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Lucie Modenel : « J’y pense depuis que je suis petite"

Pour la première fois de sa jeune carrière, Lucie Modenel découvre les portes de l’équipe de France A. Appelée pour le rassemblement d’avril en raison de l’incertitude entourant Fatou Karamoko, la joueuse de Chambray Touraine Handball vit un moment à part. Entre émotion, ambition et lucidité sur son parcours, elle se confie à HandNews, quelques heures après la grande nouvelle.
Pièce maîtresse du collectif de Camille Comte, actuellement troisième de Ligue Butagaz Énergie derrière les intouchables Metz Handball et Brest Bretagne Handball, la demi-centre polyvalente savoure cette reconnaissance tout en gardant les pieds sur terre.
HandNews : Qu’as-tu ressenti en apprenant ta première convocation avec les Bleues ?
Lucie Modenel : "C’est un plaisir, je ne sais pas si je l’imagine déjà, si c’est réel… J’ai l’impression que c’est mon anniversaire ! Je reçois des messages et des appels depuis ce matin. Il y a plein d’émotions, de la fierté. C’est le fruit de beaucoup de travail. Je suis appelée pour le stage, ce qui est déjà beaucoup pour moi. L’équipe de France, j’y pensais, mais sans notion de temps, sans rien définir. Mais j'avoue que j’y pense depuis que je suis petite."
HN : Ta saison avec Chambray, actuellement troisième, a-t-elle renforcé ta visibilité auprès du staff des Bleues ?
LM : "L’équipe de Chambray est belle et complète, avec un collectif avant les individualités. À présent, j’ai un rôle de cadre, je ne suis plus la petite jeune qui arrive. L’objectif est de garder mon identité en équipe de France, de passer un bon moment, mais surtout de travailler, d’apprendre dans ce groupe mêlant jeunesse et expérience. Aujourd’hui, c’est que du bonheur. Le stage sera aussi l’occasion de revoir des joueuses de ma génération."
HN : Tu arrives en équipe de France dans un contexte particulier, avec l’incertitude autour de Fatou Karamoko : comment abordes-tu cette situation ?
LM : "J’espère faire au moins un match, ce serait incroyable, je ferai le maximum. Après, je reste compétitrice et il y a un gros objectif ce week-end avec Chambray en Coupe de France face à Dijon. Focus sur la Coupe, et ensuite basculer vers le rassemblement."
HN : Après ton parcours chez les jeunes, avec notamment un rôle de capitaine en U19, considères-tu cette sélection comme une suite logique ?
LM : "Je dirais que c’est plus à part. Il y a des jeunes joueuses comme Sarah et Léna (ndlr : Bouktit et Grandveau) qui ont performé avant avec un niveau supérieur. J’ai un jeu très polyvalent. On peut dire que je prends du retard partout, qu’il me faut plus de temps pour apprendre par rapport aux autres. Mais ce n’est pas incompatible avec une vraie place en équipe de France sur le long terme."
HN : Effectivement, ton profil polyvalent rappelle celui d’Estelle Nze Minko, avec une maturation peut-être plus tardive, mais une vraie plus-value sur le terrain…
LM : "Je prends le compliment avec grand plaisir. Ce n’est pas la première fois que j'entends ce nom aujourd'hui : Manon Houette, que j’ai eue au téléphone, me l’a aussi dit. Oui, je suis capable de jouer à plusieurs postes, mais il y a encore beaucoup de travail à effectuer et ce premier stage en sera la continuité."
Entre excitation et maîtrise, Lucie Modenel aborde cette première immersion chez les Bleues avec la fraîcheur de la découverte et la maturité acquise ces derniers saisons à Chambray. Consciente de l’opportunité qui s’offre à elle, la demi-centre ne brûle pas les étapes, préférant s’inscrire dans un processus d’apprentissage au sein d’un collectif exigeant. Dans un groupe en quête de solutions et de profils polyvalents, son nom pourrait bien s’installer durablement dans le paysage tricolore.
À Tours, Thomas Mathiot