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Proligue

Angers : "Devenir une équipe incontournable de Proligue"

, par Zorman

Guillaume Dupin et Issam Tej (crédits : Dominique Herguais)

Au terme d'une belle saison, l'Angers SCO Handball a acquis sportivement sa place en LNH. Son entraîneur Guillaume Dupin et son président Christophe Maniable reviennent avec nous sur cette saison et se préparent pour celle à venir.

Cela faisait quatre ans qu'on avait perdu de vue Angers, après plusieurs années en deuxième division. Les voilà de retour en Proligue à partir de la saison prochaine, grâce à une histoire récente riche et de belles opportunités. Et si le club se structure sérieusement pour passer au professionnalisme, le sportif suit également. L'entraîneur Guillaume Dupin, assisté depuis cette saison par l'ancienne gloire du handball tunisien Issam Tej, a conclu l'exercice avec une belle 3ème place. Si la CNACG valide l'accession en Proligue, nul doute que la mission maintien sera un challenge palpitant pour le duo.

La machine angevine

Hafed Boussaha, Angers (crédits : Dominique Herguais)

Cette saison, malgré une entame de championnat de N1 difficile, avec deux défaites inaugurales à Rennes puis face à Vernouillet, la machine s'est lancée par une victoire de prestige à Vernon, en 3ème journée (26-31). "On avait énormément changé l'effectif à l'intersaison, presque les deux tiers, contextualise l'entraîneur Guillaume Dupin. On avait besoin de temps pour bosser sur le projet et améliorer les relations. Mais malgré ces difficultés, on a réussi une belle prestation collective à Vernon qui a lancé notre saison, et notre série de 10 victoires." Car en effet, à partir de là, Angers impressionne. Entre le 15 septembre et le 15 février, les Mainoligériens ne connaîtront qu'une seule fois la défaite, dans un duel de haut vol à Gonfreville lors de la 10ème journée (34-32). "La confiance qu'on a eu nous a permis de gagner des matchs qu'on aurait pu perdre. On avait réussi à gagner contre les 3 VAP à l'extérieur et le dernier a domicile, se satisfait le coach. Il n'y a que le faux-pas à Gonfreville qui nous empêchait d'être devant." Mais la reprise après la trêve hivernale n'est pas celle espérée. En 5 rencontres, seulement 2 courtes victoires face à Rennes et Pau. Cela reste néanmoins suffisant pour rester troisième à l'interruption de la saison, et, en tant que club titulaire du statut VAP (voie d'accession au professionnalisme), envisager la montée en Proligue.

"On a rapidement su que Vernon n'était plus dans la bataille, et on se retrouvait alors avec 7 points d'avance sur le 3ème VAP, Caen. Le groupe a commencé à calculer alors qu'il fallait prendre les matchs les uns après les autres. On a dû faire une réunion car on allait se mettre en danger, mais on a ensuite bien réagi avec une très belle victoire à Pau. C'était un match d'hommes, une victoire importante pour nous. A partir de là, il nous manquait 2 victoires sur les 7 matchs qui restaient. On a donc moins de frustration avec l'arrêt de la saison car on sait que, sur le terrain, on a fait le travail." - Guillaume Dupin

Un projet de jeu équilibré

Guillaume Dupin, Angers (crédits : Dominique Herguais)

4ème attaque, 4ème défense, la formation de Guillaume Dupin a su s'illustrer des deux côtés du terrain. Le duo d'entraîneurs se satisfait d'une défense "réellement de qualité et impactante sur l'homme", permettant aux gardiens de s'illustrer, Maxence Rizzi terminant 3ème meilleur gardien du championnat (131 arrêts). Du travail reste néanmoins à réaliser sur la gestion des pivots, qui leur ont causé certains tourments cette saison. De l'autre côté du terrain, l'entraîneur observe que "les matchs les plus performants qu'on a fait sont ceux où on a maîtrisé le rythme." Et en effet, le jeu rapide a été d'une frappante efficacité, avec bien sûr, en fer de lance, l'ailier droit grec Grigorios Ioannou, meilleur buteur du championnat (92 buts). Quant à l'attaque placée, "on a manqué de shoots de loin, déplore Guillaume Dupin, mais on a été très cohérents sur notre plan d'isoler les défenseurs et jouer des les duels. Car on est essentiellement une équipe de duellistes."

Ce plan de jeu, plutôt très bien réalisé sur le terrain, a été porté et construit par un binôme nouveau. Si Guillaume Dupin est au club depuis 2014 et termine sa 3ème saison à la tête de l'équipe première, il a été secondé cette année par Issam Tej. L'historique pivot tunisien de Montpellier, qui a raccroché son maillot de joueur en fin de saison dernière à Créteil, s'est lancé dans ce challenge avec l'humble objectif de se former, mais aussi de tout donner pour un collectif ambitieux.

"Ça s'est très bien passé, il a vraiment apporté ce que j'attendais de lui. Il a su mettre une grande animation et nous rentrer dans les matchs, par sa générosité et son entrain naturel : il est toujours à 2000 à l'heure !  Sa volonté de gagner, son irrespect de la défaite, il nous a aidé à devenir une équipe qui gagne, et des joueurs qui gagnent. Ça me permettait d'être un petit peu plus en retrait et de travailler plus tactiquement." - Guillaume Dupin

Un duo dont se satisfait également le président Christophe Maniable : "On va dire qu'ils se sont bien trouvés. Issam est encore en formation mais il amène une vraie expérience du haut niveau, et il a ses côtés professionnel et jovial qui font que ça marche bien."

Une structure sérieuse et ambitieuse sous la marque SCO

Grigorios Ioannou, Angers (credits : Dominique Herguais)

Si Angers peut à nouveau prétendre à rejoindre l'antichambre de l'élite, c'est grâce à une histoire récente pleine de rebondissements, qui a permis au club de trouver sa voie et se structurer sainement. Christophe Maniable en est un des principaux acteurs. Président d'Angers Noyant depuis 2006, il se retire de la direction en 2016, suite à certains désaccords concernant l'avenir du club. Sous la présidence suivante, le club observe d'importants déséquilibres entre dépenses et recettes, créant une dette de plusieurs dizaines de milliers d'euros, ce qui le conduit à renoncer à l'accession en Proligue en 2018. "Mais j'étais forcément resté en lien avec le club, on efface pas 8 ans comme ça, explique le président. D'une discussion avec Said Chabanne, président du club de football du SCO, naît l'idée d'un projet parallèle au foot pour le handball. Deux clubs différents, autonomes, mais sous la même marque. "Moi qui avais juré mon bon dieu que je n'y retournerai pas, je me suis quand même rendu compte que ça avait ouvert de nouvelles perspectives et que c'était un projet excessivement intéressant à mener." C'est ainsi que le président revient au club en 2018, et que naît le Angers SCO Handball.

"A l'époque on part de pas grand-chose, il y avait des cadavres dans tous les placards et il a fallu se mouiller financièrement pour relancer l'association. Mais aujourd'hui, au bout de deux ans, on n'est plus embêtés au quotidien et on peut travailler sereinement sur la construction du projet." - Christophe Maniable
Lucas Meyffret, Angers (crédits : Dominique Herguais)

Prenant exemple sur son "grand frère du foot", le club angevin cherche à se structurer sans brûler les étapes, et construire quelque chose de solide. Le président aime également préciser que, si la marque SCO apporte beaucoup en termes d'image, et donc d'attractivité pour les sponsors ou joueurs, les structures foot et handball sont indépendantes. "Je ne suis pas là pour manger l'argent du foot. Le hand dépense à hauteur de ce qu'il peut générer." Et si la prospection de partenaires privés est compliquée avec les conséquences de la crise sanitaire, Maniable est conscient de l'importance des partenaires privés. "On sait très bien qu'il est impossible d'accéder au niveau supérieur sans aide de la municipalité, mais notre travail c'est de faire en sorte que son quota soit moins important dans la totalité de notre budget en trouvant des investisseurs, explique-t-il. Aujourd'hui, on n'a pas encore pu commencer la prospection de partenaires potentiels, donc à nous de ne pas nous lancer dans des dépenses incontrôlées."

"Ne pas chambouler l'effectif"

Gillen Lusson, Angers (crédits : Dominique Herguais)

Pour l'année prochaine, le club a dans un premier temps acté une vague de 6 départs, dont le capitaine et pivot Gillen Lusson. Les dirigeants ont ensuite officialisé la prolongation de l'entraîneur, jusqu'en 2023. "3 ans ça peut être long pour un entraîneur, mais je le connais bien depuis plusieurs années et ça ne me fait pas peur de l'emmener, explique Christophe Maniable. L'entraîneur est garant d'un système d'organisation et de fonctionnement. Autant Guillaume [Dupin] avait besoin d'une marge de confiance pour la suite, autant moi j'avais besoin de stabilisation."

Du côté du terrain, malgré les 6 départs, le coach assure que "le but n'est pas de chambouler toute la structuration et la base de l'équipe. Car la cohésion du groupe est certainement la chose la plus importante d'un sport collectif, et il faut qu'on réussisse à transmettre aux nouveaux la cohésion qu'on est parvenus à avoir cette année." Ce à quoi le président ajoute qu'il faut "conserver l'âme de cette équipe. Après, comme dans tout effectif, il y a des ajustements à faire, des déçus, d'autres qui vont intégrer le collectif, ... c'est la vie d'une équipe."

Le club  a d'ores et déjà officialisé les noms des deux premiers nouveaux d'un effectif "dont les contours sont dessinés à 95%", d'après les mots du président. L'arrière gauche croate Josip Grbavac (1,89m, 25 ans), passé notamment par Izvidac (Bosnie) où il a disputé la Ligue SEHA. "Un bon shooteur de loin, capable de défendre et performant dans les relations avec le pivot et l'ailier gauche" souligne son futur coach. L'autre recrue est macédonienne, en la personne du solide et jeune pivot Kristjan Anastasovski (1,85m, 98kg, 23 ans). Formé au Vardar Skopje, il est annoncé par Dupin comme un futur Andrea Parisini, ex-angevin élu meilleure révélation de cette saison de Starligue. Tous deux ont signé pour les deux prochaines saisons.

La formation des jeunes sera aussi au cœur du projet. "C'est l'ADN du club de transformer les jeunes, résume Dupin. Avec les finances qu'on a, on doit aider ces jeunes à franchir des étapes et leur permettre de progresser." Si la réserve est pour l'instant en Prénationale, le club a une équipe de -18 en championnat de France et souhaiterait dans l'idéal faire monter la réserve, à moyen terme, en Nationale 2, sans pour autant brûler les étapes.

Une volonté de s'installer en Proligue

La première impulsion a été le changement de nom, et l'adoption de la marque SCO. Ensuite, à court et moyen terme, le prochain objectif qui permettrait de structurer le club serait bien évidemment un maintien en Proligue.

"On ne veut pas faire du St Cyr ou du Aurillac, la structuration du club se fait marche par marche. Ce qui m'intéresse aujourd'hui c'est de se pérenniser en Proligue. De faire partie des équipes dont c'est le niveau naturel." - Chistophe Maniable
Simon Lavialle, Angers (crédits : Dominique Herguais)

L'étape suivante sera le déménagement dans de nouvelles infrastructures, construites en lieu et place de l'ancienne patinoire de la ville. Prévu pour septembre 2022, le lieu est aménagé pour le club et accueillera les bureaux, les équipements de musculation et d'entraînement et, bien entendu, une salle de match (1 200 places). En bref, un lieu de vie. "Mon seul regret est que ça soit pour dans deux ans, nous dit Christophe Maniable. Le projet de salle va être un vrai accélérateur et apportera de gros changements pour l'ensemble de la vie du club." Avec de beaux projets, le SCO Handball, Christophe Maniable et Guillaume Dupin se donnent les moyens de leurs ambitions, et continueront de construire un projet stable et serein, en bataillant, probablement, pour se maintenir dans l'antichambre de l'élite la saison prochaine.

 

Antoine Piollat

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Averell
Averell
3 années il y a

Voila un point positif dans l'arret premature des competitions de hand:
pour combler le vide, HN nous livre quelques articles de fond tres interessants sur des clubs, equipes ou joueurs moins connus.
Et c'est tres bien!
A ce sujet, des nouvelles de Vernon?

A jamais Angers-Noyant
A jamais Angers-Noyant
3 années il y a

Bonsoir , passer de Jean-Bouin 3000 places qui était tout ce qui nous restait de l’âme d’Angers-Noyant , au Haras (1200 places ) . Jean-Bouin , là où le grand Chambéry était tombé un 23 décembre , là où de nombreuses grandes écuries françaises se sont fait surprendre. Là où nous avons vécus de grandes émotions .il y a 20ans, au soir d’un match si disputé contre villepinte , c’était la joie de fêter ensemble joueurs , public , bénévoles dirigeants, la montée en D1. Et puis , le club est passé du vert ou rouge , puis , d’Angers-noyant à Angers sco handball . Avoir détruit ce que des bénévoles , des dirigeants , des joueurs avaient construit tous ensemble .
Un seul nom sera toujours légitime au plus haut niveau en Anjou , c’est celui d’Angers-Noyant .

Guillaume
Guillaume
3 années il y a

Je ne sais pas qui vous êtes mais bravo pour votre commentaire. Angers noyant c’est en vert et violet. Plus aucune ame anime ce club de vendu.
Amitié à vous de la part d’un habitué à Jean bouin (à l’ancienne)

Vinch1
Vinch1
3 années il y a

bonsoir aussi
je ne connais pas Angers, ni Jean Bouin. Mais je suis juste surpris qu'on puisse être content de passer de 3000 spectateurs potentiels à 1200, en vue d'un dvlpmt (et bien sûr, sans tenir compte des éventuels huit clos cause COVID).
Bon vent à eux en tout cas.

Jamie
Jamie
3 années il y a

Est-ce qu’il vaut mieux une salle de 1200 places un peu plus moderne et un bon taux de remplissage ou bien une salle de 3000 places obsolète et remplie à 40% ?
Et c’est bien de vivre dans le passé mais le sport et ses hiérarchies évoluent, c’est terminé l’époque de Patrick bussard et Christophe carnet. Alors oui c’était une super ambiance et une véritable équipe de guerrier mais n’empêche que sans le SCO, il n’y aurait sans doute plus eu de club de bon niveau en handball à Angers.
Et pour revenir à la salle de 1200 places, rien n’est immuable, si le club continue de progresser, il n’est pas interdit de migrer à nouveau à Jean Bouin, de jouer dans la nouvelle patinoire qui est convertible ou bien de faire des matchs de gala à l’aréna Loire.

En tout cas, moi,je me tâte à reprendre un abonnement l’an prochain.

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