Euro 2018 (M)

Groupe B : comme on se retrouve

Dans le second groupe de l’Euro en Croatie, deux équipes se partagent le haut de l’affiche et deux tenteront d’exister. À Porec, France et Norvège s’affronteront une septième fois en moins d’un an, un match devenu un classique qui aura un lourd poids pour la suite de la compétition. Derrière, la Biélorussie et l’Autriche tenteront de passer ce premier tour.

France

Il y a des lendemains plus difficiles que d’autres. Après avoir remporté le mondial à domicile avec brio, les Français ont dû se séparer de Daniel Narcisse et Thierry Omeyer après des qualifications moins aisées que prévue. La sortie suivante en Golden League au Danemark a révélé l’importance de leur absence, et le besoin de trouver un nouvel équilibre pour Didier Dinart et ses hommes. Rajoutez le lot d’absences au poste d’arrière gauche, de Grébille à Accambray en passant par Nyokas, et les incertitudes au poste de pivot, Ludovic Fabregas souffrant depuis plusieurs mois et Luka Karabatic depuis quelques jours, et vous obtenez une équipe moins favorite qu’elle n’a pu l’être par le passé. Une situation délicate qui n’est pas sans rappeler les deux derniers Euros. En 2014, les Bleus l’ont emporté. Pas en 2016. De quel côté la pièce va-t-elle tomber cette fois ?

Le 7 majeur : Gerard (GB) – Guigou (AlG) – N. Karabatic (ArG) – Claire (DC) – Mem (ArD) – Porte (AlD) – Sorhaindo (Piv)

L’avis de Xavi Sabate

C’est une équipe totale. La France dispose de joueurs extraordinaires à tous les postes. Les Français dominent toutes les phases de jeu et sont emmenés par le joueur le plus complet du monde actuellement, avec Laszlo Nagy : Nikola Karabatic. Il domine dans tous les secteurs du jeu, prend les bonnes décisions et se montre décisif dans les moments déterminants. C’est ce qui fait la grande différence pour être un top joueur. De plus, la France dispose de joueurs tout terrain que tout entraîneur aimerait avoir, à l’image de Guigou, Porte ou Mahé. Les Français ont aussi des joueurs dotés d’une certaine magie, comme Abalo. A la défense de fer en 6-0 s’ajoute des gardiens de but qui arrivent à maturité après la retraite d’Omeyer. Que ce soit Gérard ou Dumoulin, les deux portiers arrivent à un moment optimum de leur carrière, avec des rôles principaux dans leur club respectif. Les nouveaux sélectionnés de ces dernières années (Tournat, Remili, N’Guessan et Fabregas qui est blessé) sont à un niveau très élevé, ce qui garantit le succès de la France dans le futur, que ce soit à court ou moyen terme. La France est la grande favorite de cet Euro.

Norvège

Et si cet Euro était enfin l’occasion pour la Norvège d’aller chercher sa première médaille en or ? L’équipe de Christian Berge a en effet peu évolué depuis 2016, est allé chercher l’argent en France, et possède une équipe rodée. Dans les buts Torbjorn Bergerud devra confirmer avec Espen Christensen à ses côtés. Sur les ailes Magnus Jondal et Kristian Bjornsen montrent jour après jour qu’ils sont peut-être la paire la plus efficace du moment, symboles d’un jeu de transition norvégien actuellement le plus performant au monde, à l’instar des féminines. Enfin, sur attaque placée, Sander Sagosen a les clés en mains pour débloquer les plus mauvaises situations, avec comme point d’appui l’expérimenté Bjarte Myrhol. La Norvège a ce qu’il faut pour aller au bout.

Le 7 majeur : Bergerud (GB) – Jondal (AlG) – Lie Hansen (ArG) – Sagosen (DC) – Tonnesen (ArD) – Bjornsen (AlD) – Myrhol (DC)

L’avis de Xavi Sabate

Que ce soit lors de l’Euro en Pologne en 2016 (4ème) ou lors du Mondial en France en 2017 (médaille d’argent), la Norvège a obtenu de grands résultats. L’équipe norvégienne s’appuie sur une grande défense 6-0, accompagnée par de grandes performances de son gardien. Mais selon moi, ce qui en fait l’une des meilleures équipes du monde est lié aux contre-attaques. La Norvège a réussi à former une équipe où pratiquement tous les joueurs attaquent et défendent, ce qui leur permet de mettre beaucoup de rythme pendant les matches. Ils peuvent faire des changements très régulièrement, mettre des buts sur montée de balle et, le plus important pour eux, diminuer le nombre d’attaques placées par match. Les Norvégiens disposent de l’un des joueurs capables de faire la différence au niveau mondial : Sander Sagosen. La Norvège est l’un des candidats pour une médaille lors de cet Euro.

Biélorussie

Si la Biélorussie s’est fait châtier au tour principal de l’Euro 2016 et en huitième du mondial 2017, il faut bien reconnaître qu’au moins elle était présente à ce stade de compétition. Dans une poule de qualification assez équilibré entre Serbie, Roumanie et Pologne, les Biélorusses ont su être présents et sortir à la première place. Le tirage ne leur offre pas beaucoup de place derrière la France et la Norvège, mais en cas de victoire d’entrée face à l’Autriche il se pourrait que les hommes en vert soient une épine dans le pied des deux premiers cités. Dirigée par le demi-centre du Meshkov Brest, Barys Pukhouski, la Biélorussie connait un renouvellement important encadré par le sélectionneur Iouri Chetsov et quelques cadres tels Dzianis Rutenka ou Maxim Babichev. Parmi les plus jeunes, certains joueurs ne bénéficieront plus de l’effet de surprise, à l’instar du pivot de Saint-Raphaël Artsem Karalek.

Le 7 majeur : Matskevich (GB) – Yurynok (AlG) – Kulesh (ArG) – Pukhouski (DC) – Shylovich (ArD) – Rutenka (AlD) – Karalek (Piv)

L’avis de Xavi Sabate

Ces dernières années, les biélorusses se sont toujours qualifiés pour les grandes compétitions et ont beaucoup progressé, s’améliorant à chaque évènement international. La Biélorussie s’appuie sur des joueurs très intéressants, jeunes et de qualité comme Karalek, un joueur très complet et déjà performant. Des joueurs avec davantage d’expérience comme Pukhousky, Shylovich ou Rutenka s’ajoutent aux forces vives de cette sélection. Leur défense 6-0 est constituée d’élements de grande taille, avec une dimension physique affirmée. En attaque, Nikulenkau et Pukhousky sont les moteurs de l’équipe. Ils apportent à l’équipe différents formats de jeu. La Biélorussie compte également des bons tireurs comme le jeune Kulesh. Sa qualification pour le tour principal de l’Euro dépendra de son premier match contre l’Autriche.

Autriche

Dire que l’Autriche est l’équipe la plus faible présente ce janvier en Croatie n’est pas lui faire injure. Qualifiés in-extremis, les Autrichiens sont orphelins de leur ancien gardien Nikola Marinovic, et ne pourront pas compter sur Raul Santos, l’ailier gauche de Kiel, blessé. L’autre Kieler Nikola Bilyk sera lui bien présent même s’il n’a pas joué tous les matches de préparation. Si la qualification au tour principal se fait, elle passera forcément par ce talentueux joueur. À ses côtés seuls Robert Weber, régulièrement meilleur buteur de Bundesliga avec Magdeburg, et Alexander Hermann bénéficient de solide références. L’avantage pour l’Autriche est que tous ses joueurs se connaissent très bien pour avoir jouer ensemble au pays à une certaine époque. La composition n’en reste pas moins très faible, et les deux défaites contre la République Tchèque cette semaine ne vont pas démontrer le contraire (23-26 ; 21-35).

Le 7 majeur : Pilipovic (GB) – Frimmel (AlG) – Hermann (ArG) – Bilyk (DC) – Bozovic (ArD) – Weber (AlD) – Wagner (Piv)

L’avis de Xavi Sabate

L’Autriche n’est pas une habituée de l’Euro. Le fait de participer à cet Euro croate est déjà un point positif pour cette sélection. Les autrichiens disposent de quelques joueurs de très grande qualité qui évoluent en Bundesliga, comme Bylik, Santos et Weber. Il est certain que leur objectif est de se qualifier pour le tour principal de l’Euro et de grandir en vue de l’Euro 2020 qui sera co-organisé par l’Autriche. Théoriquement, ils joueront leur qualification lors de leur premier match contre la Biélorussie.

Maxime Thomas (avec O. Poignard et K. Domas)

4 CommentairesPoster un commentaire

  1. Pseudo - le 11 janvier 2018 à 09h36

    La Biélorussie me paraît clairement au dessus de l’Autriche. A leur meilleur niveau, ils peuvent embêter beaucoup de monde, ils peuvent être plus dangereux que la Slovénie ou la Hongrie. Avec ses jeunes, cette équipe n’est plus celle qu’on a écrasé à l’Euro2016 (20-5 à la mi-temps avec un 9/9 de NK en 30min si je me souviens bien)

  2. Pseudo - le 11 janvier 2018 à 09h37

    Magnifique analyse de Sabaté ! Personnellement je ne sais pas si on est le grand favori, mais en effet on a des atouts nouveaux qui peuvent compenser les retraites et les blessures

  3. Nanasse - le 11 janvier 2018 à 12h32

    Dika MEM dans le 7 majeur. On oublie Remili alors et CLAIRE en demi? Et MAHE?

Afficher tous les commentaires

Laisser un commentaire

Champs requis *

Handnews sur Facebook
En direct Voir toutes les brèves