Euro 2018 – 1/2

Les Françaises ont leur finale

Les Françaises voulaient leur finale, elles l’ont ! Après une très belle deuxième mi-temps face aux Pays-Bas (27-21, FM), elles rejoignent la Russie en finale de l’Euro (dimanche 17h30). Les Bleues tenteront de décrocher leur premier titre européen.

Cela ne pouvait pas se passer autrement. Les Bleues en finale de leur Euro, à l’AccorHotels Arena, face à la Russie, seule équipe parvenue à faire tomber les championnes du monde (23-26 lors du match d’ouverture). Bercy était plein, quoiqu’un peu trop spectateur. Pourtant les Bleues ont assuré le spectacle, notamment en deuxième mi-temps où pas grand-chose ne leur a échappé.

Plus souvent habituées à des gros débuts de match et des fins plus tranquilles, les Françaises ont cette fois dû attendre un peu avant de pouvoir souffler. Comme face à la Suède, où elles avaient été mises en échec (21-21), les coéquipières de Grâce Zaadi ont été contrariées dans leurs plans offensifs par une défense néerlandaise bien en place. Une 0-6 bien alignée, qui montait sur les arrières françaises, pour ne pas leur laisser de champ d’action. Loin s’en faut pour la meneuse de Metz qui patientait, pour qu’Estelle Nze-Minko n’ouvre une première brèche de loin après cinq minutes de jeu (1-1). Après, c’est sur l’aile que Laura Flippes parvenait à lobber Tess Wester à la perfection. Se rassurant en attaque, les Françaises étaient pourtant bien en place en défense, montrant beaucoup d’agressivité et montant en charge, progressivement. « On aurait pu faire l’écart en première mi-temps mais on s’est fait battre sur jeu tout terrain. Mais on a réussi à hausser notre niveau défensif ce qui nous a fait beaucoup de bien. Dès qu’on est monté vite sur elles, elles ont perdu des ballons » note Olivier Krumbholz.

Comme à son habitude, le technicien équilibrait les temps de jeu, pour garder de la fraicheur. C’est alors Gnonsiane Niombla qui, à peine rentrée, nettoyait la lucarne d’une Tess Wester, incapable de capter le moindre ballon (1 arrêt sur 10 tirs en première période, 4 au total). « On avait plus de rotations qu’elles et ça nous a fait beaucoup de bien. On a fait une grosse défense en deuxième avec une grosse gardienne. On a bien monté les ballons. C’était beau de se voir jouer comme ça » note l’arrière messine, qui joue son deuxième match dans la compétition.

Une fin parfaite

Juste le temps de se remettre en route en deuxième période. Retrouver ces tirs de loin qui avaient fait du bien en première, quand les duels ne permettaient pas d’ouvrir de brèches dans une défense 0-6 bien compacte. C’est d’ailleurs après un gros coup de canon envoyé par Orlane Kanor, qu’Helle Thomsen décidait de faire appel à Rinka Duijndam pour tenter de sauver la situation (9-6, 17’). Mais il n’y avait rien à faire. Siraba Dembélé-Pavlovic, peut-être un peu plus timide que d’habitude depuis le début de la compétition, se jouait d’Angela Malestein sur son aile en deux appuis avant de loger le ballon dans la lucarne de Wester, revenue sur le parquet en deuxième période (14-17, 37’). Même avec cela, le public de Bercy (12 463 spectateurs) avait du mal à faire parler ce grain de folie qui aurait pu rendre cette soirée encore plus belle pour les Bleues. Olivier Krumbholz a même tenté de motiver la foule mais en vain. Il a fallu les cinq dernières minutes, dans lesquelles les Bleues avaient déjà fait le travail pour que le volume sonore augmente (26-18, 56’). « Le public  était crispé en première période mais en deuxième, dès qu’on a creusé l’écart, on a senti qu’il nous poussait » reconnaît Pauline Coatanéa. Pourtant le sort des Néerlandaises avait été scellé plus tôt. Lorsque l’ailière droite française interceptait la passe entre Loïs Abbingh et Lynn Knippenborg, avec une facilité déconcertante, laissant exploser sa joie, il était évident qu’il ne pouvait plus rien leur arriver. « On avait mis des choses en place pour récupérer des ballons à l’aile et réussir à le faire, c’est génial. Gratter des ballons comme ça, ça fait énormément plaisir » décrit-elle, les yeux pétillants. Avant cela, Estelle Nze-Minko avait eu le luxe de marquer dans un but vide alors que Helle Thomsen avait tenté le jeu à sept. Encore une fois les Françaises avaient su y répondre sans trop forcer.

Avec la manière, elles ont réussi à se hisser là où elles voulaient être ce dimanche 16 décembre, à Bercy pour une finale. Rien d’autre n’était pensable pour elles, qui vont disputer leur première finale européenne de l’histoire. Une évidence pour cette équipe qui a  toujours su garder son calme pour avancer et se préparer aux grands rendez-vous. « Toutes les filles sont encore sur le pont, plutôt en bon état. Pour la finale, elles vont oublier la fatigue accumulée. C’est une équipe de France comme je n’en ai jamais vue. Les filles travaillent beaucoup, sont très sérieuses, elles ont encore fait une réunion de travail à 4h de ce match. Le travail paye » savoure Olivier Krumbholz. Comme face à la Suède, où elles ont su revenir pour arracher un nul sans lequel elles seraient là, elles ont su mettre les bouchées doubles face à une équipe néerlandaise qui n’avait pas les armes pour répondre. Aux portes de la finale, retrouve cette équipe, comme l’année dernière après la victoire contre la Suède avec l’envie de « ramener la Coupe à la maison » comme Grâce Zaadi, métronome sur le terrain, DJ dans le vestiaire, n’a pas manqué de le souligner en zone mixte.

De Paris Maxime Cohen et Clément Domas.

HandNews & CasalHand

16 CommentairesPoster un commentaire

  1. Averell - le 15 décembre 2018 à 06h36

    HandForLife, Kben, Le saux Pascal:
    Dembele vous salue bien 🙂

  2. Soleidou - le 15 décembre 2018 à 08h49

    C’est quand même la France 🇫🇷

  3. rkj4 - le 15 décembre 2018 à 10h29

    Moi en tout cas, je fais amende honorable
    Au début de la compète, sur ce forum, je me suis montré sceptique sur les capacités de notre équipe. Il y a des joueuses que j'aime bien mais d'autres qui roulaient un peu trop les mécaniques à mon goût, et puis un coach que je trouve un peu trop cash…

    Aujourd'hui, je trouve déjà beaucoup plus de fraîcheur et de spontanéité dans le jeu de l'équipe qui exprime une vraie joie d'être ensemble. Bien sûr, c'est plus simple quand on gagne, mais cette joie n'a plus rien à voir avec le côté un peu suffisant qu'on pouvait leur trouver auparavant, dans la victoire comme dans la défaite.

    Cette année, l'équipe a de vrais points forts (la défense évidemment, les ailes, les gardiennes, le côté gauche). Des vrais points faibles aussi (arrières droites et pivots, surtout), mais elles les connaissent et elles se débrouillent avec ça. La défense est vraiment solidaire et c'est joli à voir. Une Lacrabère, pas vraiment efficace au tir, ne la ramène pas et compense généreusement en défense et sur l'animation offensive.

    Qu'elle gagne (de préférence) ou qu'elle perde, cette équipe prend et donne du plaisir et renvoie une belle image collective. En ce qui me concerne, c'est primordial. Plus que la victoire à tout prix.

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