CDM (F) – Finale

G. Zaadi : “L’impression que c’est nous qui avons perdu le match”

crédits : FFHB

La France a perdu en finale des championnats du monde contre la Norvège après un match à deux visages. Les joueuses des deux équipes ont réagi après-match.

Olivier Krumbholz (sélectionneur français) : “On a fait une première partie de rêve, puis on a fait de très grosses erreurs au moment du +6. Et ce n’est pas possible de faire des erreurs pareilles si on veut battre ce genre d’équipe.
Les Norvégiennes ont repris de l’énergie, elles s’en sortent bien au niveau du score avec la domination qu’on a pu avoir. Et après elles nous ont marché dessus. Elles sont vite revenues au score, et ça nous a mis un coup au moral. À ce moment là en plus, on a loupé pas mal de tirs et derrière c’était impossible, la dynamique avait changé. Pourtant on s’est battu en défense avec bravoure. Les gardiennes se sont battues. Mais elles ont été plus rapides, plus précises au tir et à la passe. plus puissante au tir. Donc ça fait beaucoup trop. Elles étaient plus fortes que nous en deuxième mi-temps. C’est bien d’avoir fait c’est 20 premières minutes, après on n’avait plus les moyens pour tenir 60 min.

Ouais la fin de la première période a cassé la dynamique. Surtout on n’a pas été performant dans le jeu en surnombre dans les 10 dernières minutes, alors qu’on avait les occasions. Un ballon perdu, 2min, interception… mais quoiqu’il en soit, il faut rien regretter. On a montré qu’on a été capable de très bien jouer par moment. On a montré qu’on est capables de mettre en difficulté. Mais faudrait avoir de déchets.

Moyen physique ? Vous leur demanderez, c’est elles qui peuvent parler mais j’avais l’impression effectivement qu’on était un peu lent, imprécis, un peu perdu, et presque hagard. En attaque on a plongé de plus en plus en cherchant à faire des actions individuelles. On n’a pas réussi à mettre nos tireurs en position. Comme j’ai dit, il faut travailler. C’est une très belle médaille mais aussi un avertissement qui montre qu’on a eu énormément de mal à battre le Danemark, on perd largement contre la Norvège… Si on veut faire un grand résultat pour Paris 2024, il va falloir qu’on progresse énormément.

Il faut que les filles retravaillent le tir. Le problème, c’est qu’il y a tellement de matchs que les coachs font comme tout le monde : beaucoup de tactique. Mais c’est quand même la plus grosse lacune de l’EDF des 3 derniers matchs et c’est pas nouveau, donc il faut qu’on travaille.”

Coralie Lassource (capitaine et ailière de l’Equipe de France) : “Je ne sais pas si ça va nous hanter longtemps, je sais juste que pour l’instant on est déçu, forcément. On s’attendait à mieux surtout au vu de la 1er MT. C’est la loi du sport. Après avec du recul, on sera content de cette médaille. Parce que faire une finale quelques mois après une finale olympique, c’est quand même quelque chose d’extraordinaire. A chaud c’est compliqué d’en parler et d’être satisfait de cette médaille, mais ça viendra avec le temps.
On a fait un flop total. Est-ce que c’est physiquement, mentalement ? Elles sont revenues de la mi-temps plus fortes. Nous, peut-être un peu trop sereine. Je n’ai rien pour qualifier notre 2è mi-temps.”

Grâce Zaadi (demi-centre de l’Equipe de France) : “L’impression que c’est nous qui avons perdu le match. Je ne veux pas dire que la Norvège ne l’a pas mérité, ne l’a pas cherché. Elles sortent du vestiaire à la pause avec beaucoup d’agressivité. Nous, on savait qu’elles reviendraient fortes, mais on n’a pas mesuré à quel point et comment elles pouvaient le faire. C’est exactement la sensation que j’ai et c’est pour ça que j’ai de la frustration ce soir car j’ai l’impression qu’on les a laissées prendre ce match. Et quand on a voulu réagir c’était trop tard.
Il y aurait fallu qu’on refasse la même première mi-temps où on a été plus audacieuse. On les a embêtées défensivement. En deuxième, elles ont déroulé comme elle voulait. Un peu simple mais voilà. Je n’ai pas envie de me cacher derrière la fatigue. Mais j’arrive usée en fin de compétition. Je reste quand même persuadée qu’on avait les ressources, certes il y a de la fatigue mais pas envie de me cacher derrière ça. On a essayé tant bien que mal de créer de quelque chose, mais ça a été sans succès.
J’pense que les gens ne mesurent pas à quel point c’est difficile de répéter tous ces efforts. C’est la même pour tout le monde, c’est le rythme qui est le notre aujourd’hui. Mais aller chercher la médaille d’or, et quatre mois après avoir les crocs pour aller chercher cette médaille faut le faire. Ce n’est pas simple.”

Allison Pineau (demi-centre de l’Equipe de France) : “Cette fin de première mi-temps nous coûte un peu cher. Les Norvégiennes l’ont dit, ces deux buts qu’elles marquent à ce moment-là ont été importants mentalement. C’est frustrant mais dans quelques jours je pourrai savourer cette médaille. En seconde période, ça a été fantomatique. En finale, tu sais que tu ne pourras pas aller au bout en marquant six buts. On s’est perdues car elles sont revenues très vite au score. Ça nous a impactées mentalement. On a bien senti qu’on avait perdu le fil de ce match et on n’a pas su trouver les clés pour inverser la tendanceLes organismes souffrent. On n’a pas eu le même tableau que les Norvégiennes, certaines filles ont joué beaucoup plus que d’autres. Cette médaille sera sans doute dans mon top 5 car 2021 aura été un très beau cru.”

Béatrice Edwige (pivot de l’Equipe de France) : “J’ai essayé de savoir, j’ai posé des questions pour savoir comment ça s’est passé. Au moment où elles reviennent on se perd un peu dans nos principes défensifs et ça nous met dedans. C’est surtout qu’après on ne marque pas. La gardienne a été désignée joueuse du match je pense et on ne marque pas, à 6 mètres, à 9 mètres, elles ferment. Donc c’est compliqué, contre les Norvégiennes, d’essayer de les tenir en attaque. Et si on ne marque pas à côté ça devient très très difficile. Tout s’explique sur ça.”

Estelle Nze Minko (arrière de l’Equipe de France) : “La balle du +7 ? Bien sûr que c’est un tournant, à ce moment-là on peut marquer. En plus de ça, c’est improbable de prendre deux minutes en attaque. Ouais, fait chier. Est-ce que ça a joué mentalement ? Ouais, même si à ce moment-là du match on est encore dans le truc et c’est un fait de jeu qui était chiant clairement. Mais elles sont quand même deux de moins sur le terrain, il y a encore moyen de compenser mais ça ne se passe pas comme ça.

On est venues ici sans trop savoir où on mettait les pieds. On fait un parcours sans faute alors qu’on avait un premier tour hyper compliqué. On gagne tous nos matches, on a toute la team scandinave entre quart, demie et finale, donc cadeau le Championnat du monde. On a même pas un petit Kazakhstan ou Iran sur le chemin. Un match tous les 2 jours. Donc ce n’est pas simple. Après, c’est pareil pour tout le monde. On ne va pas cracher sur la médaille, on a démontré qu’on faisait encore partie des meilleures équipes, qu’on était capables d’accrocher un résultat et de se mobiliser 4 mois après avoir conquis l’exceptionnel. Donc voilà forcément les sentiments sont un peu mélangés car on est déçues de notre 2e mi-temps qui est, je pense, la moins bonne de toute notre compétition. Mais j’espère que les prochains jours on arrivera un peu à regarder en arrière et à être fières du chemin parcouru.”

Stine Oftedal (demi-centre de l’Equipe de Norvège) : “Je suis très fier, on a eu des difficulté en première mi-temps, mais en 2e honnêtement je ne sais pas ce qu’il s’est passé. On est resté très calmes et on a parlé de quelques détails comme mieux couvrir la pivot, aller plus vite dans les contre-attaques, essayer de changer le moment et on a réussi.
On a étudié la France contre la Suède et le Danemark évidemment. Mais ils ont fait pareil avec nous. Ça se joue à qui frappera le mieux. France Norvège, c’est sur les détails et à qui réussira le mieux à appliquer sa tactique sur le terrain. Au début ils l’ont fait, après c’était nous.
Silje elle est honnêtement incroyable. C’était exactement ce dont on avait besoin pour changer le match. Elle est juste magique.”

À Granollers, Nolann Rock

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8 CommentairesPoster un commentaire

  1. T44 - le 20 décembre 2021 à 01h17

    Heureux de voir que Monsieur Krumbholz est conscient des lacunes au tir chez les joueuses françaises peut être que ça va enclencher ENFIN une réflexion sur ce secteur de jeu qui que ce soit chez les garçons ou les filles est souvent le point mort de la formation à la française et avec les gestes comme routines qui sont souvent un point mort dans les sports de balles français, où l’on préfère à la vision stakhanoviste du geste une vision plus french flair plus déséquilibrante plus talentueuse peut être aussi mais aussi moins réguliere.

    Que l’individualisme talentueux et la prise de risque soit l’ADN de la formation dans le sport français OK et ça marche plutôt bien mais il faudrait mettre un peu plus en avant tout ce que le sport à de routine technique et physique, au handball c’est le tir, au basket le shoot, au tennis le service etc… Que au moment du geste la mémoire musculaire a elle seule fasse plus de la moitié du geste ce qui empêche de trop gamberger alors c’est peut être plus lisible comme geste mais bien fait c’est presque instopable.

    • Chabalabala - le 20 décembre 2021 à 20h45

      La mémoire musculaire, répétition des gestes, c'est la formation de sortes de noyaux de protéines susceptibles de booster les fibres musculaires .. En fait, on en parle surtout pour marquer la différence entre un ancien athlète qui s'y remet et un mec lambda, sans noyaux, donc., qui va beaucoup plus galérer…
      Pas sûr que ça s'adapte au très haut niveau, où le système nerveux central, donc le cerveau et la moelle épinière, reste maître d'oeuvre, pour les chabala comme pour les missiles à 11m…

  2. Gejihel - le 20 décembre 2021 à 06h40

    Que s’est-il passé dans leur tête pour gâcher et sacrifier une finale où elles eurent la balle du + 7 en double supériorité numérique ? Incompréhensible !

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