Euro 2018 – Tour principal

La France arrache un nul très important

L’équipe de France a arraché un nul importantissime face à la Suède (21-21) aujourd’hui à Nantes. Derrière pendant tout le match, les Bleues peuvent s’estimer heureuses de repartir avec un point de cette confrontation. La France devra finir le travail mercredi face à la Serbie, la Suède, de son côté, est éliminée.

Les Bleues avaient donc besoin de jouer avec les nerfs de leurs supporteurs, pour ce rendez-vous XXL. Après le report, qui a obligé les 9 000 spectateurs à attendre un jour de plus pour mettre le feu au Parc des Expositions, le public a dû retenir son souffle jusque dans les derniers instants pour voir les Françaises revenir et arracher ce nul qui leur permet de rester maîtres de leur destin. Un destin, qu’elles devront prendre en mains, mercredi, face à la Serbie (21 heures). “Depuis un moment je me disais qu’on devrait battre la Serbie pour aller en demi-finale, explique Olivier Krumbholz, l’entraîneur tricolore. Cette théorie se confirme pour le moment. On est un peu tombé de notre nuage en première période. Après être parti tellement haut dans nos derniers matchs, on n’a pas eu ce soir la même aisance, la même qualité, on a raté des tirs importants. C’est un bon match nul, il n’a manqué grand chose sur la fin pour l’emporter mais ne soyons pas trop gourmands“. Loin des débuts de match tonitruants auxquels elles ont habitué leur public sur leur trois dernières sorties, les Bleues ont dû livrer une rude bataille, pendant soixante minutes. Même si dans cette rencontre elles ont plus souvent raté que réussi ce qu’elles ont tenté de mettre en place, un excellent état d’esprit leur a permis de ne jamais craquer.

Malgré le scénario difficile, dans lequel elles sont très vite tombées (3-0, 4′), elles ont su ne pas paniquer, comme Olivier Krumbholz n’a cessé de le répéter au cours de la rencontre depuis son banc. Surtout lorsque les ballons devenaient lourds, après une période de 10 minutes (!) sans but en deuxième période. (18-16 entre la 40e et la 50e). “Il fallait que ça finisse par rentrer, sourit Alexandra Lacrabère. Et au moment où c’est arrivé, il nous restait encore du temps. J’ai senti que ça allait tourner à un moment donné. Au moment où elles décident de jouer à 7, on se dit qu’elles sont en vraie difficulté en attaque et psychologiquement on prend le dessus”. Symbole de ce mental de fer, Orlane Kanor, après deux échecs au shoot et deux exclusions de deux minutes, qui a su se reprendre, pour mettre les ballons au fond quand il le fallait en fin de match. “Elle prend deux fois deux minutes mais ça c’est la jeunesse. Il faudra qu’on lui explique comment avoir un peu de vice dans ce monde de requins” s’amuse la Béarnaise.

Idéhn, infranchissable

Des échecs provoqués par une défense très solide, articulée autour d’un secteur central bouché et au-dessus duquel il a fallu passer pour trouver des solutions. Dans le duel, les Suédoises étaient belles et bien présentes. Aussi, les Scandinaves ont pu compter sur une énorme Filippa Idéhn qui a écoeuré les Bleues de partout (14 arrêts). Même quand Siraba Dembélé était oubliée, toute seule en deuxième pivot (44′), la portière du BBH s’imposait. “On a raté énormément de shoots dans des situations favorables en attaque, ce qui a forcément beaucoup pesé sur le scénario du match, il faudra bien travailler la vidéo de ce match,” analyse Olivier Krumbholz. Un vrai mur s’était dressé devant les Françaises qui ne perdaient pas les pédales pour autant. Les solutions étaient bien là, il fallait juste trouver le moyen de tromper Idèhn.

Les Suédoises ont aussi pu compter sur le génie de Bella Gullden qui a fait des merveilles, comme cette passe à l’aveugle, venue de nulle part, délivrée pour Linn Blohm qui donnait alors une longueur d’avance aux siennes (20-21, 57′). “En début de match, on n’a pas réussi à prendre le dessus sur l’importance de Bella et les passes au pivot… Nos erreurs défensives nous ont mis dans le jus tout de suite”, reconnait Estelle Nze-Minko.  Avant cela, elle aura tout de même tout fait aux Françaises. Des duels pour arracher des jets de 7 mètres, qu’elle a elle-même transformés à merveille (3/3), des tirs à travers, qui passaient peut-être un peu trop facilement en première période notamment  mais aussi des caviars lâchés à ses coéquipières. Celle qui revient de blessure a tout de même livré un grand match, qui a permis à la Suède de poser problème aux Françaises, ce que pour l’instant, seules les Russes avaient réussi à faire sur cette compétition. “La Suède nous a posé beaucoup de problèmes, il va vraiment falloir revoir ce match pour travailler dessus. En première, on n’a pas réussi à impacter Bella, on a défendu trop basses” regrette Allison Pineau.

S’il y avait un peu de déception sur certains visages après ce match compliqué, les Bleues restent, comme cela avait été le cas après la première défaite contre la Russie, optimistes sur la suite. “Il y a de la déception de ne pas avoir su rester dans notre dynamique mais on peut être satisfaites d’être allé chercher ce point. Si on n’avait pas réagi, on aurait été dans des dispositions bien différentes après ce match”, glisse Allison Pineau. Leur destin est toujours entre leurs mains et elles ont fait preuve d’une très grosse force mentale pour ne pas céder, alors qu’elles n’ont jamais mené dans la rencontre. Laura Glauser aidant bien, faisant une grosse deuxième période qui a permis aux Bleues de ne pas prendre de buts lorsqu’elles n’arrivaient plus à en marquer lors de ces dix minutes d’apathie. Finalement, ce match nul et plus arrangeant pour les Françaises que pour les Suédoises, qui avaient certainement l’impression d’avoir la main sur le résultat, jusqu’à ce qu’elles subissent la foudre du Hall XXL debout pendant les dix dernières minutes pour pousser derrière les Bleues.

De Nantes, Maxime Cohen (avec C.D).

STATISTIQUES :

À Nantes, Hall XXL (7241 spectateurs) : SUÈDE – FRANCE : 21-21 (14-11)
Arbitres : Peter Horvart et Balasz Marton (Hon)

FRANCE
Entraîneur :
 Olivier Krumbholz
Gardiennes : Glauser (30′, 6 arrêts) et Leynaud (30′, 7 arrêts) – Joueuses : Glauser – Coatanea (2/2) – Ayglon-Saurina (1/2) – Pineau (0/2 dt 0/1) – N’Gouan (1/1) – Zaadi (2/5) – Leynaud – Houette (1/3) – Niakaté (0/2) – Dembélé-Pavlovic (c) (2/5) – Flippes (1/2) – Kanor (4/6) – Edwige (1/1) – Foppa () – Nze-Minko (1/3) – Lacrabère (5/6 dt 4/4) – Exclusions temporaires : Edwige – Kanor (2)

SUÈDE
Entraîneur :
 Henrik Signell
Gardiennes : Bundsen (1′) – Idhen (56′, 14 arrêts) – Joueuses : Bundsen – Mellegard (3/3) – Stromberg (1/2) – Blohm 52/3) – Roberts (3/5) – Sand – Lundstrom – Idhen – Lagerqiuist – Gullden (6/12 dt 3/3) – Blomstrand (3/3) – Hagman (1/4) – Massing (0/1) – Hellagard (0/1) – Jacobsen – Alm (2/6)- Exclusions temporaires : Roberts

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20 CommentairesPoster un commentaire

  1. anderson - le 9 décembre 2018 à 19h17

    Les gilets jaunes ont encore frappé…

  2. Handmania - le 9 décembre 2018 à 19h18

    Dommage qu’il y ait eu tant de pertes au tir par excès de précipitation.

  3. rkj4 - le 9 décembre 2018 à 19h19

    Mouais ! On aura eu vachement chaud et la conclusion ressemble à un petit miracle.

    Sur ce match, j’ai trouvé les Françaises bien coincées. Un défense correcte mais celle des Suédoises m’a parues plus intelligente et agressive. Mais c’est surtout l’attaque… Sans jeu avec pivot et avec des décalages à l’aile sporadiques, ça limite d’autant les solutions offensives. Et puis la petite Kanor, c’est dans des moments comme ça qu’il faut lui demander d’allumer le feu : elle n’est pas rentrée assez à mon goût alors qu’elle est la seule capable d’apporter un vrai danger derrière. Attention en défense par contre : elle ne maîtrise pas toujours sa fougue.

    Et puis il faut arrêter avec la gardienne suédoise. D’accord, elle est présente et fait de beaux arrêts mais sur les face à face, l’erreur des tireuses françaises est flagrante : à chaque fois (à chaque fois !), la gardienne lève la jambe et la shooteuse tire là où est le pied ! Quand on est ailier, il faut réfléchir un minimum : ça sert à quoi de fixer la gardienne si ensuite on tire là où elle vous attend. Manon Houette en a raté 2 comme ça avant de comprendre et de tirer sous la jambe. Dommage pour nous, Sirama Dembelé n’a toujours pas compris. On se demande bien pourquoi, sur la dernière attaque, c’est elle qui est sur le terrain et pas Houette. Mystère, mais ça nous empêche peut-être de gagner parce que sur son tir au buzzer, elle est en bonne position suite à une jolie contre-attaque et elle vendange une fois de plus (elle ne semble même pas croire à ce qu’elle fait). Je pense aussi que, vu les dégats, OK aurait pu aborder la question avec ses joueuses pendant les temps morts : mais il n’a pas dû comprendre lui non plus.

    J’apprécie pas trop Lacrabère en général, mais bravo pour son sang froid sur les pénos : à un moment, elle a maintenu l’équipe à flot. ET dans les cages, Glauser a super bien répondu à la gardienne d’en face : bravo à elle.

    À l’arrivée, on s’en tire avec un minimum de casse mais vraiment pas de quoi repartir la fleur au fusil.

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