Nous suivions Aymeric depuis mai 2014, mais à l’époque nous avions Klemn Cehte dans l’effectif et nous voulions être surs de pouvoir l’intégrer dans notre effectif. Aymeric avait la volonté de travailler avec Jérôme Fernandez pour progresser sur le terrain, et l’école d’ingénieur de Marseille lui proposait un projet qu’il n’aurait pas pu avoir à Toulouse. Le joueur a un projet sportif et étudiant qui lui convient en venant ici, et nous avions la possibilité de récupérer un jeune de qualité en lui donnant la certitude d’évoluer avec le groupe D1”.

Et si le rôle d’Eric Quintin, l’entraîneur national des U19, s’est limité à celui de conseil comme il l’a précisé lui-même, il a néanmoins tenu à nous donner son avis : “Personne n’a de leçon de morale ou d’éthique à recevoir ou donner dans le monde professionnel. Le but pour les clubs est de faire tourner la boutique, seules les règles comptent et elles permettent le transfert de Aymeric.” Parmi les co-signataires de la lettre ouverte du président Dallard, se trouve David Christmann, le coach de Tremblay en France. “Je ne peux pas être d’accord avec la démarche d’Aix, parce qu’à cet âge là, les gamins sont influençables, et il faut protéger les centres de formation”, nous dit-il. “Ce qui arrive là à Toulouse peut arriver à n’importe qui, et les clubs étrangers, notamment allemands, peuvent piquer dans nos centres car le système n’est pas assez réglementé”.

Aymeric Minne en action lors du Championnat du Monde Jeunes


Lucarne magique et kung-fu des Bleuets par Handnews

Dika Mem, exemple de précocité

Mem Tremblay 2Si Aymeric Minne a défrayé la chronique en changeant de centre de formation quelques jours avant la reprise, la signature du premier contrat pro de Dika Mem cet été en faveur de Tremblay n’a pas non plus manqué de faire jaser, alors que Toulouse et le PSG y avaient eux aussi été de leur proposition. A même pas 18 ans, la pépite venue de Saint Gratien Sannois s’est engagée pour trois saisons avec le pensionnaire de LNH, tout comme ses collègues sous le maillot bleu Melvyn Richardson (Chambéry) ou Julien Meyer (Selestat) dans leurs clubs respectifs. Encore une situation différente, selon David Christmann. “Les deux situations sont complètement différentes, mais soulèvent des vraies questions. Nous n’avons pas été chercher Dika dans un centre de formation, mais dans un club proche de chez nous, pour lui proposer un contrat pro”. En raison de sa jeunesse, la méthode avait pu surprendre. “Dika, Julien, Melvyn  sont des gamins qui, pour moi, n’ont pas besoin de passer par la case centre de formation. Ils sont matures, ils sont bons, ils ont le niveau pour jouer en D1 avant d’ajouter un détail quelque peu troublant. “Il y a un double discours au sein des instances nationales, car je sais qu’une partie de l’encadrement ne voit pas d’un mauvais oeil que Dika ait signé dans un club pro. Le but est de faire jouer le joueur au meilleur niveau dès qu’il en est capable, pour qu’ensuite ce soit l’équipe de France qui en profite”. Mais de l’avis de tous les acteurs interrogés, le cas de ces jeunes passant directement au haut niveau doit se limiter à des exceptions, et non pas devenir la règle sous peine de “voir des clubs investir en donnant des contrats pro aux jeunes joueurs et ne plus mettre de l’argent dans leur centre de formation”.

Kevin Domas

La 2ème partie de notre enquête est à découvrir ici

1 CommentairePoster un commentaire

  1. Bobsponger - le 13 septembre 2015 à 15h47

    la question est de savoir si ils sont sortie du cadre juridique de la loi vis à vis des règles mis en place par les fédés et autre board du milieu pro ? Si ce n’est pas le cas alors il n’y a pas de débats ! Le hand se veut pro alors il faut faire avec ces règles qui commence à se généraliser et accepter ce qu’il se passe à l’image des autres sports pro de la planète !

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