Mondial U21

Delattre : “On sait où on en est”

Yohann Delattre en 2015 au mondial brésilien

L’équipe de France junior est en route vers sa dernière compétition jouée par la génération 1996/1997 des Melvyn Richardson, Dika Mem et autres Julien Meyer. La liste est longue, et ces joueurs sont aujourd’hui sous la houlette de Yohann Delattre, sélectionneur emblématique des juniors. L’ancien gardien des “barjots” doit désormais préparer au mieux son groupe.

Serais-ce une forme de trouble, voire de doute, qui passe au travers de la tête du sélectionneur ? Son équipe vient de perdre face à l’Allemagne en ayant fait la course derrière une longue partie de la rencontre. Un avertissement certes faible, mais un avertissement quand même : “Il y a effectivement un match où on a eu des temps faibles qui nous sont préjudiciables à l’arrivées, mais qu’importe. On sait où on en est. Déjà hier, on a eu pas mal de déchets techniques, aujourd’hui on en a aussi : on est en préparation.” Une préparation qui se vit au jour le jour, cette défaite pour lui en est le rappel : “Ça met le doigt quelque part et ça veut dire à tout le monde qu’il faut vivre dans le présent, et certainement pas dans le futur. Pour avoir de l’ambition, il faut d’abord la construire au quotidien et on va s’y atteler” .

“Vivre dans le présent”

Cette formule, le sélectionneur ne cessera de la rappeler. Resituant le contexte  : “J’insiste qu’il faut se mettre dans le présent et ne pas brûler les étapes. Il y a plein d’équipes qui veulent faire des choses au championnat du monde et on n’est pas les meilleurs. On fait peut-être parti des nations “qui peuvent” mais comme l’Allemagne, comme l’Espagne, comme le Danemark, pleins d’équipes ! Soyons vigilants, soyons dans le présent.” Puis encore une dernière fois, quelques minutes plus tard : “Il va falloir travailler et vivre dans le présent. Il y a des garçons qui ont déjà joué en LNH, de vrais potentiels et encore aujourd’hui on s’en aperçoit. Mais c’est pas pour autant qu’on va nous offrir les choses.” .

Ce leitmotiv encadre l’ensemble du projet, et on sent une volonté de protéger ses joueurs comme autrefois il protégeait ses buts. Pour la bonne raison qu’ils ne sont pas encore – cela viendra – prêt à retourner au combat : “On n’est pas encore prêt ! On vient de récupérer des garçons qui ont aussi eu des échéances avant. Pour l’instant on va essayer de remettre tout le monde physiquement à flot. Récupérer, mais aussi travailler. Il va peut-être aussi falloir affiner voire élaguer le projet pour trouver des choses qui nous correspondent plus. Ce soir on a des passages intéressants, comme alterner petit et grand jeux… Mais on a deux passages à vide qui nous sont préjudiciables” .

L’envie d’avoir envie

À y réfléchir, ce n’est pas vraiment le doute qui travaille Yohann Delattre. En effet on va vu qu’il avait en tête les clés tactiques. De même sur son groupe, pas d’incertitudes : “Le groupe est à l’image de ce qu’il montre depuis quelques années. C’est un groupe qui vit bien ensemble. Maintenant, tant que ça gagne, ça se passe bien. Mais j’ai pas d’inquiétude quant à l’ambiance de ce groupe et son côté humain.” Sans oublier que sur les adversaires des finalités, le dossier est déjà complet : “Il faudra déjà être prêt le jour de l’Egypte [en ouverture le 18 juillet]. On a une entame contre l’Egypte, une équipe généralement mature, agressive, ça va être un vrai match de handball, un vrai combat. Je pense qu’ils vont nous imposer un vrai défi physique, sur lequel il faudra répondre par le jeu, par l’efficacité et sur l’aspect psychologique. Il faudra être serein, calme, et parfois laisser passer l’orage” .

Toutefois à la question de savoir si face à ce genre d’équipe – parfois prête à tout quitte à se faire sanctionner – ses joueurs s’engageraient autant qu’avant, la réponse tarde et sonne étrangement : “[Longue hésitation]. Je ne sais pas.” Une idée noire chassée de force par une conviction intime : “Je crois qu’ils ont envie de faire quelque chose ensemble, et nous on a envie de faire quelque chose ensemble avec le staff.” Et même si “on ne va pas nous offrir les choses” , il faudra compter sur cette envie primaire, mais puissante, de finir sur une bonne note. La défaite de l’Allemagne n’a fait que rappeler où était le danger : “Ça reste un match de travail. Un match de travail, qui nous donne des pistes de travail… Et ça, c’est intéressant” .

À Kloten, Maxime Thomas

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