Euro 2018

Sylvie Pascal-Lagarrigue: “Dépasser ce qui s’est fait précédemment”

Crédit: Pauline Ballet/EHF

A J-30 du début de l’Euro féminin de handball qui aura lieu en France, Sylvie Pascal-Lagarrigue, présidente du comité national d’organisation, revient avec nous sur l’événement et fait le point. Ce long entretien vous est proposé en deux épisodes, en voici le premier.

A un mois du coup d’envoi de l’événement, êtes-vous dans les temps au niveau de l’organisation ?

On est en ordre de marche au niveau du comité d’organisation (CO), les équipes ont été renforcées depuis septembre. Sur les sites, tout le monde est en place. Les formations pour les bénévoles ont débuté. On les a regroupés pour les former sur ce qu’ils vont faire et pour créer de la cohésion de groupe. La semaine dernière, le final inspection tour de l’EHF est passé et il est plutôt positif.

 

En quoi consiste ce final inspection tour ?

Les responsables de l’EHF qui seront sur les sites pendant la compétition, s’assurent que la salle soit bien en place, installée dans la configuration qui est requise par l’EHF. On vérifie tout ça, cela passe par le parquet, l’emplacement des tables, des TV, des salles de réunion pour l’EHF, des salles de presse, des zones mixtes etc… Ils font un tour complet sur chacun des sites pour voir si le cahier des charges est bien rempli et qu’il n’y a pas de problème.

Mardi dernier on a fait une réunion avec Philippe Bana et le CO à l’EHF pour se mettre d’accord sur un certain nombre de points qui étaient encore un peu en suspens. On a fait un petit tour de tout et cela a aussi été positif. On est sur la même longueur d’ondes, pour avoir un événement au top en ce qui concerne l’organisation.

 

Crédit: EHF Euro 2018

Etait-ce important de regrouper tous les bénévoles sur un site pour les former ?

Oui, ça représente 1300 personnes réparties sur tous les sites. Il y a d’abord eu une grosse sélection parce qu’on a eu un vrai engouement dès l’ouverture des candidatures, l’effet mondial a du beaucoup jouer. On l’a bien vu sur Paris, Nantes et Brest qui l’ont vécu. En quelques semaines, on a eu plus de candidats que prévu. Sur d’autres sites qui par contre n’avaient pas eu le mondial, comme Montbéliard, la machine a mis plus de temps à se mettre en route mais désormais ils ont réussi à actionner tous les réseaux pour que l’on ait tout le monde. Je trouve que c’est intéressant de tous les regrouper parce qu’on est à un mois de l’événement, il faut créer une cohésion de groupe entre eux. Ils contribuent vraiment à la qualité de l’événement tel qu’on va le livrer mais aussi sur tout ce qui est animation, plaisir du spectateur, que tout le monde se sente bien autour de l’événement. Je pense que c’est un moment important dans la préparation de l’Euro.

“Produire de la qualité”

Ceux sont eux qui sont la vitrine aussi de l’événement sur les différents sites…

Exactement, c’est pour ça que c’est très important qu’ils comprennent aussi ce que sont la philosophie et les objectifs de cet Euro. Je crois que sur leur formation, ils ont fait un rappel des organisations d’autres championnat d’Europe qui ont été organisés à l’étranger. On veut dépasser ce qui s’est fait précédemment pour montrer plus de qualité.

 

Vous parlez de philosophie de l’Euro, quelle est-elle exactement ?

Tout d’abord, produire de la qualité pour toutes les joueuses et équipes pour leur permettre d’être dans les meilleures conditions possibles pour cette compétition. Sur le plan sportif c’est une compétition majeure, il ne faut pas oublier que le premier est qualifié directement pour les Jeux Olympiques. Pour notre équipe de France, tout mettre en place pour qu’elle soit dans les meilleures conditions possibles. Au niveau de la qualité on cherche à avoir la même prestation quelle que soit l’équipe et quel que soit le site d’accueil de la compétition. On aura les mêmes prestations et on veut avoir le même engouement et la même offre sur tous les lieux.

On veut faire de cet Euro, un événement qui médiatise plus la pratique féminine du handball en attirant de nouveaux spectateurs et en étant plus reconnus de la part des médias et des partenaires. Il y a là un vrai enjeu, notamment autour des spectateurs pour faire connaître la discipline auprès du grand public, parce qu’on est sur un championnat d’Europe. C’est un événement majeur, avec une équipe de France championne du monde en titre donc on a du très haut niveau. Dans la tête des gens ce n’est pas forcément acquis qu’il s’agit du plus haut niveau proposé sur une compétition de handball.

 

C’était donc un énorme progrès de voir, l’année passée, TF1 se déplacer en Allemagne, sur un championnat du monde féminin pour retransmettre la finale…

C’est important d’avoir cette exposition télévisuelle. On le voit notamment auprès des licenciés qui nous demandent sans cesse les dates de diffusion des matchs en clair. On le voit aussi dans le résultat des audiences, c’est une pratique sportive qui plait, c’est très agréable à regarder il y a de l’engagement du suspens. C’est aussi important au niveau des populations jeunes qui n’iraient pas forcément vers le handball. Grâce à un tel événement, on pourrait les initier à cette pratique pour éventuellement aller dans les clubs et prendre une licence. C’est une forme d’éducation à la citoyenneté de faire partie d’une équipe. L’entre-aide, la convivialité et le partage sont des valeurs très fortes que l’on a dans le handball et qu’on cherche à faire perdurer dans la discipline.

“Important de réunir toute la famille handball”

Vous parliez d’effet mondial, est-ce qu’il a été important de travailler avec les équipes qui étaient en place pour l’organisation de ce mondial masculin en France en 2017 ?

Oui cela a été important parce que cet Euro s’organise sur le même modèle qu’a été organisé le mondial. Ce mode de fonctionnement qui était un peu innovant, parce qu’on n’avait pas l’habitude de fonctionner comme ça sur l’organisation d’événements en France, pourra être transféré sur cette compétition féminine. Les équipes se connaissent entre elles et c’est un point fort. On va pouvoir s’appuyer sur le vécu de ces bénévoles qui y ont participé. Il y a d’ailleurs beaucoup de personnes qui ont été reprises mais pas que, il fallait aussi ouvrir vers d’autres publics histoire d’élargir encore plus la base des bénévoles. On a un partenariat avec Uniformation qui s’occupe de les former. Cela permet d’enrichir leurs compétences et elles peuvent être valorisées dans leur parcours professionnel ou autre. Par exemple sur Rouen, beaucoup de bénévoles qui avaient vécu le mondial se sont investis par la suite dans des événements qui avaient lieu dans la ville.

 

Dans vos exemples d’organisation, est-ce que le mondial féminin en 2007 a été source d’inspiration ou les choses ont trop évolué depuis ?

J’aurais tendance à dire que c’était trop loin. Ce n’était pas le même type de compétition, il y avait beaucoup plus de sites qui l’accueillaient. Désormais il y a moins de match et il y a moins de visibilité par rapport au parcours qu’il peut y avoir sur un mondial. Pour exemple, à part lors du premier tour, on ne connait pas les dates de match de notre équipe de France. Mais sur tout le volet animation, on s’est inspiré de ce qui avait été fait autour de l’événement. C’était important de réunir toute la famille handball dans les territoires pour pouvoir créer une émulation et que tout le monde se sente concerné, malgré la difficulté de la géographie des sites hôtes, comme on est bien plus présent sur le nord de la France. Il faut aussi réussir à mobiliser les territoires du sud.

 

Crédit: Le Studio de Com’ / EHF

De quelle manière arrivez-vous à mobiliser ces territoires alors qu’ils n’accueillent pas de matchs ?

Tout d’abord, il faut arriver à faire parler de l’événement sur le territoire. On a beaucoup d’événements labellisés qui ont été mis en place un peu de partout. On a plus de 350 événements qui ont été labellisés “Euro 2018”. Lorsqu’un club du sud mettait en place une animation, on essayait de la mettre aux couleurs de l’Euro. Par exemple, sur les interligues à Bourg-De-Péage, les mascottes étaient présentes, on a eu une vraie dynamique. Sur d’autres territoires, des colloques ont été organisés sur la féminisation. Un des objectifs est aussi de renforcer la place des femmes dans le handball. Ces « colloques handballissimes » ont été organisés à Bordeaux mais aussi en Occitanie. D’autres arrivent à monter des opérations de parrainage avec d’autres clubs des territoires hôtes. En Haute-Garonne une soixantaine de joueuses va faire le déplacement pour aller voir des matchs à Nantes avec un système d’échange avec un autre club. Il y aura la même chose avec un club de Marseille Nord qui a mis en place un partenariat avec un club de la Seine-Saint-Denis. Cela permet de dynamiser les clubs. Ce genre de jumelage est très intéressant, cela offre une vraie ouverture entre les clubs.

Propos recueillis par Maxime Cohen.

 

🎟Pour retrouver la billetterie officielle de l’Euro 👉 C’est ici ! 

Retrouvez la deuxième partie de notre entretien exclusif ici

HandNews & CasalHand

8 CommentairesPoster un commentaire

  1. Barbu - le 30 octobre 2018 à 08h24

    Alors la philosophie de l’Euro c’est : produire de la qualité. ?????
    Un événement qui médiatise plus la pratique féminine ? Bah normalement y’a pas de garçons… donc pas de soucis !
    La famille Handball… ça faisait longtemps !!!
    Sur les interligues y’avait les mascottes !!! Wahou la qualité de ouf…
    Aller voir des matches, un jumelage… ça fait vraiment rêver!
    On attend la suite avec impatience…

  2. PEPE 55 - le 30 octobre 2018 à 09h20

    J’ai vaguement le sentiment d’une misogynie rampante derrière ses propos… Est-ce que la famille Handball ne se conjuguerait qu’au masculin ? Où bien le Barbu est récalcitrant à la philosophie de notre sport? Affaire à suivre…

    • jbclamence35 - le 30 octobre 2018 à 10h51

      On a quand même le droit de souligner le bullshit dispersé dans cette interview !!

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