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Valentin Porte, pas tout à fait un parmi les autres

Alors que, comme ses coéquipiers à Montpellier, il a pu souffrir du début de saison mitigé de son club, Valentin Porte ne semble pas accuser le coup. Heureusement pour lui, car la concurrence à son poste en vue du championnat du monde est encore plus acérée que les autres années.

Il n’y a pas si longtemps, en équipe de France, on devait susciter des vocations sur le poste d’arrière droit. Valentin Porte en est l’exemple parfait puisqu’évoluant sur l’aile avec son club d’alors, Toulouse, le gaucher avait surpris tout le monde au championnat d’Europe 2014 sur le poste d’arrière droit. Claude Onesta et Sylvain Nouet avaient vu en lui la capacité à évoluer sur la base arrière, et bien leur en avait pris puisque le natif de Versailles avait crevé l’écran à Herning, scorant à sept reprises en demi-finale face à l’Espagne avant d’en planter neuf à un Niklas Landin et au Danemark en finale. Mais tout cela, c’est de l’histoire ancienne. Cinq ans plus tard, le désormais joueur de Montpellier n’a pas vraiment de garanties quant à sa participation au raout mondial que les Bleus débuteront dans moins d’une semaine à Berlin. Enfin, pas plus que les autres, en fait. Entre Nédim Rémili, Adrien Dipanda, Dika Mem, son coéquipier Melvyn Richardson et l’ailier Luc Abalo, ils sont donc six gauchers à se disputer pour monter dans l’avion…ou peut-être pas, puisque leur polyvalence pourrait inciter le sélectionneur Didier Dinart à tous les emmener au Mondial. “Quand t’as l’habitude que ça se passe bien, tu n’y penses pas. Mais là tu te dis qu’ils sont tous tellement bons à côté, bein t’as beau être bon avec ton club aussi, peut-être que tu peux te retrouver le dindon de la farce” sourit Porte, troisième plus ancien du haut de ses 28 ans, avant de continuer avec son franc-parler caractéristique. “D’un côté, ça ferait chier, mais d’un autre côté il faut accepter de ne pas être pris si les autres sont plus forts que toi.”

Un début de saison pas simple en club

Le joueur montpelliérain sort d’un début de saison pas simple avec son club. S’il a, avec son coéquipier Melvyn Richardson, beaucoup surnagé pendant ces quatre mois, il ne cache pas que, courant décembre, il n’avait qu’une hâte, profiter des six jours de vacances que lui ont offert le calendrier. “Quand ça ne se passe pas comme l’an dernier, tu as forcément un peu plus besoin de couper. Moi, c’était surtout physique. Les deux dernières semaines je commençais un peu à en avoir ras le bol, je me sentais décliner et j’étais content d’arriver au bout” souligne-t-il. Si, à l’entendre, les résultats en dents de scie de Montpellier, notamment en coupe d’Europe, ne l’ont pas affecté, sa position de capitaine ne lui a pas rendu la vie facile. Obligé de montrer l’exemple en permanence et, sans doute, de se mettre un peu plus de pression, peut-être que, finalement, Valentin Porte a trouvé après-coup le cadeau du brassard un peu empoisonné. “Inconsciemment, on prend les choses un peu plus à coeur, même si je n’en suis pas à rentrer chez moi en pleurant. Evidemment, ce n’est pas désagréable d’être un joueur parmi tant d’autres en équipe de France, mais il ne faut pas exagérer, ce n’est pas comme si j’étais tout le temps mis en avant non plus” dit-il. Néanmoins, il ne fait désormais plus partie de ces jeunes joueurs auxquels on peut passer un coup de moins bien une fois de temps en temps.

Ni jeune, ni cadre, quelque part entre les deux

Car si on le compare à la concurrence sur son poste, mais aussi aux Fabregas et Lagarde, on peut le dire, Valentin Porte fait maintenant figure d’ancien. Il est donc au premier rang pour constater que le rajeunissement de l’équipe de France bien une réalité, et pas seulement une histoire d’éléments de language. “Richardson, Fabregas, ces gars là ont déjà gagné la Champions League et ont plus d’expérience que des mecs de trente ans. C’est ça qui est impressionnant. Dire que l’équipe est rajeunie oui, qu’elle manque d’expérience, non” résume-t-il. Mais avec autant de joueurs de talent sur tous les postes, que leur manque-t-il, à ces bleus, pour s’assurer une place sur le toit du monde d’ici trois semaines, alors ? “Du vécu collectif. Savoir gérer cette abondance de talents et de savoir-faire. Ca peut être dangereux, quand on est tous en confiance, tous capables de jouer sur plusieurs postes et qu’on a l’habitude d’avoir les ballons en club. Il faut que tout le monde joue ensemble. Dika, moi, Melvyn, il faut qu’on arrive à se cloisonner. Quand tu as beaucoup de talents, le danger est de se perdre” dit-il. Pour l’instant, justement, Didier Dinart a parfaitement réussi à ce que chacun ait un rôle à jouer. Et force est de constater que cela fonctionne plutôt bien. A Dipanda la défense, à Mem la mène, à Porte les rotations sur l’aile. En bleu, l’abondance de biens ne nuit pas forcément. Pour la première fois de sa carrière internationale, Valentin Porte doit composer avec une concurrence plus acérée que jamais. Mais il sort de ces six derniers mois avec Montpellier encore plus fort qu’il ne l’était encore avant. Un nouveau point à mettre dans sa colonne positif quand il faudra écrire la liste pour partir en Allemagne.

Kevin Domas

HandNews & CasalHand

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