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Un derby pour une finale

Crédit photo : Stéphane Pillaud / EHF

On se doutait qu’avec trois clubs allemands au Final Four, la finale de l’European League pouvait opposer deux clubs allemands ce dimanche. Cela sera le cas, mais entre Berlin et Magdebourg, ce sont même deux rivaux qui seront face à face.

A l’issue de la demi-finale remportée hier contre Plock, le capitaine du SC Magdebourg Christian O’Sullivan s’est vu poser la question basique que l’on pose à tous les vainqueurs de demi-finale qui attendent le résultat du deuxième affrontement : a-t-il une préférence pour l’adversaire entre Rhein-Neckar et Berlin ? A question basique, réponse basique : le Norvégien a rétorqué naturellement que pour une finale, peu importe l’adversaire, que les deux équipes sont très fortes et qu’il faudrait de toute façon donner le maximum. Mais il a rajouté que pour les supporters qui suivent le match à distance, Berlin est probablement l’adversaire idéal. Ceux-ci ont été exaucés deux heures plus tard : ce sera bien sur un “Ostderby”, un derby de l’est de l’Allemagne, que l’European League se décidera ce dimanche.

Avantage Magdebourg sur les dernières confrontations

Zeljko Musa (SC Magdebourg)

Entre les villes de Berlin et Magdebourg, la distance n’est effectivement pas énorme : comptez un peu moins de deux heures de trajet, que vous preniez le train ou la voiture. Surtout, les deux clubs ont longtemps été les deux seuls représentants du handball de l’est de l’Allemagne (Leipzig n’a accédé à l’élite qu’en 2016). Le SC Magdebourg est l’un des rares clubs sportifs d’ex-Allemagne de l’Est à avoir assez rapidement réussi sa transition dans les championnats réunifiés (après quelques années compliquées dans la décennie 1990 tout de même), à s’être adapté intelligemment à la logique marchande du sport à la place d’une logique planifiée par l’État central. Il a même été un temps seul dans le grand tiers est du pays, remportant notamment la Coupe EHF (ancêtre de l’European League) en 2001 puis la Ligue des champions en 2002, avec ses français Christian Gaudin, Guéric Kervadec et Joël Abati. Mais depuis que le club de l’ancien Berlin-Ouest est revenu en première division en 2007, une petite rivalité s’est construite entre ces deux clubs, néanmoins cantonnés à jouer les seconds rôles derrière les clubs du nord Kiel et Flensburg ces dernières saisons.

Valter Chrintz (Füchse Berlin)

Cette saison, les deux clubs avaient la même ambition : titiller Kiel et Flensburg et tenter de se mêler à la course au titre, une participation à cette course étant synonyme de participation à la lutte pour la qualification en Ligue des champions. Mais après un bon début de saison, les deux clubs ont connu chacun leur passage à vide et se retrouvent désormais à lutter avec Rhein-Neckar et Göppingen pour décrocher un ticket européen en fin d’exercice. En l’absence de Coupe d’Allemagne cette saison (c’est le Final Four de la saison dernière qui sera disputé en juin, et aucune des deux ne s’était alors qualifiée), cette finale d’European League représente la dernière occasion pour les deux de sauver une saison pas encore décevante (il leur reste neuf matchs de Bundesliga à jouer), mais pas aussi satisfaisante qu’espéré. Sur les dernières confrontations, on pourrait donner l’avantage à Magdebourg, qui s’est imposé largement à Berlin en octobre (22-32) et à nouveau chez lui en mars (29-24). Mais sur les dynamiques, Berlin paraît en pleine bourre depuis la mi-avril, et sa demi-finale maîtrisée contre Rhein-Neckar hier l’a confirmé. Magdebourg, qui restait sur trois défaites lors de ses quatre derniers matchs de Bundesliga, a été plus en difficulté hier contre Plock. L’opposition s’annonce donc ouverte et intéressante.

Rhein-Neckar face à Plock pour la médaille de bronze

En ouverture de la finale, le match entre les Rhein-Neckar Löwen et le Wisla Plock est dépourvu d’enjeu. Les deux déçus du Final Four tenteront de finir leur week-end sur une bonne note, surtout les Löwen, club hôte du week-end. Néanmoins, vu le programme très chargé des Allemands pour la fin de saison (il leur reste sept matchs à jouer en championnat), on pourrait imaginer que Klaus Gärtner et Martin Schwalb soient amenés à faire tourner pour faire souffler certains joueurs. Romain Lagarde, dont la présence sur le terrain hier n’était pas attendue et de retour de blessure, devrait en théorie faire partie des joueurs ménagés. L’autre joueur français présent à Mannheim, le pivot de Plock Jérémy Toto, a plus joué que l’autre pivot Abel Serdio en demi-finale, et on pourrait imaginer que son partenaire soit un peu plus utilisé ce dimanche.

Wisla Plock – Rhein-Neckar Löwen (match pour la troisième place) à 18h et SC Magdebourg – Füchse Berlin (finale) à 20h30, le meilleur du hand est sur l’appli Eurosport.

A Mannheim, Mickaël Georgeault

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