N1

Le CPB Rennes s’est installé dans le paysage

Crédits : Mickaël Georgeault

Le CPB Rennes, gros club omnisports de la capitale bretonne, est la structure la plus importante du handball en Bretagne. Son équipe première s’est installée depuis cinq ans maintenant en N1, et pourrait y rester longtemps. Découverte d’un club familial.

A Géniaux, il fait toujours chaud, a-t-on coutume de dire en arrivant dans la salle Charles-Géniaux de Rennes. Samedi soir encore, il faisait bien chaud (au sens propre comme au figuré) dans la petite salle, comme d’habitude pleine à craquer. Les spectateurs s’entassent dans la petite tribune de la salle, on rajoute même des bancs. Le Cercle Paul Bert de Rennes y reçoit Oissel-Rouen pour poursuivre une saison qui avait mal commencé, avec deux défaites (Amiens à domicile, puis la réserve du PSG à l’extérieur). Mais avec trois victoires lors des trois dernières journées (Hazebrouck, Saint-Valéry et Gonfreville), le CPB a le vent dans le dos. Une bonne série pour un club qui vise cette année encore le maintien.

L’entraide avec Cesson, un atout

Car le club ne peut pas vraiment viser plus haut, avec ses moyens limités. « Du fait qu’on ait peu de moyens, on ne peut pas se permettre de recruter des joueurs grâce à un chéquier. On recrute grâce à un projet, un projet de vie, universitaire, professionnel, explique Jean-Baptiste Laz, le capitaine de l’équipe. On n’est pas payés, on a aucun mec à avoir un net à la fin du mois. Mais c’est la logique du club, on est un club vraiment familial. » Cependant, ce côté d’équipe soudée, de famille, sert le club et forge son état d’esprit. Et ne pas avoir beaucoup d’argent ne signifie pas pour autant ne pas pouvoir recruter de bons joueurs. Franck Prouff, l’entraîneur, peut s’appuyer sur un groupe jeune, composé notamment de garçons qui n’ont pas percé professionnellement dans le club voisin de Cesson-Rennes (Emmanuel Marty, Antoine Bouilly, Thomas Ruellan, Alexandre Vu…), d’autres formés au club, et quelques anciens pros en D1. Parmi eux, le demi-centre Thibaut Minel, qui jouait l’année dernière à Sélestat, et les anciens cessonnais Jean-Baptiste Laz (ailier gauche) et Nicolas Lemonne (gardien, photo). Ce dernier forme avec Olivier Laz un sacré duo de gardiens. « On a une grosse doublette de gardiens sans laquelle on n’existerait pas, n’hésite pas à dire J-B Laz. Je pense qu’on a la meilleure doublette de N1 quand on regarde les statistiques des 6 premières journées de N1. »

Une équipe assez solide donc, qui profite pleinement de la proximité avec Cesson, installé en D1 depuis 2010. « Je pense que si Cesson n’avait pas été en D1, on n’aurait pas été en N1, souligne Franck Prouff, l’entraîneur du Cercle en poste depuis 14 ans. Les évolutions sportives et structurelles ont été à peu près identiques, parce qu’on a su faire venir à un moment donné des anciens pros qui n’étaient pas conservés à Cesson, on avait joué le jeu aussi en envoyant des jeunes là-bas. Il y a une vraie collaboration. » On est aujourd’hui bien loin de la rivalité entre les deux clubs, forte il y a vingt ans. Les deux clubs travaillent de concert, au point de constituer ensemble « un espèce de laboratoire métropolitain rennais avec de jeunes joueurs », dixit Prouff.

Un club majeur en Bretagne

Il faut bien voir aussi que Cesson profite du vivier énorme que constitue le CPB, qui est le club le plus important de Bretagne en terme de licenciés, près de 550 au total. La structure compte 37 équipes, dont 7 seniors, et beaucoup d’équipes jeunes évoluant à un niveau national. Pas mal pour un club avec un petit budget… Franck Prouff entraîne d’ailleurs également quelques équipes jeunes du club. « Je ne me vois pas consacrer tout mon temps à entraîner qu’une seule équipe, et le club en a besoin. Je le fais avec plaisir, parce que passer de la N1 aux -11, ça a un côté sympa aussi », déclare-t-il. Le Cercle constitue donc une grande famille, et ceux qui en ont été membres gardent des liens avec le club, comme Dragan Pechmalbec (photo). Le pivot international juniors, preuve vivante de la bonne formation du CPB, a pris sa première licence au Cercle et a quitté le club en 2016 pour rejoindre Nantes, club avec lequel il dispute désormais la Ligue des champions. Samedi soir, après avoir joué contre Kristianstad avec le H, il est naturellement venu à Rennes. « Dès qu’il peut, il vient voir un match au CPB parce que ce sont ses potes », explique Prouff.

Franck Prouff, avec Iann Jacqua-Boror et Alexandre Vu.

Une belle structure, qui forme de bons joueurs, malgré des moyens réduits pour voir une équipe première percer au plus haut niveau : voilà ce qui fait le charme du CPB Rennes. « C’est une bande de potes, et la philosophie est sympa. On pensait que ça allait être éphémère, et ça fait maintenant 5 ans que ça dure en N1 », rappelle Franck Prouff. Le club est désormais une valeur sûre de N1. « Je pense qu’on est légitimes à ce niveau, et les équipes redoutent de nous jouer », déclare Jean-Baptiste Laz. D’ailleurs, jouer le maintien ne veut pas dire que le CPB se trouve plus faible que les autres. « Tu peux jouer le maintien aussi en étant dans les deux premiers », fait remarquer Franck Prouff. Le coach révèle d’ailleurs qu’il préfère laisser ses joueurs fixer les objectifs. « Je suis là pour calmer les ardeurs, ajoute-t-il. Je ne vais pas faire le Guy Roux, mais je leur rappelle qu’il faut des fois garder les pieds sur terre, parce qu’il y a beaucoup d’équipes dans notre cas et il faut faire attention. » A Géniaux, on essaie de ne pas se voir trop beaux, et de garder la tête sur les épaules.

Le match : CPB Rennes 25-18 Oissel-Rouen

Face à une équipe d’Oissel-Rouen qui, selon Franck Prouff, « change d’option tactique assez régulièrement pendant le match », le CPB ne partait pas confiant malgré ses trois victoires de rang (de deux buts maximum). « C’était un match piège », confirme J-B Laz. Les Rennais ont plutôt bien géré la situation, en prenant en premier l’avantage dans la rencontre (4-2, 8′). Le club haut-normand ne lâche pas l’affaire (6-6, 16′), mais prend un éclat en butant sur la défense bretonne très solide, véritable marque de fabrique du CPB. L’activité d’Alexandre Vu et d’Emmanuel Marty dans l’axe est énorme. Le pivot Iann Jacqua-Boror marque deux fois en infériorité numérique pour permettre aux siens de prendre le large (12-7, 22′). Oissel-Rouen parvient à revenir à trois buts à la mi-temps grâce à une réalisation de Gérald Deshayes (14-11, 30′).

Les Osseliens se font cependant irrémédiablement distancer en deuxième période. La faute à Olivier Laz, entré dans les buts rennais à la place de Nicolas Lemonne à la pause, et tout bonnement irrésistible pendant 19 minutes où il enchaîne arrêt sur arrêt et n’encaisse qu’un seul but. « C’est sûr qu’avec un gardien qui prend un but en 19 minutes en deuxième mi-temps, c’est dur de perdre », sourit son frère Jean-Baptiste. Olivier Laz réussira au total pas moins de 15 arrêts en 30 minutes… Quand Thibaut Minel marque après avoir contourné la défense adverse, le CPB prend neuf buts d’avance (21-12, 44′). Oissel réduit un peu l’écart, mais prend quand même un -7 avec un dernier but signé Mickaël Olivré pour les Rennais (25-18). « Enfin une victoire avec plus de deux buts d’écart, souffle un Jean-Baptiste Laz ravi. Parce qu’on avait beau avoir gagné trois matchs, on était en goal-average négatif, c’est assez atypique… » Rennes est désormais co-leader de la poule B, mais les Verts ne vont sûrement pas s’enflammer.

Mickaël Georgeault

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