IHF

Meilleur joueur du monde, une tradition française


Avec le nouveau titre de meilleur joueur du monde décerné jeudi à Nikola Karabatic, le troisième de sa carrière, la France a encore davantage renforcé une tradition désormais nationale. Mais ces titres reflètent-ils vraiment la logique sportive ?

Intraitables sur la scène européenne et internationale depuis tant d’années, les Experts sont logiquement en pole position à l’heure des récompenses individuelles. Sacré meilleur joueur du monde en 2016 suite à un vote conjoint de journalistes, d’internautes et d’experts de l’IHF, Nikola Karabatic a remporté son troisième titre individuel en haut de la pyramide mondiale après 2007 et 2014. Le demi-centre des Bleus et du PSG devient ainsi le seul joueur à être désigné à trois reprises meilleur joueur de la planète, devant Mikkel Hansen (2011 et 2015), Ivano Balic (2003 et 2006) et Talant Dujshebaev (1994 et 1996). L’ancienne star de Kiel repousse ainsi encore plus les limites de son sport, à seulement 32 ans. Jusqu’où et jusqu’à quand s’étendra son règne ?

La France a en tout cas fait de l’élection du meilleur joueur du monde une vrai spécialité. Ainsi, depuis la création de cette récompense en 1988, six joueurs hexagonaux ont été honorés : Jackson Richardson (1995), Stéphane Stoecklin (1997), Bertrand Gille (2002), Thierry Omeyer (2008), Daniel Narcisse (2012) et donc Nikola Karabatic (2007, 2014 et 2016). Avec ces huit titres, les Bleus sont ceux qui ont été les plus honorés par l’IHF, loin devant la Croatie (3 titres) ou encore l’Espagne, le Danemark et l’Allemagne (2 titres). Lors des dix dernières éditions, la France a vu l’un de ses représentants s’imposer à cinq reprises !

Pourtant, une récompense en décalage avec les résultats

Cette récompense individuelle est pourtant souvent en décalage avec les résultats sportifs de l’équipe de France. Ainsi, parmi les six titres mondiaux des Bleus, seul le premier conquis en 1995 a vu un français être désigné meilleur joueur du monde la même année (Jackson Richardson). En 2015, Nikola Karabatic aurait logiquement mérité cette récompense mais c’est le danois Mikkel Hansen qui avait été récompensé. Idem en 2016 où le français n’a rien gagné en équipe de France alors que le danois a remporté le titre olympique à Rio. L’élection du meilleur joueur du monde ayant lieu en mars de l’année suivante, l’influence de la compétition de janvier de cette année (Mondial ou Euro) a forcément un impact majeur sur le choix du jury et des internautes. Cela explique notamment les récompenses individuelles des français en 2008, 2014 et 2016.

Preuve en tout cas du pouvoir grandissant des clubs français sur la scène mondiale, 2016 est la deuxième année consécutive où le meilleur joueur du monde évalue en France (PSG). Seuls Jackson Richardson à l’OM Vitrolles en 1995 et Bertrand Gille à Chambéry en 2002 avaient réalisé une telle performance auparavant.

Olivier Poignard

6 CommentairesPoster un commentaire

  1. handix - le 17 mars 2017 à 11h13

    Bertrand Gille se moque toujours de son titre “biaisé” en 2002 mais honnêtement il le méritait amplement !

    • Syahn - le 17 mars 2017 à 11h17

      Pas mieux, il avait tellement roulé sur toute la concurrence (en 2001 ! encore un pb) sur tous les postes et dominait tellement en pivot que même biaisé c'est pas volé.

  2. Averell - le 17 mars 2017 à 17h42

    Pivot, poste rarement sous la lumiere des projecteurs et donc, sauf erreur de ma part (je ne me souviens plus de tous les laureats du titre), rares sont les pivots a avoir ete designes meilleur joueur du monde, ce qui releve encore plus la perf de Bertrand Gille.
    Bon, faut aussi dire qu'a l'epoque il jouait a toutes les positions 🙂

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