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Le Phare sans repères

La dernière journée de championnat est souvent le moment de se dire un dernier mot entre les joueurs et le public. À Chambéry, c’est devenu un rituel avec en lumière les fins de carrière de Guillaume puis Bertrand Gille, avant Cédric Paty l’année dernière. Cette année, pas d’arrêt définitif mais de très nombreux départs qui soulignent la fin définitive d’une époque.

Ils sont sept à désormais ne plus être savoyard. Quelques histoires courtes, pas vraiment idylliques comme avec Marko Panic et, surtout, Joao Da Silva. Mais dans le lot, il y a aussi des belles histoires. Pour sa dernière, Remi Feutrier a eu tout le loisir de briller sur son aile (5/8), en raison des blessures de Queido Traoré et Baptiste Malfondet. Arrivé sur la pointe des pieds du Japon, passant professionnel après deux années de réserve, le franco-japonais va désormais s’épanouir à Chartres avec l’objectif de montée du club. Rien de comparable cependant à l’amour réciproque entre Melvyn Richardson et le club savoyard. “C’est une super histoire” souffle-t-il, “j’ai repensé à tout ce que j’ai vécu avec Chambéry, tout les amis que j’ai rencontré, toute les personnes. Je vais garder que des très bons souvenirs ici.” Il faut dire qu’il a tout connu en Savoie, de la victoire aux inter-académiques jusqu’à l’ouverture des portes de l’équipe de France A. Alors forcément, quitter la salle qui l’a vue grandir fait un choc : “le Phare c’est une des plus belle salle de France, je prenais beaucoup de plaisir à jouer avec ce grand public. Ce sera encore plus bizarre quand je vais revenir avec l’équipe adverse, mais ça fait parti du jeu.” Ce départ à Montpellier, chez l’ennemi intime des chambériens, certains pourraient le voir comme un coup de poignard. Mais nous ne sommes plus à l’ère de la domination sans partage des deux clubs, et aujourd’hui le choix du joueur a été vite compris, lui qui pense avant tout à “progresser là-bas” .

Nos meilleurs joueurs

Au delà de ce qui ont fait un passé proche dans l’histoire du club, c’est aussi le départ de piliers, présents depuis des années. Grégoire Detrez est ainsi le dernier, en dehors du capitaine Benjamin Gille, à avoir connu l’époque de Jean-Jaurès. Un siècle pour le handball, passé avec le maillot de Chambéry où il laissera l’image d’un guerrier de tout les combats. Ce n’est “que” l’année suivante qu’arrive Damir Bicanic d’Espagne. Alors jeune international Croate, l’arrière a aussi su s’épanouir au point d’être l’homme d’expérience dans la route au final four de l’EHF l’année passée. Mais alors que dire de Edin Basic ? Lui-même ne savait plus trop, alors qu’il sortait le dernier du Phare, goûtant encore un peu à ce public qu’il aime tant : “C’est grave d’émotions ! Des émotions, des déceptions, d’avoir perdu, d’avoir jouer le dernier match ici, d’avoir quitter mon club. Plein de choses qui ne sont pas forcément agréables pour moi. Mais je suis vraiment ravi d’avoir vécu une telle histoire ici et de gagner des amis.” Dire que le bosnien est arrivé comme joker médical de Suisse, inconnu de presque tout les bords. Mais d’emblée ses prestations, et son entente avec Gabor Csaszar alors, avait séduit le public : “Quand je suis rentré je connaissais personnes et aujourd’hui je quitte le phare avec 4000 amis. Ça fait mal, ça va rester toute ma vie” .

Le scénario du match n’aide pas non plus les anciens à partir sereinement. Certes le plus dur était fait avec cette cinquième place obtenu dans la douleur, mais aussi avec le pire ratio victoire/défaite depuis 1996. Quelque choses a changé ces dernières années, et ce dernier match en est l’illustration : “un côté du cerveau me dit calme toi, l’autre veut que j’explose car on joue mal, on a pas de réussite… On a joué comme Saran a voulu, ils ne croyaient même pas qu’ils pouvaient gagner ici. C’est ce qui m’a touché, on a pas montré notre caractère, ce qui faisait la force de cette équipe pendant toute ces années. Avec le temps, on est en train de le perdre et, à mon avis, personne ne fait en sorte que ça reste. C’est pour moi inquiétant.” Des idées noires chassées par le public, qui a ovationné son entrée, pendant que les fregas12 sortaient un tableau dont ils ont le secret. “C’est un truc incroyable, ça n’arrive pas souvent et pas à tout le monde. D’un côté je me dis que je ne l’ai pas mérité, de l’autre c’est excellent, on s’est battu pour vivre chaque match ici avec tout ces supporters… J’ai pas le vocabulaire pour expliquer ce que je ressens. Dans les semaines qui vont arriver, je vais réaliser que… Merde, c’est la fin. Oui, j’ai hâte de commencer la nouvelle aventure avec Chartres, mais… C’est dur.” D’autant que le joueur espérait finir avec le club où il a tout vécu, ce qui ne sera finalement pas possible vu qu’il sera avec Grégoire Detrez et Remi Feutrier à Chartres. Une petite frustration que Edin prend avec sa philosophie habituelle : “J’ai rêvé de finir ma carrière ici, ça va être bizarre de jouer ailleurs mais… Ok. La vie est quand même belle” .

À Chambéry, Maxime Thomas

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17 CommentairesPoster un commentaire

  1. seb - le 9 juin 2017 à 11h56

    Il y a quand même un gros malaise entre le coach et les joueurs y compris avec certains qui restent…
    Que dire de Richardson, Detrez et Bicanic, certes un peu blessé mais sur la feuille, qui ne rentrent pas pour leur dernière à Chambéry ?

    Entre les Frega12 qui ne devraient plus venir au Phare et une équipe un peu dans l’inconnu, ça promet une “drôle” d’ambiance la saison prochaine…

    • ANues - le 9 juin 2017 à 12h06

      A Paris, Serdarusic n'était pas présent (malade, la honte de la finale perdue, la peur des sifflets du public?)
      Malgré un match sans enjeux, on a eu du Handstar game. Et pourtant Accambray n'est rentré que pour les dernières minutes de jeu.
      Barrachet en a eu un peu plus puisque Stepancic n'était pas sur la fdm.

      Les fouteux sont venus encourager l'équipe, mais les supporters parisiens n'ont pas encore le déclic de suivre leur rythme. Les membres du 8e homme parisien devraient s'inspirer des chants et des "choré" des fouteux. Au 8e homme ça manque singulièrement de "cohésion". A voir d'ici septembre.

      Au Phare c'est un nouveau cycle qui arrive, 7 départs et 3 arrivées. Les joueurs ne sont que de passage, seule l'Equipe reste.

      • seb - le 9 juin 2017 à 12h17

        Je suis pas sûr que Serdarusic soit du genre à avoir honte de perdre…par contre sa prolongation de contrat dépendait de son état de santé…
        On met effectivement souvent en lumière Serdarusic pour son manque de rotation mais Accambray/Barachet auront plus joué cette saison que Detrez, la recrue brésilienne Da Silva, Tritta, et peut-être aussi plus que Basic…et ils auront eu droit à jouer pour leur dernière..
        Je me fais pas de soucis pour Barachet qui retrouvera du temps de jeu à St Raph, pour Accambray j’attends de voir mais ça devrait quand même être mieux qu’à Paris

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