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En bleu, Michael Guigou se change les idées

Michaël Guigou a retrouvé l’équipe de France pour la première fois depuis janvier dernier et le championnat d’Europe en Croatie. Reposé en avril, blessé en octobre, l’ailier gauche veut continuer à prendre du plaisir en bleu. En faisant abstraction du reste.

Il avait manqué les deux derniers rassemblements de l’équipe de France, entre mise au repos en avril et rétablissement de son opération au genou en octobre. Face à la Lituanie, à Aix, son coéquipier à Montpellier Mathieu Grébille avait parfaitement tenu la baraque. Mais, avec le championnat du monde qui approche, les Bleus ont retrouvé celui qui est désormais leur doyen, à bientôt 37 ans. Il y a peu, la concurrence faisait que Michaël Guigou avait quasiment l’assurance de composter son ticket pour les grandes compétitions, mais désormais, les choses ont changé. Grébille, de par sa polyvalence, a une carte à jouer, tandis que l’autre spécialiste du coin gauche, Raphaël Caucheteux, a donné pleine satisfaction depuis ses débuts en bleu la saison passée. Et comme Kentin Mahé est également capable de dépanner sur le poste, cela fait du monde au portillon alors que Didier Dinart devra trancher, avec quatre joueurs à laisser hors de la liste avant de décoller pour l’Allemagne le 9 janvier. “Je suis très respectueux de mes concurrents sur le poste mais je sais aussi ce que je suis capable d’apporter. Chaque sportif arrive à se transcender grâce à la concurrence” sourit l’ailier gauche quand on lui demande comment il fait pour ne pas penser qu’il a déjà son billet en poche. Chez les Bleus, Guigou fait office de mémoire vivante. Depuis 2002, date de sa première sélection, il a tout connu. Les deux sacres olympiques, celui mondial à la maison il y a deux ans, mais aussi la relative désillusion croate en janvier dernier. L’équipe de France avait tout gagné mais, touchée de ses blessures, elle était passée à côté de son sujet en demi-finale face à l’Espagne, finissant sur la troisième marche du podium. “Ma motivation est intacte pour aller chercher des titres, d’aider ce groupe à devenir champion du monde. Peu importe le nombre d’étoiles et de titres que je peux avoir” appuie-t-il.

Le “plaisir” en équipe de France

Et si, depuis mercredi et les retrouvailles à Créteil avec son ami Luc Abalo et les autres, Michaël Guigou insiste autant sur la notion de “plaisir”, c’est peut-être parce qu’au quotidien, dans l’Hérault, il en prend un tout petit peu moins que d’habitude. Il faut dire qu’entre son club et lui, la situation semble au point-mort. En fin de contrat en juin, Guigou aimerait pousser jusqu’en 2020 sous le maillot du MHB, histoire de boucler la boucle et, surtout, de participer aux Jeux Olympiques de Tokyo, qui pourraient être les cinquièmes de sa carrière. Mais tout le monde ne l’entend pas de cette oreille. “Ce genre de choses, cela peut arriver à un joueur de haut niveau. Ce n’est jamais simple à gérer, cela trois, quatre ans qu’on discute et c’est toujours un peu compliqué. De mon côté, la situation est très claire. Je veux continuer à jouer à Montpellier, ça fait vingt ans que j’y suis, je suis bon et j’ai toujours envie de porter les couleurs de ce club. Mais pour le moment, mon agent n’a que des retours négatifs” résume celui qui a joué un rôle non négligeable dans la conquête du titre européen du MHB en juin dernier.

“Ca use de se retrouver tout le temps dans la même situation”

On sent que la situation lui pèse, le frustre même peut-être, sans pour autant qu’il ne l’avoue ouvertement. “Ca use de se retrouver tout le temps dans la même situation. Surtout quand tu viens de remporter la Champions League et que tu as été un artisan majeur de cette victoire” admet-il, tout en reconnaissant que, finalement, son avenir pourrait s’écrire loin de Bougnol. “Je suis en contact avec d’autres clubs et je les écoute. Je pense que je peux apporter énormément, comme on a pu le voir sur cette première partie de saison. Ce serait plus facile si les choses étaient fixées mais, l’an passé, j’ai eu une réponse vers le 1er avril” continue-t-il. Alors en attendant, Michaël Guigou essaye de ne pas trop s’y attacher. De se vider la tête. De ne penser qu’au terrain, à ce championnat du monde qui pourrait le ramener à la Lanxess Arena, douze ans après son but refusé en demi-finale face aux hôtes. “Je suis content qu’on soit à Berlin, dans un autre contexte. Et si on joue l’Allemagne, ce ne sera pas en demie, ni à Cologne” sourit-il, malgré le souvenir amèrement vivace que lui a laissé cet épisode. Même si, depuis le temps, il a appris à en savourer les retombées, comme si cet échec avait été un “fondement des succès qui sont venus par la suite.” Les mauvais souvenirs, il les a balayés d’un revers de main, en venant soulever le Graal européen avec Montpellier la saison passée. Et pendant un mois, pour le natif d’Apt, c’est le plaisir qui va prendre le dessus sur tout le reste.

Kevin Domas

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61 CommentairesPoster un commentaire

  1. Jbclamence35 - le 28 décembre 2018 à 14h59

    Le plus grand.

  2. ricardtube - le 28 décembre 2018 à 15h51

    je pense tout simplement que canayer veut le joueur mais voit en le futur entraineur un concurrent. un des seuls capables un jour de le remplacer.
    quant aux dirigeants, s'ils veulent la sérénité dans leur club, il faut qu'ils évitent cette situation conflictuelle.
    en résumé ils n'osent pas dire à Guigou d'aller voir ailleurs.
    ailleurs où il pourrait même avoir un contrat de joueur de 2 ans jusqu'en 2021 avec une saison complète en club sans l'EDF et avec une reconversion.
    tiens si on prolongeait F Maurice de 2 ans par exemple?

    • Jean_Hand - le 28 décembre 2018 à 18h52

      2 saisons, ça semble en effet nécessaire pour justifier un transfert, vu l'investissement nécessaire en matière de salaire.

      Par contre, je n'ai pas la certitude qu'une fois sorti de sa carrière de joueur pro, il fasse directement un entraineur de Starligue de haut niveau. Une prise en main progressive de l'équipe première lors de la saison 2020-21 en tant que joueur me semble être le meilleur moyen d'y arriver sous 3 ans. Sinon, il faudra passer par des réserves et/ou des clubs de Proligue.

      Mais il est clair que du côté de l'USAM, la décision concernant le staff actuel sera totalement liée au cas Guigou.
      Une arrivée du joueur sauverait certainement la tête du technicien, car cela induirait une marge de manœuvre budgétaire plus limitée pour aller signer un Da Silva. Un nouvel entraineur aurait par ailleurs plus de mal à se projeter sur le long terme avec un joueur qui rêve de son poste.

      Si Guigou ne vient pas en revanche, seuls les résultats sportifs du printemps seront décisionnaires pour le coup, comme prévu initialement.

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