Euro 2018 (M)

Groupe A : la Croatie sous pression

Si la Suède et l’Islande ouvriront le bal à Split, le public attendra probablement ses chouchous. Dans un derby jamais joué d’avance, la Croatie affrontera la Serbie en ouverture de son Euro vendredi soir. Neuf ans après un mondial perdu en finale, les Croates sont sur le chemin de la rédemption. Mais leur capacité à gérer la pression reste une inconnue comme le souligne Xavi Sabaté, l’ancien coach de Veszprem, qui a accepté de décortiquer les équipes de cet Euro pour Handnews.

Croatie

Y-a-t-il besoin de dire beaucoup sur la Croatie ? Devant son public jamais absent pour l’équipe nationale, la Croatie sera poussée par l’envie de reprendre l’histoire là où la France l’avait laissée en 2009. Cependant, la tâche s’annonce des plus compliquée après plusieurs compétitions infructueuses. C’est d’ailleurs ce qui a coûté la place à Zeljko Babic, débarqué pour laisser place au magicien Lino Cervar, après le Mondial de l’an passé. Cervar, l’homme du titre olympique à Athènes en 2004, a d’ailleurs laissé de coté le Metalurg Skopje en Octobre pour pouvoir se consacrer à plein temps à sa mission. Domagoj Duvnjak, longtemps incertain, a bien joué contre le Monténégro à Split (25-22), et sa présence sera non-négligeable sur et en dehors des terrains. Car si sur le papier la Croatie fait partie des outsiders sérieux, il va falloir avoir les épaules larges pour soutenir la pression des attentes de tout un peuple.

Le 7 majeur : Alilovic (GB) – Strlek (AlG) – Duvnjak (ArG) – Cindric (DC) – Stepancic (ArD) – Cupic (AlD) – Vori (Piv)

L’avis de Xavi Sabate

Le pays hôte de la compétition compte des joueurs de grande qualité, avec de l’expérience. En s’appuyant sur leur système défensif, nous verrons une sélection croate qui va combiner sa classique 3-2-1 avec Vori en poste avancé avec un système plus fermé en 6-0 pour profiter des grands gabarits de ses joueurs. En attaque, la Croatie compte des joueurs qui peuvent faire la différence au niveau individuel (Cindric, Duvnjak, Karacic). Même s’ils sont tous demi-centre, nous les verrons jouer souvent ensemble. Il y aura donc moins de tireurs de loin mais leur jeu sera plus rapide. La Croatie, avec l’appui de son public, est clairement un prétendant à une médaille.

Islande

Crédit photo : EHF

L’Islande n’en est plus à son apogée de la fin des années 2000. Un Euro 2016 manqué en Pologne, sortie au premier tour par la Biélorussie, puis un mondial 2017 où il s’en est fallu de peu pour que le scénario recommence, loin est l’époque de la finale olympique de 2008. La Croatie, terre du premier Euro des Islandais en 2000, pourrait faire office de nouveau départ avec des joueurs tel Smarason (DC – 22 ans), Magnusson (ArD – 19 ans) ou Arnarsson (Piv – 20 ans), toujours encadrés par Palmarsson, Gustavsson et l’indéboulonnable Sigurdsson, présent déjà en 2000. On peut tout de même lui souhaiter une sortie plus flatteuse que l’avant dernière place obtenue alors, même si la tâche s’annonce aussi compliquée au vu de la préparation contre le Japon et l’Allemagne.

Le 7 majeur : Gustavsson (GB) – Sigurdsson (AlG) – Aron Palmarsson (ArG) – Smarason (DC) – Karason (ArD) – Gunnarsson (AlD) – Arnarsson (Piv)

L’avis de Xavi Sabate

L’équipe islandaise dispose de joueurs de très grande qualité. Les islandais sont imprévisibles et capables du meilleur s’ils parviennent à être réguliers tout au long de la compétition. L’Islande présente un effectif qui mélange des joueurs expérimentés avec des jeunes de qualité. La sélection dispose de joueurs qui peuvent faire la différence, à l’image de Sigurdsson qui réalise une saison spectaculaire avec Rhein Neckar Lowen et de Palmarsson, l’un des meilleurs joueurs du monde. Si les islandais parviennent à trouver la régularité qui leur permet de jouer à leur meilleur niveau, je pense qu’ils feront partie des équipes à la lutte pour terminer dans le Top 8.

Serbie

Crédit photo : EHF

La Serbie arrive dans la position de David contre Goliath, symbolisé par le premier match contre la Croatie à Split, devant 11.000 spectateurs. La préparation a de plus été agitée, entre les arrivées tardives des joueurs jouant la SEHA League et la Bundesliga, et l’accord tardif du pivot Rastko Stojkovic qui a choisi de repousser son opération au genou pour sauver la nation. Malheureusement, le pivot ne sera pas de la partie, le sélectionneur Cvetkovic ne voulant pas tenter le diable après l’avoir testé contre la Slovénie. Résultat, une préparation où 22 joueurs se sont partagés l’affiche, et surtout où les défaites se sont succédées contre la Suisse, la Roumanie, la Macédoine et enfin la Slovénie. Pourtant l’attaque serbe aurait de quoi faire pâlir beaucoup d’équipe, entre Petar Nenadic, Marko Vujin, Petar Djordjic, Nemanja Ilic et Darko Djukic. Seulement, il faudra que la plus mauvaise défense des qualifiés se mette au diapason – l’absence des joueurs de Skopje Strahinja Milic (blessure) et Ilija Abutovic (choix) interroge – pour que la surprise devienne possible, et que David fasse tomber Goliath.

Le 7 majeur : Cupara (GB) – Ilic (AlG) – Djordjic (ArG) – Nenadic (DC) – Vujin (ArD) – Djukic (AlD) – Marsenic (Piv)

L’avis de Xavi Sabate

Le dernier grand succès de la Serbie remonte à 2012 lors de l’Euro organisé sur son sol. La Serbie s’appuie sur beaucoup de joueurs de très bon niveau, avec une grande expérience internationale. Pour une raison que j’ignore, ils n’arrivent pas à obtenir des résultats qu’ils pourraient avoir avec un tel effectif. La Serbie se déplace en Croatie sans absence majeure avec pour objectif d’améliorer ses résultats des dernières éditions. Avec la qualité et la compétitivité de ses joueurs, cette sélection en est vraiment capable.

Suède

Ils avaient finit par être les adversaires n°1 de l’équipe de France sur la route vers l’or mondial. La Suède, après plusieurs années de résultats en dents de scie, semble avoir trouvé une nouvelle dynamique sous les ordres de Kristjan Andresson. Celui-ci n’a pas hésité longtemps à faire son équipe, sélectionnant directement ses seize joueurs pour la préparation. Une préparation qui n’a cependant pas rassuré les jaunes et bleus, la défense ayant cédé de trop nombreuses fois face à la Hongrie (29-29 ; 31-29) malgré une paire de gardien Appelgren et Palicka se connaissant très bien et réalisant de belles prestations. Seule une défense efficace pourra être la rampe de lancement du jeu rapide symbolisé par la vitesse des ailiers Tollbring, Ekberg ou Zachrisson. Cependant, la préparation a aussi révélé l’élément en plus : Simon Jeppsson. L’arrière gauche de Flensburg a bluffé son monde face à la Hongrie, forçant la victoire dans le deuxième match, et pourrait soulager une base arrière trop dépendante de Gottfridsson.

Le 7 majeur : Appelgren (GB) – Tollbring (AlG) – Jeppsson (ArG) – Gottfridsson (DC) – Jakobsson (ArD) – Ekberg (AlD) – Nielsen (Piv)

L’avis de Xavi Sabate

La Suède a réalisé un changement de génération lors du Mondial en France l’année passée. Les suédois ont d’ailleurs obtenu un bon résultat. Un an après, l’équipe sera plus mature. La sélection suédoise se présente avec l’une des paires de gardiens les plus complètes de la compétition et en profite pour mettre en place un système de contre-attaque parmi les plus rapides d’Europe. La Suède est une équipe en construction qui luttera pour terminer dans le Top 8 de l’Euro.

Maxime Thomas (avec K. Domas et O. Poignard)

4 CommentairesPoster un commentaire

  1. No - le 11 janvier 2018 à 08h50

    Croatie et Suède

  2. Pseudo - le 11 janvier 2018 à 09h26

    Si la Suède joue au même niveau qu’au mondial elle sera en demies finales, elle battra la Croatie et la France. Mais je doute qu’ils arrivent à produire un jeu aussi efficace et fluide d’après leurs résultats depuis lors des matchs amicaux

  3. PHIMB - le 11 janvier 2018 à 15h08

    Dommage que Croatie-Serbie se joue en même temps que Norvège-France, et ne soit pas retransmis… Ça c'est un match d'ouverture (ou presque) qui risque de sentir le chaud !

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