Préview N1 élite

Villeurbanne compte bien prouver sa valeur

Fabien Chazallet, Villeurbanne (crédits photo : Franck Malizia)

Notre tour d’horizon des promus en élite se poursuit avec Villeurbanne. Après l’annulation du projet de wild card et de fusion avec Lyon pour cette année, le club a maintenu le cap et poursuivi le renforcement de sa structure. Le VHA se présente en poule élite avec une équipe jeune, ambitieuse, et déterminée.

Le début de l’année 2020 a été plein de rebondissements pour le VHA. Dans la perspective du passage de la Starligue à 16 équipes pour 2021, deux dossiers de wild cards étaient en travail sur les métropoles de Bordeaux et Lyon, afin de créer des équipes et des clubs compétitifs dans ces bassins économiques qui ne présentent pour l’instant pas de handball en LNH. Côté lyonnais, les acteurs étaient prêts, avaient très bien avancé sur la salle et le budget, et avaient même sollicité l’ex-sélectionneur de l’équipe de France Didier Dinart.

Didier Dinart (France)

Il ne nous avait répondu ni oui ni non, mais nous avait dit qu’il pouvait étudier la proposition, nous détaille le manager général villeurbannais Semir Zuzo. Le projet de Lyon aurait la dimension de Didier si on pouvait prétendre à la Starligue. En tous cas il nous suit, il viendra peut-être passer une semaine à Villeurbanne où il pourra assister aux séances et faire des remarques. Quand on voit que Canayer le  fait intervenir, on pèse le privilège que c’est que de pouvoir compter sur lui.” Mais malgré toutes ces pistes prometteuses, l’avancée de la Starligue à 16 à cette saison a conduit à l’annulation du projet de wild card.

Le projet de fusion retardé

Clément Bludzien, Villeurbanne (crédits photo : Franck Malizia)

Néanmoins, le projet de fusion entre Villeurbanne et le Lyon Handball restait sur la table. “Dans la lignée de la wild card et dans l’intérêt général du handball, le club de Villeurbanne a vocation à être le club métropolitain de demain, explique le coach. On apporte le sportif et la structure, Lyon nous apporte le territoire.” Il était ici question d’une fusion-absorption (Villeurbanne, 420 licenciés, absorbait le Lyon Handball, 250 licenciés). Fusion qui a été acceptée à la quasi-unanimité côté Lyonnais (90% ont voté “pour”), mais qui n’a pas été acceptée au VHA. “Nous avons certainement failli dans la communication avec nos licenciés mais la convergence de la période de confinement et l’amalgame de certains changements dans l’encadrement et la politique sportive n’ont pas aidé.” Le faible nombre de votants (160 sur 420), et la présence de la quasi-totalité des licenciées d’équipes féminines (60), qui, jouant au même niveau que Lyon, n’ont aucun intérêt personnel à la fusion. “La fusion n’a donc pas eu lieu mais ne conditionnait en aucun cas notre capacité à réunir les fonds nécessaires et à remplir le cahier des charges du VAP, pondère l’entraîneur rhôdanien. Ce projet de fusion n’est qu’une étape, et nous le présenterons à nouveau en fin d’année prochaine. On espère que ça aura lieu, car il faudra in fine, même si cela est déjà le cas, que ce club de Villeurbanne devienne le club référent du handball masculin dans la métropole.

Nathanaël Lambert, Villeurbanne (crédits photo : Franck Malizia)

Formation : Une entente pour se hisser au meilleur niveau

Si la wild card et la fusion n’ont pu se concrétiser, une entente -18 CF a néanmoins pu voir le jour entre 7 clubs de l’agglomération. En effet, avec la décision fédérale de passer ce championnat de 90 à 72 équipes, les clubs de Villeurbanne, Lyon Handball, Bron, Caluire, Vénissieux, St-Priest et Vaux-en-Velin se sont assurés d’exister à ce niveau en mettant en commun leurs meilleurs éléments. Par ailleurs, cette dynamique répond aussi à un objectif de formation au haut niveau. “On va resserrer l’étau et faire ce que font Chambéry ou Montpellier qui attirent les meilleurs jeunes de leur région, nous dit Zuzo. Cela nous permettra de glaner des titres comme nous le faisons déjà avec nos sélections départementales, régionales et nôtre pôle mais ce que l’on veut aussi c’est former des joueurs qui pourront jouer directement à un niveau national élevé en sortant de cette équipe.

Adria Léon Morales, Villeurbanne (crédits photo : Franck Malizia)

Un effectif jeune et une préparation concluante

Cet intérêt pour la formation et la jeunesse, on le retrouve dans la construction de l’effectif du VHA qui ne présente que 2 joueurs de plus de 30 ans, et une moyenne de 22 ans pour ses recrues. Avec 2 départs pour 5 arrivées, le club du Rhône s’est renforcé et entame un cycle prometteur, avec des joueurs à forte marge de progression. “Je pense qu’on peut travailler avec ces jeunes pendant les 4-5 prochaines années pour qu’ils arrivent à maturité et atteignent le niveau pour la première division” expose l’entraîneur, qui évoque ainsi ses renforts internationaux comme Pau Oliveras Floreta ou Adria Léon Morales en provenance du centre de formation du FC Barcelone, l’international jeune israëlien Hen Livgot, mais aussi les jeunes du cru comme l’arrière gauche Yanis Dury (20 ans, arrière gauche), l’ailier Loïs Antignac (20 ans) ou les gardiens Lambert et Druguet.

Hen Livgot, Villeurbanne (crédits photo : Franck Malizia)

Un effectif qui sera donc jeune, prometteur et soudé après une préparation sportive aboutie. “La mayonnaise a très bien pris, on a passé beaucoup de temps ensemble et on a gagné 7 de nos 9 matchs de préparation. C’est donc très positif, résume le coach. Le seul point noir est la blessure de notre recrue Pau Oliveras (fracture du scaphoïde). On espère le retrouver dans 2-3 mois.” Autre déception, le pivot cubain Claudio Molis Morales n’a pas pu quitter les Caraïbes à cause de la situation sanitaire, et il est espéré qu’il puisse rejoindre ses coéquipiers d’ici la seconde partie de saison. Pour autant, cela n’inquiète pas outre mesure Semir Zuzo : “On aurait aimé pouvoir compter sur ces deux joueurs supplémentaires mais on reste armés pour jouer les premières places du championnat.

Déjà promus, une situation inédite

Armé sportivement et structurellement pour faire face à la saison à venir, le VHA va néanmoins se retrouver dans une position curieuse. En effet, seule formation VAP avec Caen, le club de Villeurbanne est déjà assuré de son accession en deuxième division pour l’exercice suivant. En coulisses, naturellement, “pouvoir travailler dès maintenant à la saison prochaine est un vrai luxe” se satisfait le coach et manager général, qui s’entretiendra avec la mairie de Villeurbanne fin Septembre et pourra déjà anticiper la Proligue.

Loïs Antignac, Villeurbanne (crédits photo : Franck Malizia)

Sportivement, ce contexte est plus nuancé car il implique de garder mobilisé toute la saison un effectif assuré de la montée. Mais “si d’un point de vue administratif les dés sont jetés, on veut montrer qu’on a notre place sportivement, annonce l’entraîneur. La situation peut être néfaste si les joueurs sont moins poussés à se dépasser, mais elle peut aussi permettre de jouer libérés. Ce n’est pas négligeable pour de jeunes joueurs de ne pas avoir l’épée de Damoclès que peut être l’obligation du résultat. J’aurai une réponse à cette interrogation d’ici un ou deux mois mais, pour l’instant, je sens chez eux une volonté de prouver qu’on n’a rien volé, qu’on a le niveau, et qu’on souhaite le démontrer sur le terrain.

Effectif 2020-2021 :

Gardiens : Grégory Thevenot, Nathanaël Lambert, Enzo Druguet.

Ailiers gauches : Robin Bertrand, Loïs Antignac, Hugo Bedel.

Arrières gauches : Yanis Dury, Pau Oliveras Floreta (ESP).

Demi-centres : Benjamin Mahir, Sven Suton (CRO).

Arrières droits : Fabien Chazallet, Clément Bludzien.

Ailiers droits : Mathias Ortega, Hen Livgot (ISR).

Pivots : Skander Jemeleddine, Pierre Lefebvre, Adria Léon Morales (ESP), Claudio Molis Morales (CUB).

Les noms en gras sont ceux des recrues.

Antoine Piollat

6 CommentairesPoster un commentaire

  1. jpf_hb - le 15 septembre 2020 à 21h24

    ça aurait été intéressant, Dinart à Lyon

  2. Flobz - le 15 septembre 2020 à 23h46

    J’étais au tournoi u18! De Valence et effectivement une entente lyonnaise très impressionnante autant individuellement que tactiquement, avec le fils zuzo qui a un énorme potentiel. Pr revenir sur le fond de l’article il est vrai qu’une équipe en D1 sur le bassin lyonnais est espéré depuis les beaux jours de Villefranche. Les rouages semblent cette fois huilé, to be continued

    • jpf_hb - le 16 septembre 2020 à 08h25

      "Les rouages semblent cette fois huilé", tu sais ça fait 15 ans que les rouages semblent huilés à Strasbourg avec Sélestat… Mais aujourd'hui on préfère avoir 3 équipes de Proligue dans un rayon de 50km.
      Après je souhaite à Lyon d'avoir une grosse équipe de Hand ! 🙂

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