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Une rentrée bien particulière

, par Dalibor

Demain reprend la Ligue Butagz Energie. Après près de six mois d'arrêt, et dans une atmosphère curieuse, comme si personne ne savait vraiment où il allait.

C'est l'heure de la rentrée des classes ! Deux semaines avant son homologue masculine, la Ligue Butagaz Energie va retrouver le chemin des salles demain et, s'il y a bien un mot qui revenait régulièrement dans les bouches de tous les participants au rassemblement la semaine passée à la Maison du Handball, c'était "particulier". Il faut dire que la saison dernière s'est terminée abruptement, la faute à la crise sanitaire du Covid-19. Ni Brest, ni Metz, en tête au soir de la dernière journée jouée, n'ont été sacrés champions, accentuant encore le goût d'inachevé dans la bouche des participants. "On travaille comme des fous, avec le public, c'est extraordinaire, mais à la fin tu n'as rien, si ce n'est de te dire qu'il va falloir encore plus bosser la saison prochaine. C'est hyper frustrant" relève Laurent Bezeau, dont le BBH, tout comme le Metz Handball était encore en course pour un Final Four potentiel de Champions League. A Fleury, on avait encore les play-offs en point de mire. Et si l'aspect sportif rentre évidemment en compte, c'est aussi niveau financier que la fin de saison a fait mal. "On rate les play-offs, qui sont le moment où on remplit les salles, mais aussi où on peut signer des partenaires supplémentaires. Du coup, cette saison, on va encore plus regarder à l'euro prêt" témoigne Sabine Guillien Heinrich, la présidente.

"Personne ne sait où il en est"

De cette saison arrêtée net, il faut désormais faire table rase. Au sortir d'une préparation que presque toutes les écuries ont vu perturbée par le coronavirus, bien malin celui qui arriverait à établir une hierarchie. "On est à dix jours de la reprise, on a joué un match amical et demi. Personne ne sait vraiment où il en est" soupire Emmanuel Mayonnade, le coach messin. Qui décrit l'été de ses filles de manière assez singulière. "On ne cherche pas qu'à bâtir du jeu, mais aussi une cohésion de groupe. Et ça, on n'a pas pu le faire. Mes deux gardiennes ne se sont pas vues pendant des semaines, certaines joueuses de champ, pareil. C'est dramatique" souligne-t-il. Et cela pourrait, surtout aboutir à un certain nivellement des valeurs, au moins en début d'exercice. "On est tous au même point, toutes les équipes ont été perturbées et si, sur une rencontre, il te manque deux ou trois joueuses, ce ne sera pas la même histoire" note l'entraineur nantais Guillaume Saurina de son côté. Sa formation, qui a recruté malin pourrait bien être un des trouble-fêtes, derrière les deux favoris Brest et Metz.

Le quasi status-quo à Brest, avec seulement trois nouvelles joueuses, offre forcément le statut de favori aux Bretonnes. Avec un effectif stabilisé et aucun cas de covid dans l'effectif pendant la préparation, les filles du BBH ont forcément une petite longueur d'avance sur la ligne de départ, d'autant plus que Metz change de cycle. Laura Flippes, Xenia Smits, Grace Zaadi, Laura Glauser ont toutes choisi de voguer vers d'autres cieux, donnant une allure de fin de cycle en Lorraine. "Ca y ressemble effectivement" sourit Mayonnade. "Ce dont je suis sûr, c'est qu'on sera bien. Mais au vu des objectifs du club, il va falloir être très très bien, et très rapidement." Les deux locomotives semblent tout de même un cran au dessus de la concurrence, incarnée certes par Nantes mais aussi par Paris, qui a recruté malin, et par Fleury, troisième la saison passée.

"Ne pas faire croire n'importe quoi aux gens"

Mais si retrouver les terrains offrent une vraie bouffée d'air à des joueuses qui ont souffert de l'arrêt des compétitions, tout n'est pas rose pour autant. La menace d'une contamination est toujours présente et on va certainement aboutir à des reports de match à un moment ou à un autre. D'ailleurs, l'entraineur de Bourg de Péage Camille Comte tient à ce que tout le monde reste lucide sur la situation : "Ne croyez pas que cette saison sera la même que la précédente. Je crois qu'il ne faut pas faire croire n'importe quoi aux gens. Il va y avoir des reports de matchs, il va y avoir des problèmes de calendrier, j'espère que cela en restera là mais il faut garder les yeux ouverts. Cette saison sera différente de toutes les autres." Ses homologues ne disent d'ailleurs pas autre chose. "Je me suis préparé à ne pas jouer un match avec telle ou telle joueuse. On sait que, même en faisant attention à tout, on n'est pas à l'abri d'être touché" ajoute Laurent Bezeau.

Faire attention, c'est bien le message qui a été transmis à toutes les joueurs du championnat. La moindre erreur, la moindre prise de risque sera immédiatement punie. Et chez certains, cela devient presque de l'obsession. "On vit dans un stress permanent, chaque moment de la vie devient anxiogène. On se fait tester, on vit dans le stress du résultat, on se dit qu'on peut attraper le covid partout, c'en est presque oppressant" déplore Mayonnade. Alors certains essayent quand même de se rassurer, à l'image de Jérôme Delarue. Son club a bien pâti de la crise, puisque la nouvelle tribune de sa salle ne sera finalement livrée que cet hiver, mais le technicien essaye de relativiser. "On sait que le risque est là, mais il faut vivre avec. Si on pense au covid matin, midi et soir, ça devient problématique. On intègre cette donnée et on sait qu'on aura ça au-dessus de la tête toute la saison" sourit-il. Car le covid, pour la Ligue Butagaz Energie, c'est un peu ça. Une épée de Damoclès avec laquelle il va falloir faire. Et cela ne va pas toujours être simple.

Téléchargez le calendrier de la saison 2020/2021 de la Ligue Butagaz Energie 

Kevin Domas

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