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Győr retrouve le toit de l’Europe

Dans la finale du quatrième Final4 de la Ligue des champions féminine, Győr a d’abord maîtrisé la rencontre puis le Vardar a égalisé et arraché une prolongation. A la fin de cette dernière, les Hongroises se sont imposées d’un but et ont été sacré championnes d’Europe pour la troisième fois de leur histoire.

Győr a décroché à Budapest son troisième titre de champion d’Europe. (Photo : Nemzeti Sport/Koncz György)

Une première pour le Vardar

La finale proposait une affiche inédite entre les Hongroises de Győr, doubles vainqueurs de la compétition et finalistes la saison passée et les Macédoniennes du Vardar Skopje qui se sont qualifiées pour leur toute première finale après trois médailles de bronze consécutives.

En demi-finales, Győr a maîtrisé le Buducnost (26–20) tandis que le Vardar, appliqué et porté par une motivation exceptionnelle, n’a laissé aucune chance aux Roumaines du CSM Bucuresti (38–33), pourtant tenantes du titre.

Les Hongroises avaient donc dans l’optique de remporter une nouvelle fois la plus belle des compétitions alors que le Vardar, dont la performance contre les Bucarestoises est déjà un exploit, pouvait s’autoriser à rêver d’encore mieux.

Après le succès du club de Skopje hier, l’ailière Jovanka Radicevic – qui a remporté la Ligue des champions avec Győr en 2013 – a déclaré : « Notre heure est maintenant arrivée. Je vais essayer de mettre de côté les sentiments contre Győr car nous aimerions beaucoup gagner. Nous nous battrons jusqu’au bout en finale aussi ».

Anita Görbicz, meilleure buteuse de la première demi-finale avec 9 réalisations, a souligné : « Toute cette semaine, nous nous sommes préparées plutôt mentalement que physiquement pour ce match. Notre équipe est composée de remarquables joueuses, nous ne pouvons cependant bien jouer que lorsque nous profitons du jeu. Aujourd’hui, toute l’équipe a profité ».

L’entraîneur de l’équipe de Hongrie féminine, Kim Rasmussen, qui a décroché le titre la saison passée avec le CSM, a estimé de son côté : « Győr a joué comme une machine parfaitement réglée ». D’après le coach danois, « celui qui s’arrête lutter avec Győr perdra, c’est aussi simple que cela ». Il a également confié être là « pour regarder les joueuses hongroises mais aussi pour profiter des rencontres ».

Un match disputé qui s’est terminé en prolongation

La partie a commencé sur un très fort tempo, avec un jeu fluide et des buts rapides de part et d’autre. Les défenses et les gardiennes n’ont dans un premier temps pas réussi à attraper le fil du match et les deux équipes ont marqué sur quasiment chacune de leurs actions, expliquant le score élevé dès le début (10e : 7–6). Le Vardar a poursuivi sur sa lancée et son euphorie de la demi-finale victorieuse contre le tenant du titre. De son côté, Anita Görbicz a également continué sa performance de la veille avec déjà 5 buts, depuis l’aile droite et sur penalty. Les attaques macédoniennes sont cependant devenues plus longues et passives par la suite, ce dont a profité Győr pour mener de trois longueurs (13–10). Les Hongroises ont retrouvé leur solide défense conjuguée à des parades de Kari Aalvik Grimsbo, tandis qu’en attaque, Ambros Martin a effectué plusieurs rotations. Manquant de solutions offensives, les Skopiotes sont restées plus de dix minutes sans marquer, laissant Győr prendre son écart le plus important (25e: 14–10) avant de retourner aux vestiaires avec trois longueurs d’avance : 15–12.

En seconde période, la différence entre les deux équipes est longtemps restée la même, avec Győr menant de 2-3 buts, le Vardar ne parvenant pas à recoller davantage (40e : 19–16) malgré plusieurs ballons perdus de la part des Hongroises. La concentration des deux formations en début de match a progressivement baissé au fil de la deuxième période : les championnes de Hongrie n’ont de leur côté pas réussi à se détacher à cause de nombreuses erreurs d’inattention si bien que le Vardar s’est relancé (20–19) rendant la fin de rencontre toujours ouverte. Les équipes se sont répondues en marquant chacune à leur tour à l’entame des dix dernières minutes jusqu’à ce qu’Anja Althaus n’égalise (52e : 24–24). Au terme d’un suspense haletant et dans une superbe ambiance, aucune formation n’a réussi à marquer le but de la victoire après 60 minutes (26–26), une prolongation a donc suivi le temps réglementaire.

Bien qu’ayant marqué l’ultime but égalisateur, le Vardar a mal géré le début de la prolongation, laissant Győr retrouver son jeu et sa confiance (29–26) avant de régler la mire et recoller à une longueur (29–28) à la fin des cinq premières minutes. Ensuite, l’écart a oscillé entre un et deux buts en faveur de Győr qui est, cette fois, parvenu à le conserver jusqu’au coup de sifflet final (31–30). Le club magyar a donc décroché son troisième sacre européen après avoir échoué aux tirs aux buts la saison dernière.

Ligue des champions féminine, Final4, Finale
GYŐRI AUDI ETO KC–VARDAR SKOPJE 31–30 (15-12, 26-26)
Budapest, Papp László Sportaréna, 12 000 spectateurs. Arbitres : Christiansen, Hansen (danoises)
GYŐR : Görbicz 7, Groot 6, Mørk 6, Amorim 3, Bodi 2, Broch 2, Knedlikova 2
Entraîneur : Ambros Martin
VARDAR : Althaus 6, Lacrabère 6, Lekic 4, Penezic 4, Radicevic 4, Mavsar 3, Herrem 2, Lazovic 1
Entraîneur : Irina Dibirova
Penaltys : 3/3, 4/5
Exclusions : 12 mins, 10 mins

Lacrabère : « On fait jeu égal avec Győr jusqu’à la fin »

En zone mixte, Barbara Lazovic et Alexandra Lacrabère ont toutes deux insisté sur l’arbitrage. L’arrière slovène a affirmé : « Nous avons bien joué, nous nous sommes battues mais ce sont les arbitres qui ont joué le plus grand rôle dans ce match. Nous devons quitter le terrain comme si nous étions les vainqueurs. Nous avons conservé notre énergie aujourd’hui malgré le fait d’avoir joué le deuxième match hier ». L’internationale française nous a quant à elle confié : « Le handball progresse de plus en plus mais les arbitres ne progressent pas à notre rythme et cela peut faire jouer une carrière. On fait jeu égal avec Győr jusqu’à la fin, on fait des fautes comme elles en ont faites donc il n’y a rien à dire à part l’arbitrage. Ce serait cracher dessus que de jouer une finale de Ligue des champions et de ne pas être heureuse, surtout avec ce qu’il m’arrive cette année, avec l’équipe de France : je fais trois médailles en un an donc c’est extraordinaire. Forcément, j’aurai voulu gagner la médaille d’or mais je vais continuer personnellement à travailler pour être encore meilleure. L’année prochaine, nous récupérerons Dragana Cvijic mais garderons la même ossature, ce qui n’était pas le cas les dernières années, il faut se construire petit à petit ».

Mørk : « Je ne pourrais pas être plus heureuse »

Nora Mørk, l’arrière norvégienne auteure de six buts, a déclaré : « C’était un match crucial. Nos adversaires ont toujours eu de l’énergie pour revenir au score. C’est en prolongation que j’ai senti que nous pouvions gagner. J’étais beaucoup plus stressée aujourd’hui qu’hier car l’enjeu était de nous qualifier pour la finale. Nous avons atteint notre objectif, je ne pourrais pas être plus heureuse. Ni notre saison ni ce match n’a été parfait mais nous avons une très bonne équipe. Ma première saison à Győr n’aurait pas pu mieux se dérouler ».

El Ghaoui : « C’est un rêve qui se réalise »

« Ce que je vis aujourd’hui est énorme, ma vie a changé ces trois derniers mois. Gagner la Ligue des champions, c’est un rêve qui se réalise pour moi. Je suis très contente de jouer avec des joueuses pareilles, avec un staff parfait. Ma carrière a fait un virage à 180 degrés car j’étais avant dans une équipe qui ne jouait pas la Ligue des champions et maintenant, je suis dans la meilleure équipe du monde. L’année prochaine, je vais travailler pour progresser et avoir plus de temps de jeu » – nous a dit la pivot tunisienne, naturalisée hongroise, Asma El Ghaoui, pour laquelle il s’agissait aussi de la première saison à Győr.

Réaction des entraîneurs en conférence de presse

Ambros Martin : Il faut avouer que le souvenir de l’année dernière est quelques fois réapparu mais maintenant, nous avons réussi à gérer différemment la situation. Nous avons joué de manière plus libérée et plus mature. Je dois également évoquer le Vardar qui a été un adversaire digne en finale et qui mérite des félicitations pour sa performance durant toute la saison. Leur équipe a beaucoup progressé.

Irina Dibirova : L’ambiance était superbe, les supporters étaient fantastiques. Bravo à Győr mais je souhaiterais aussi remercier mon équipe. Ce n’était pas évident de changer trois fois d’entraîneur pendant la saison. Je suis fière de mon équipe.

Le bilan des Françaises

Bien qu’il n’y ait aucune Française dans l’équipe championne d’Europe, toutes les Bleues présentent au Final4 repartent de Budapest avec une médaille. Gnonsiane Niombla (10 buts) Camille Ayglon-Saurina (3) décrochent le bronze sous les couleurs du CSM Bucarest, Alexandra Lacrabère (11) et Amandine Leynaud sont quant à elles finalistes de la Ligue des champions avec le Vardar Skopje.

Concernant les distinctions, Andrea Penezic (Vardar) a reçu le prix de meilleure buteuse de la saison avec 98 réalisations tandis que Nycke Groot (Győr) a été élue MVP du Final4.

A Budapest : Miklós Dorsch, Péter Kiss

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10 CommentairesPoster un commentaire

  1. bombjack4M - le 7 mai 2017 à 19h56

    Edouard Kokcharov qui se fait arracher le carton vert TM de la main par la table à 1 min de la fin du match… même en PN, j'ai jamais vu ça 🙂

  2. Sasori9 - le 7 mai 2017 à 20h07

    Il a craqué Kokcharov !!!!!
    Vardar a perdu parce qu'il ne sait pas maitriser le petit détail et il ne profite qu'à moitié les erreurs à foison de Gyor !!!!!
    Gyor ne sait pas tuer le match mais a bcp, bcp de chance ce soir.

  3. Bill - le 7 mai 2017 à 20h10

    Tout a fait logique, il existe une zone entre le banc et la table delimitee par une ligne qui fait que quand le coach la franchit il est oblige de poser le TM.

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