Starligue

C. Rodriguez : « Maintenant, je prends plus de plaisir »


A 37 ans, Chema Rodriguez a décidé de se lancer dans un dernier challenge. Loin des parquets de la Champions League et de la Lanxess Arena, qu’il a foulé une dernière fois avec Veszprem en juin dernier, le demi-centre espagnol vient filer un coup de main à Saran dans son opération maintien. « Je le regardais jouer la Champions League à la télé, le coacher, c’est un petit peu Disneyland pour moi » rigole Fabien Courtial. Et pourtant, le natif de Palentia est là et bien là et va entamer sa saison à Cesson ce soir.

Avant que votre agent ne vous parle de Saran, aviez-vous déjà entendu parler du club ?

Pas vraiment, mais je savais qu’il y avait un petit club en France qui était monté en trois ans de la troisième à la première division. Même en Hongrie, on savait qu’il y avait quelque chose de spécial à Saran, mais je n’y avais jamais été.

Sportivement parlant, quelles étaient les informations que vous aviez ?

Je n’avais jamais vu l’équipe jouer. Mais quand on m’a appelé pour me présenter le projet, je l’ai bien aimé. L’idée de jouer dans un petit club, avec un état d’esprit très famille mais qui essaye de garder sa place au plus haut-niveau, ça m’a vraiment attiré.

Quel discours Fabien Courtial vous a-t-il tenu ?

Il a insisté sur ce que je cherchais. Une atmosphère familiale, un endroit calme mais aussi un club et une équipe qui, vue de l’extérieur, semblait être un groupe de copains qui travaille bien ensemble ? Fabien m’a dit que le club voulait bien sûr rester en Starligue mais que le côté humain était encore plus important pour lui.

Cherchiez-vous quelque chose de radicalement différent des gros clubs où vous aviez évolué auparavant ?

C’est ça. Quand j’ai commencé le handball, je jouais dans un club, à Valladolid, qu’on pourrait comparer à Saran. Il y avait beaucoup de jeunes joueurs, tout le monde se connaissait et nos familles aussi. Je voulais revenir à ça, quelque part. Jouer au handball dans une atmosphère positive de la sorte, c’est quelque chose que je suis impatient de faire de nouveau.

“Je veux m’éloigner de la pression des gros clubs”

Crédit photo : Laurent Théophile

Venir à Saran, c’est un petit peu boucler la boucle pour vous ?

Un petit peu, oui. J’aime le handball, j’aime y jouer et je m’amuse encore beaucoup. Je prenais beaucoup de plaisir à Valladolid aussi avant d’en partir. Et désormais, je veux m’éloigner un petit peu de la pression qu’on a dans les gros clubs, quand il faut jouer tous les trois jours et absolument gagner tous les matchs. Maintenant, je peux plus me concentrer sur le jeu, au sens propre du terme, et passer également un peu plus de temps avec ma famille.

En parlant de votre famille, ne jouer qu’un seul match par semaine, ça doit être un sacré changement pour vous, non ?

Evidemment mais vu que je vieillis, je crois que mon corps ne va pas s’en plaindre ! La saison dernière avec Veszprem c’était un peu fou, on jouait parfois trois fois dans la semaine et on était tout le temps sur la route. Mes enfants grandissent et il faut aussi que je sois là pour eux.

Et sur le terrain, votre dernière saison à Veszprem a-t-elle été frustrante ?

Non, non, pas du tout. J’avais un rôle à jouer et je m’en suis acquitté du mieux que je pouvais. Quand on est dans un club aussi important que Veszprem, parfois vous jouez beaucoup et le lendemain vous êtes moins sur le terrain. Si vous ajoutez à cela le fait que je jouais avec Aron Palmarsson et Maté Lekai, deux des meilleurs demi-centre d’Europe, c’était normal pour moi d’avoir un rôle moins important. C’était une expérience à vivre, mais pas du tout frustrante.

“Maintenir serait déjà un beau succès”

Quand Fabien Courtial compare votre arrivée à celle d’Alberto Entrerrios à Nantes il y a quelques années, du point de vue du développement du club, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Pour moi, c’est quelque chose de positif. Je voulais jouer dans le championnat français. Cela me donne l’occasion de jouer à un haut niveau tout en ayant une vie un peu plus normale. Tout ce que les joueurs comme Alberto, mais aussi Didier Dinart ou Jérôme Fernandez m’ont dit sur le championnat m’a attiré. Ils m’ont toujours dit des choses très positives sur le championnat et ses clubs. Et cela a rendu ma décision de venir en France beaucoup plus simple.

Dites-vous que, quand on est un ancien joueur de Ciudad Real, on doit venir finir sa carrière en France ?

(Rires). Si seulement c’était aussi simple ! La France est un des meilleurs championnats du monde même si, pour moi, la Bundesliga est encore au dessus. Mais la Starligue a d’excellentes équipes et le niveau monte d’année en année. Les joueurs comme nous ne viennent pas ici pour prendre leur retraite car rien ne nous est donné. Jouer en France, ce ne sont pas des vacances mais un moyen de finir ta carrière tout en continuant à jouer à un excellent niveau. Et je suis persuadé que d’autres grands noms vont arriver dans les années à venir.

Vous avez signé deux saisons à Saran, qu’est-ce qui serait un succès après ces deux années ?

C’est une bonne question…Pour Saran, le succès serait d’être encore en première division dans deux ans. Si, déjà, on arrive à se maintenir cette saison dans d’autres conditions que la saison passée, ce serait déjà un beau succès.

Propos recueillis par Kevin Domas

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