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Siofok passe la surmultipliée

Crédit photo : Siofok KC

La semaine passée, le club hongrois de Siofok a inauguré son tout nouveau complexe. Avec une salle de 1500 places comme fleuron, qui viendra accompagner un recrutement XXL pour la saison prochaine.

Dans deux jours, Veszprem va jouer la rencontre la plus importante de sa saison, son huitième de finale retour de Champions League face à Skjern, avec sept buts à remontrer. Les filles de Siofok, de leur côté, vont affronter Erd, en demi-finale du Final Four de la coupe de Hongrie. Mais en ce jeudi 29 mars, les deux clubs distant d’une quarantaine e kilomètres font un petit break pour partager, sur le terrain, quelques minutes de jeu. Deux fois dix minutes, au milieu d’un show de quatre heures, avec équipes mélangées, pour l’inauguration de la Kiss Szilard Arena de Siofok. D’ailleurs, toute l’intelligentsia du pays s’est déplacée, jusqu’au secrétaire d’Etat aux sports en passant, évidemment, par les édiles locales. Tout ce beau monde pour assister à l’accouchement d’un projet conçu il y a quatre ans. “C’est un petit pas pour le handball hongrois, mais un grand pas pour Siofok et sa région. Auparavant, nous n’avions pas la capacité d’honorer nos joueuses de classe mondiale et leurs adversaires avec une salle digne de ce nom” note Fodor Janos, le directeur général du club. Il faut dire qu’auparavant, le club partageait un vétuste COSEC avec le club de basket de la ville, clairement un obstacle majeur pour son développement.

Une Arena de 1500 places, mais pas que

Crédit photo : Siofok KC

Fodor Janos a pu compter sur l’appui de la région et de l’état pour faire sortir de terre ce projet à quatre milliards de forints (entre 10 et 12 millions d’euros). “C’est génial de donner à cette région quelque chose de nouveau, de se dire que nous allons aider à former de nouveaux talents et que cette salle va servir à beaucoup de gens. Il était impensable que le club de Siofok partage sa salle avec son équipe de basket et ne puisse pas se préparer dans des conditions correctes” ajoute le secrétaire d’Etat au sport, présent lors de l’inauguration. Et qu’est-ce qu’on a pour dix millions d’Euros ? “Une salle de 1500 places, pas énorme, mais idéale pour la population locale” commence à énumérer Camille Aoustin, l’ailière gauche française arrivée l’été dernier de Metz. “Un petit chaudron”, précise Estelle Nze Minko. Cette arena côtoiera une autre salle, plus petite, qui servira de terrain d’entrainement. “On arrive sur le terrain par un lounge qui est clairement mieux que notre salon, c’est la partie un peu folle du truc” sourit Aoustin. Dans cette salle dédiée aux joueuses et au staff trônent canapés, frigos, machine à café et télévision. “On pourra y trainer avant et après les séances, l’ambiance y est même un peu cosy”, se projète déjà l’arrière tricolore. Idéal pour se créer un cadre de vie et passer un moment entre coéquipières. Vient ensuite le vestiaire. Si les images font rêver, pour les joueuses, c’est presque du jamais-vu. “C’est hyper moderne, on a toutes un grand espace personnel. Au mur, des écrans vidéos avec des écrans où on pourra regarder nos matchs” continue Estelle Nze Minko, arrivée il y a deux saisons sur les bords du lac Balaton, et qui profitera pleinement de cette outil au moins encore un an de plus. “Les vestiaires ressemblent à ceux de foot avec des sièges de voiture pour chaque joueuse,” précise Aoustin. Pour finir, une salle de musculation dernier cri, dessinée par le préparateur physique du club. Dans un autre bâtiment, un peu plus loin, logera l’académie tandis qu’un troisième bloc hébergera les bureaux du club. “Je suis hyper enthousiaste à l’idée de jouer dans cette salle, annonce l’ancienne ailière de Metz Handball. Depuis l’inauguration, on reçoit plein de messages nous disant : “mais ça a l’air incroyable votre salle!””… “Franchement, on nous avait montré les plans mais on n’avait pas les détails, explique Nze Minko. Et le résultat est juste : whoa c’est génial”.

Solberg, Penezic, Khmyrova, de sacrées recrues…

Et ce genre d’installations ultra-modernes, associé à des salaires confortables, ne laissent évidemment pas de marbre les meilleures joueuses du monde. Pour concurrencer les mastodontes Györ et FTC, qui trustent régulièrement le haut de la hiérarchie nationale et même européenne, les dirigeants de Siofok ont mis les petits plats dans les grands. Andrea Penezic, la Croate finaliste de la dernière Champions League avec le Vardar Skopje, et sa coéquipière en Macédoine, la Russe Tatiana Khmyrova, pour commencer. Sont ensuite venues s’ajouter à la liste Silje Solberg, la gardienne d’Issy-Paris et finaliste du dernier Mondial avec la Norvège et l’internationale polonaise Joanna Drabik. Avec de tels noms, la liste des recrues impressionne. D’autant que tout ce beau monde sera dirigé par Tor Odvar Moen, vainqueur de la Champions League avec le club norvégien de Larvik, qu’il a dirigé pendant plus de vingt ans.. Mais avec une salle flambant neuve et un recrutement XXL, il faudra évidemment que les résultats suivent. “Cette saison, on est encore dans les clous malgré toutes les blessures qu’on a connues. Là, avec le recrutement ambitieux pour l’année prochaine, le président nous a fait comprendre qu’il faudra sortir de très bons résultats” acquiesce Aoustin. Pour finir la petite histoire, Siofok s’est incliné de justesse, aux tirs aux buts, en demi-finale de la coupe de Hongrie, et Veszprem n’a pas renversé la vapeur en Champions League. Mais en attendant, sur les bords du lac Balaton, les choses avancent, et à grand pas.

Kevin Domas (avec C. Domas)

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