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Derrière Metz, ça va batailler
Sans dire que les jeux sont faits avant que la roue ne soit lancée, Metz part en grand favori dans ce nouvel exercice. Derrière, il y aura match pour se disputer les places sur le podium qui sont de plus en plus chères. La Ligue Butagaz Energie fait sa rentrée.
Les saisons se suivent et commencent à se ressembler en haut du tableau de cette Ligue Butagaz Energie. Après avoir largement dominé l’exercice précédent, Metz repart comme le gros favori et le président de son principal rival, Brest, qui dispute aussi la Ligue des Champions n’a pas hésité à l’avouer lors de la conférence de presse de rentrée. « En championnat, l’objectif c’est de faire mieux tous les ans. Il faudrait qu’on arrive sur la deuxième place. Je pense aujourd’hui que Metz est un ton au-dessus de nous, on va essayer de réduire l’écart déjà ». Encore une fois, Metz risque ne pas laisser grand-chose à ses adversaires tant l’effectif, malgré les départs, la blessure de Xenia Smits, reste solide et impressionnant. C’est d’ailleurs ce que les Lorraines ont montré en préparation, notamment lors du Challenge Caraty où elles sont venues à bout de Buducnost (30-24) avant de s’incliner face à Györ (28-34). Le bilan reste tout de même positif avec seulement deux défaites pour sept victoires lors de la préparation estivale. Elles devront le confirmer ce mercredi en déplacement face à une belle équipe de Nantes qui aura son mot à dire sur ce match d'ouverture.
Il faudra une nouvelle fois se battre derrière pour se faire une place sur le podium et pourquoi pas titiller le quadruple tenant du titre. L’an passé c’est Nice qui a surpris tout le monde en éliminant Brest en demi-finale du championnat, se hissant ainsi pour la première fois de son histoire en finale et validant aussi son premier ticket européen. « On ne s’enflamme pas, on sait d’où on vient et on sait ce que l’on a, se méfie Marjan Kolev. On essaiera de finir comme des gagnants, pas forcément avec un titre mais avec du positif. La saison dernière clôturait un projet de trois ans qui avait commencé en 2016, on avait pour objectif de terminer dans le top 5 et ça a été fait ».
Si Nice n’était pas forcément attendu à ce niveau la saison passée, il faudra très probablement compter sur Nantes et Besançon, aussi européens cette saison qui ont les moyens de figurer dans ce trio de tête. Les Ligériennes auront deux joueuses d’expérience en plus, qui entrent pleinement dans le projet d’Allan Heine, qui tente d’apporter sa touche danoise à cette formation avec les arrivées de Lotte Grigel et de Stine Bodholt. Elles pourront aussi compter sur le retour d'Alexandrina Cabral-Barbosa qui effectuera son retour de grossesse. « L’arrivée d’Allan a été très importante, reconnaissait Arnaud Ponroy. Il essaie d’apporter une expérience différente et un handball différent avec sa culture danoise ». Besançon a aussi envie de mieux avec un groupe qui n’a pas trop changé par rapport à la saison passée (trois arrivées aussi). Cela fait désormais trois années de rang que les Bisontines arrivent à disputer une coupe d’Europe et voudraient continuer de pérenniser cela, malgré la concurrence qui ne cesse de se développer en face avec un groupe jeune, qui continue de progresser et qui pourrait se montrer intéressant en haut du classement.
Chambray, discret mais présent aussi en play-offs depuis son arrivée dans la Ligue Butagaz Energie espère grandir (trois participations en quatre saisons dans l'élite). « Il faut rester ambitieux, on aimerait accéder à la cinquième place qui pourrait changer la donne au niveau européen mais tous les clubs sont ambitieux et travaillent. Le plus important est de trouver une place et d’essayer de la garder, avoue Guillaume Marques. A côté, Toulon s’est aussi renforcé et pourra prétendre à une place un peu plus prestigieuse que sa huitième de la saison passée. Si les Varoises gagnent en régularité par rapport à ce qu'elles ont pu montrer, elles pourront aussi espérer un quart de finale plus abordable que celui disputé au printemps dernier contre Metz et titiller un peu plus d'équipe avec les joueuses d'expérience que dirige Sandor Rac.
Du neuf à Fleury et Paris
On attendra aussi la réponse de Fleury et de Paris 92 qui ont connu de gros changements pendant l’intersaison. Les Loirétaines ont changé de président et vont devoir évoluer dans un contexte local particulier, comme Christophe Cassan n’a pas manqué de le rappeler. « L’an passé on rate le top 4 d’un but, on est déterminé pour se lancer dans un nouveau cycle. Les moyens humains et sportifs sont là mais le contexte local reste compliqué. On touche une subvention de 20 000 euros quand nos concurrents du basket et du foot touchent un million. On reste déterminé pour pouvoir relever ce défi ». Dans une toute autre configuration, Paris a perdu Arnaud Gandais, figure emblématique du club qui avait repris l’équipe il y a deux saisons et qui avait brillamment réussi à se maintenir malgré une saison galère, entremêlée de départs de blessures. La tâche est désormais entre les mains de Yacine Messaoudi, l’ancien entraineur du centre de formation de Metz, qui connait bien le club et qui bénéficie de la venue d’Allison Pineau, qui elle aussi n’a pas été gâtée la saison dernière à Brest. Les ambitions semblent donc différentes, avec notamment le retour de Tamara Horacek qui a fini de soigner son genou blessé et qui a hâte de retrouver ce maillot avec un coach qu'elle connait bien. « C’est un plaisir de relever ce challenge. J’ai retrouvé un groupe jeune avec l’envie de travailler, comme ce que j’ai connu au centre de formation. Il y a une équipe dirigeante nouvelle, c’est l’année du renouveau, ce qui nous intéresse c’est d’avoir une base de croyances et de valeurs communes sur lesquelles on va s’appuyer et avec le travail progresser tout au long de la saison ».Maxime Cohen (avec K. Domas).