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Huit ans après, Dunkerque revient à Bercy

Crédit : USDK

Huit ans après avoir soulevé la coupe de France, Dunkerque revient à Paris pour y disputer une nouvelle finale. Avec l’espoir secret de refaire vivre la folie de ce 21 mai 2011.

Il y a des dates qui marquent l’histoire d’un club. Dans le Nord, le 21 mai 2011 en fait partie. Ce soir là, au bout d’un match de folie face à Chambéry conclu par une séance de tirs aux buts, Dunkerque soulève le premier trophée de son histoire, la coupe de France. De cette soirée magique, ils ne seront que deux, demain soir, à faire leur entrée sur le parquet de la désormais AccorHotels Arena : Baptiste Butto et Pierre Soudry, même si ce dernier, blessé, n’en est pas assuré. Mais qu’ils soient encore au club, parti sous d’autres contrées ou même retraités, ils se souviennent tous de ce moment. “C’est le meilleur souvenir de ma carrière. Parce que c’est le premier trophée du club, à Bercy, avec la ferveur de notre public. Pour moi, c’est plus fort que quand on gagne le championnat par la suite” sourit Erwan Siakam, qui porte désormais les couleurs de Tremblay. “J’avais été champion avec Ivry avant, mais là, c’était différent. Le fait que ce soit le premier trophée du club, ça rajoute vraiment de l’émotion” appuie son ancien coéquipier Mohamed Mokrani tandis que le portier Arnaud Siffert a dû attendre un petit bout de temps pour ouvrir son palmarès, qui compte désormais trois coupes de France : “Je pensais que j’avais laissé passer mon tour, à 32 ans. Premier trophée du club, personnel aussi, même si je n’ai pas joué pendant cette finale, un engouement de folie, on reste marqué par des jours comme ça.”

Une marée blanche dans les tribunes

Tous les ingrédients étaient là, en ce soir de mai, pour que l’émotion soit à son paroxysme. Un Chambéry qui n’avait plus gagné de titre depuis la coupe de la ligue en 2002 face à un Dunkerque au palmarès jusqu’alors vierge. “Les deux clubs avaient une grosse pression sur les épaules, Les occasions de remporter un trophée, à une époque où Montpellier dominait, étaient rares” se souvient Bastien Lamon, le demi-centre de l’époque. L’après-midi est longue, la finale est prévue à 21 heures. “Je me souviens que j’avais eu du mal à faire la sieste. Pas de stress, mais une grosse impatience” se remémore Mokrani, marqué par le discours d’avant-match de Sébastien Bosquet. Une fois que les lions sont lâchés dans l’arène, la physionomie de la rencontre fait monter les palpitants dans le rouge. Dunkerque s’échappe, prend quatre longueurs d’avance, Chambéry revient grâce à un Damir Bicanic intenable. Dunkerque croit poutant tenir la victoire quand Siakam trouve la lucarne… “Je me prends un carton rouge sur la dernière action et ils égalisent sur pénalty” finit Mokrani. “J’ai regardé des bouts de la finale avec Michaël Guigou jeudi soir. Edin Basic qui découpe Bastien Lamon, la marée blanche dans les tribunes, ce sont des images qu’on n’oublie pas” énumère Vincent Gérard. La séance de tirs aux buts reste dans la légende. Cédric Paty trouve la barre avant que Sébastien Bosquet ne trompe Cyril Dumoulin pour offrir le premier titre à l’USDK. “Là, on court tous vers notre public, c’était fou. Vraiment magique” continue Siakam.

La communion avec le public massé derrière un des deux buts est à la mesure de la délivrance. Ils sont 1500 à avoir fait le chemin jusqu’à Paris alors, en quelques secondes, c’est un volcan qui explose dans Bercy. Ragnar Oskarsson tombe le maillot, Siakam tombe à la renverse, tous se jettent dans les supporters…La fin de plus de cinquante ans à attendre ce titre tellement désiré. Une euphorie qui se terminera tard, très tard dans la nuit. “Lors de la soirée d’après match, on sentait un espèce de soulagement pour tout un club” continue Gérard, qui était un des rares à avoir déjà soulevé un trophée auparavant, que ce soit avec Istres ou Montpellier. Si pour certains, c’est le début de la magique aventure dunkerquoise, qui emmènera l’USDK jusqu’au titre de champion de France trois ans plus tard, pour d’autres, c’est aussi l’un des derniers matchs avant de partir sous d’autres cieux. “Ce titre est marquant car on était une vraie famille, toujours chez les uns ou chez les autres. Cette année avait été intense, et pour moi, c’était presque la fin de mon passage à Dunkerque” continue Siffert. Chacun a ses raisons propres pour faire la fête. Mais une chose est sûre, la coupe de France, c’est un charme bien particulier. “D’autant plus que c’était la première fois que les finales étaient organisées à Bercy. Beaucoup y avaient été en spectateur, mais cette salle donne une dramaturgie bien différente aux choses” explique Bastien Lamon.

Une grosse pensée pour Nicolas Bernard

Le premier trophée d’un club est déjà un moment particulier, mais forcément, les Dunkerquois n’ont pas pu s’empêcher d’avoir une pensée appuyée pour Nicolas Bernard. Après plus de vingt ans à la tête du club, le président de l’USDK s’était éteint six mois avant. Mais son souvenir, dans les travées de Bercy, était des plus vivaces. “Sebastien Bosquet a eu des mots très forts au moment d’entrer sur le terrain. On voulait tous offrir ce cadeau au président” souligne Mokrani. Son coéquipier Pierre Soudry ( à gauche) parle d’un “supplément d’âme, d’un malheur qui nous a soudé encore plus.” Le club, que le président Bernard avait porté à bout de bras, avait ouvert les portes d’un succès qui ne l’a plus quitté pendant trois ans, avec une coupe de la ligue et un titre de champion de France à venir, trois ans plus tard. “On dit toujours que le premier succès est le plus dur à aller chercher. L’équipe a grandi grâce à cette victoire en prenant conscience de ses capacités” souligne Patrick Cazal, à l’époque adjoint de Yérime Sylla.

Alors demain soir, pour rejoindre leurs glorieux ainés, les jeunes Dunkerquois devront d’abord ne pas se laisser intimider par une AccorHotels Arena dont ils n’ont, pour certains, jamais foulé le parquet. “En 2011, quand j’entre sur le terrain, je ne vois pas le public, je suis tellement motivé que je ne pense qu’à une chose, marquer des buts. Je n’avais rien calculé” rigole Siakam, tandis que Pierre Soudry parle d’une “salle mythique, qui a vite fait de t’inhiber si tu regardes les tribunes.” Alors ils pourront, pour certains, suivre les traces de leurs prédecesseurs. Et pour les deux rescapés de 2011, tenter de rééditer l’exploit. D’autant que, pour Soudry, qui s’envolera pour Toulouse cet été, gagner une nouvelle coupe de France face à Chambéry, ce serait un peu “boucler la boucle. Une belle façon de quitter le club.” Comme Arnaud Siffert, par exemple, huit ans plus tôt.

Kevin Domas

1 CommentairePoster un commentaire

  1. max - le 24 mai 2019 à 12h37

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