EDF – Euro 2016

Théo Derot, soldat de l’hiver

 

Crédit : S.Pillaud / FFHB

Crédit : S.Pillaud / FFHB

Surprise pour certains, logique pour beaucoup, la sélection du jeune arrière gauche du HBC Nantes démontre plus que jamais le virage pris depuis un an par Claude Onesta afin de renouveler les forces vives chez les Bleus. Une couleur, transmise de père en fils, qu’il souhaite voir s’installer le plus longtemps possible dans cet Euro polonais.

Comme toujours, le ton est posé, réfléchi, modéré. Pragmatique, aussi, le jeune homme et néo-international se posant la question de savoir s’il aurait assez de baskets pour la compétition. Un détail qui, pourtant, en dit long sur le destin que Théo Dérot commence tout juste à rédiger sous les ordres de Claude Onesta, son début de parcours n’étant pas sans rappeler il y a quelques mois les premières apparitions du Montpelliérain Ludovic Fabregas, lui aussi du voyage : un stage “découverte” à Cap Breton, un décollage pour l’Euro dans la foulée.

“Pas le temps de trop cogiter”, avoue le jeune nantais (23 ans). Reste que l’attente du verdict et la charge émotionnelle concentrée sur ces dernières quarante-huit heures occasionne un logique petit coup de bambou… “C’est maintenant que je sens la fatigue. On devait avoir la liste mardi et cela a finalement été repoussé. Du coup, je n’ai pas dormi de la nuit”, sourit Derot. “Du coup, quand le verdict est tombé, la décompression est évidente. On donne la bonne nouvelle, on réalise après. J’ai passé cinq ans en équipe de France dans les catégories jeunes, mais là, rien n’est comparable. C’est un autre monde…”

“Un apprentissage accéléré auprès de joueurs d’exception”

Et dans cet univers des Galactiques de la petite balle pégueuse, l’ancien Istréen a su prendre ses aises avec la discrétion qui le caractérise. Durant la Golden League, on aura vu un Derot volontaire et efficace, mettant à profit le temps de jeu accordé par le patron de l’équipe de France. “J’étais hyper stressé pour la première sur le banc et ce n’est pas plus mal de m’être imprégné du match sans entrer,” lance-t-il dans un rire. “Le soir venu je me suis dit que c’était ridicule de ne pas se laisser aller. Je me suis senti stupide de ne pas être moi-même. Du coup, même si derrière tu foules pour la première fois le parquet de Bercy, et c’est quelque chose, tu es prêt. On m’a donné des missions défensives que je pense avoir su tenir et fatalement, en attaque, cela ne s’est pas trop passé..”

Cette immersion des plus rapides au sein de la meilleure équipe du monde a donc eu tous les bénéfices escomptés pour Derot, débarquant chez les doubles champions olympiques suite à l’avalanche de blessures plus ou moins longue durée (Grebille, Accambray, N’Guessan, Bonnefond). Une opportunité que ce dernier ne veut pas envisager comme un choix par défaut mais bien comme une première étape. “On a pu constater à l’annonce de la sélection des surprises plus ou moins attendues, tant dans les joueurs conservés que dans les départs du groupe. Certains pressentaient déjà les décisions de Claude, pour moi honnêtement, c’était su 50/50”  explique-t-il. “C’est autant rassurant que stimulant que de partager ces premiers moments ne équipe de France A avec tout un contingent de jeunes. Ludo, Nedim, Benoît, on a tous travaillé et donné le maximum pour décrocher cette sélection. On bénéficie d’un apprentissage accéléré auprès de joueurs d’exceptions. C’est à nous de rendre cette confiance et répondre présent aux sollicitations.”

Crédit photo : Jean-Pierre Riboli

Crédit photo : Jean-Pierre Riboli

Génération cousue de “fils” d’or

Et question conseils, Théo Derot pourra toujours faire appel à celui qui le connais sûrement le mieux, à savoir son ancien entraîneur mais avant tout papa Gilles Derot. L’ancien Bleu, deux fois champion de France lors des plus belles heures de l’USAM Nîmes, a reçu l’annonce de son fils avec évidemment une saveur particulière… “Je n’ai pu commencer que par un texto” glisse le successeur, mais dans sa réponse, bien que cela soit par écrit, j’y ai senti beaucoup de fierté. Et une grande émotion. J’ai pu l’appeler un peu plus tard, pendant une demi-heure… C’est fort, évidemment. J’ai quasiment tout vécu handballistiquement auprès de lui.”

Ce “fils de” vivra donc son championnat d’Europe sous les regards attentifs de son père mais sûrement, aussi de son oncle Christian Gaudin. Et puisque bon sang ne saurait mentir, il devrait partager sa chambre avec… Kentin Mahé! “C’est vraiment drôle car nos papas se connaissent très bien et nous, pas tant que cela. Et pourtant dès le stage à Cap Breton, on a de suite accroché. On partage le même esprit, sur et en dehors du terrain. Du coup on s’est bien trouvés. C’est un vrai compagnon d’armes dans cette aventure.” Le couteau suisse de cet effectif bleu connaissant, lui, déjà bien la maison, il sera à coup sûr un guide précieux, cette génération prenant aujourd’hui la suite afin de se faire un prénom. Théo Derot semble prêt, en tout cas, à revêtir en Pologne son armure de soldat de l’hiver.

Gaëlle LOUIS

HandNews & CasalHand

3 CommentairesPoster un commentaire

  1. Mamar44 - le 13 janvier 2016 à 11h41

    Très bon article bravo ! On n'est plus dans l'information brute mais dans l'appropriation de l'info par l'auteur, c'est structuré, bien écrit et intéressant. C'est agréable à lire 🙂

  2. JPF_HBC_Als - le 13 janvier 2016 à 22h46

    Très bon article ! Je ne savais pas qu'il était également le neveu de Christian Gaudin…

  3. Ducros - le 14 janvier 2016 à 07h10

    Super article mais attention aux fautes
    très grossières du style “ce faire” ca devient vraiment penible à la longue…

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