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Le FC Barcelone, et les autres

La saison 2019-2020 s’apprête à démarrer de l’autre côté des Pyrénées, mais le constat devrait rester le même. Il y aura une fois de plus deux Ligas, celle que jouera en solo le FC Barcelone, et celle que se disputeront les quinze équipes restantes. On décrypte pour vous cette nouvelle saison espagnole.

On attend toujours un renouveau du championnat espagnol, force est de constater qu’il faudra se montrer patient. La splendeur passée de l’Asobal paraît toujours autant lointaine. Hormis le Barça, aucun club n’a réalisé de transfert répercutant à l’échelle internationale, pouvant laisser penser que le championnat se renforce. Le mouvement le plus notoire parmi ces quinze équipes ne concerne pas un joueur, mais le retour au bercail du coach Manolo Cadenas, à León. Cela étant, la Liga Asobal n’en demeure pas inintéressante à suivre. D’une part, la lutte pour les places de dauphin et européennes se jouera entre plusieurs équipes confirmées, d’un niveau similaire et à l’ambition intacte. D’autre part, le championnat espagnol comporte de nombreux joueurs français, sur lesquels il s’avérera intéressant de garder un œil. L’Asobal c’est enfin l’occasion d’assister à l’émergence de jeunes révélations. Si l’argent ne coule pas à flots et les moyens se retrouvent considérablement réduits, le vivier ibérique regorge toujours de nouvelles pépites à suivre pour le futur.

Un seul candidat pour le titre

Cedric Sorhaindo (Barcelone)

Il n’est pas prétentieux d’annoncer déjà le FC Barcelone comme le futur champion d’Espagne, tant la supériorité du club catalan et son emprise sur la compétition ne sont plus à démontrer ces dernières années. En attendant de retrouver un concurrent sérieux comme l’était Ciudad Real il y a quelques temps, le défi du Barça consistera à prolonger son invincibilité en cours sur cette saison, voire même essayer de la terminer avec la bagatelle de 60 points sur 60 possibles. Comme si l’effectif n’était déjà pas assez riche, le génial demi-centre croate Luka Cindric a été recruté cet été en provenance de Kielce. Il rejoint un effectif pléthorique et peu modifié, également complété par l’arrivée du pivot international espagnol Abel Serdio (Valladolid). Le but du recrutement d’un des meilleurs joueurs du monde n’est pas d’écraser encore plus le championnat, mais surtout de permettre aux partenaires de Cédric Sorhaindo de parvenir à leur réel objectif qui n’est autre qu’une dixième Ligue des Champions. Une toute autre paire de manches…

Derrière, une lutte acharnée pour les places d’honneur

Derrière l’ogre barcelonais, on devrait retrouver au coude à coude Bidasoa Irún, surprenant dauphin la saison passée, et les habituels Logroño, Ademar León et Granollers. Malgré son apparent changement de statut (promu il y a deux ans et désormais qualifié en Ligue des champions), Irún a conservé un effectif pratiquement inchangé cet été. L’entraîneur Jacobo Cuétara, sacré meilleur coach du championnat l’an passé, continuera à s’appuyer sur ses quatre Français (Léo Renaud-David, Rudy Seri, Thomas Tésorière et Paco Barthe), ainsi que sur l’ailier droit Kauldi Odriozola, élu dans l’équipe type de la saison écoulée. Virevoltant et très rapide, le jeune ailier basque (22 ans) aura l’occasion de se mettre en valeur au plus haut niveau européen et devrait continuer à briller en Liga. A noter également la présence des frères chiliens Salinas : Rodrigo (arrière droit, passé par Nantes et Chartres) et Esteban (pivot). De beaux défis attendent cette équipe, mais l’année de la confirmation est souvent plus difficile, et avec l’alourdissement du calendrier et les attentes accrues, les Basques n’auront pas la tâche facile.

D’autres équipes, en tout cas, se tiennent aux aguets pour attraper la deuxième place. Parmi elles, Logroño, le club de Junior Scott, qui conserve un effectif intéressant malgré quelques modifications cet été, et qui semble armé pour continuer sur la lignée de la fin de saison dernière où ils ont terminé très fort. En effet, Logroño avait failli rejoindre Irún sur le gong, et peut se vanter d’être la seule équipe de Liga à avoir accroché le Barça sur l’exercice 18/19. Sans faire trop de bruit, le club de la Rioja paraît en mesure de retrouver sa seconde position.

Manolo Cadenas

L’Ademar León, désormais entraîné par l’illustre Manolo Cadenas, a conservé quelques-uns de ses éléments majeurs (Mario Lopéz, Gonzalo Carou, Acacio Marques). Malgré tout, des doutes peuvent surgir : l’arrivée d’Erwin Feuchtmann a été accueillie froidement par le coach, celle de la jeune promesse croate Tin Lučin reste une inconnue, Acacio Marques vient de se blesser pour plusieurs mois, et les départs de Juanin (retraite) et de Sebastian Simonet seront difficilement remplaçables, notamment pour leur leadership sur le parquet et dans les vestiaires. Avec en prime un renouvellement assez important sur les postes clés, il est possible que León rencontre plus de difficultés que prévu.

Ian Tarrafeta

Granollers conserve son noyau, composé de jeunes pousses talentueuses comme les demi-centres Ian Tarrafeta et Pol Valera, et d’éléments plus aguerris (l’ancien Parisien Antonio García, Adrià Figueras, Oswaldo Guimaraes). Le gardien brésilien Cesar Almeida est lui parti à Toulouse. Sans participation européenne cette saison, le club catalan a une grosse carte à jouer. Si Tarrafeta et Valera confirment tout le potentiel qu’ils ont laissé entrevoir, combiné à l’expérience des piliers Antonio García, Figueras et du roc défensif Marc García, Granollers peut clairement jouer les trouble-fêtes et coiffer tous les concurrents sur la ligne. En sa défaveur, un poste de gardien affaibli par rapport à l’an passé, et des ailiers encore tendres.

D’autres possibles outsiders

S’il y a bien une équipe qui a réalisé un marché conséquent cet été, il s’agit de Benidorm. Outre le fait de conserver son brillant arrière Pablo Simonet (élu dans l’équipe type 2018-19) et l’ailier droit international Álvaro Cabanas, le club de la région d’Alicante affiche son statut d’outsider ambitieux en ayant signé bon nombre de joueurs rodés à l’Asobal, ainsi que le jeune demi-centre français Jules Lignières (Rezé). Le club de Pampelune ne sera pas en reste, avec le retour du gardien suédois Henrik Norlander ainsi que les arrivées de l’arrière gauche argentin Guillermo Fischer et du prometteur arrière gauche capverdien Leandro Semedo (Porto). Les Navarrais auront à cœur de se racheter après une dernière saison décevante. Leurs supporters passionnés n’attendent que cela.

Álvaro del Valle

Cuenca, finaliste de dernière Copa del Rey et qualifié en EHF Cup, a recruté entre autres l’arrière droit hongrois Balint Fekete (ex-Logroño et Szeged) pour remplacer Ángel Montoro, parti à Schaffhausen. Il semble difficile pour Cuenca de réitérer les performances de la saison écoulée, durant laquelle l’équipe avait su tirer profit de l’effet de surprise, ce qui lui permit de jouer les trouble-fêtes dans toutes les compétitions espagnoles. La confirmation ne sera pas chose aisée. A suivre, les performances du gardien de la sélection argentine, Leo Maciel, assurément un des meilleurs du championnat. De son côté, Huesca a rapatrié l’arrière Álvaro del Valle (Nice) et laissé partir son pivot argentin Gonzalo Carró, direction Pontault-Combault. Hyper réguliers et abonnés aux 6èmes et 7èmes places sur les trois dernières saisons, les Aragonais chercheront à viser la 5ème place et ainsi venir bouleverser la hiérarchie chez les classiques du haut de tableau. Beau challenge en vue.

Pour compléter cette liste d’oustiders potentiels, Valladolid a signé le talentueux arrière gauche brésilien Arthur Patrianova (Benfica) et obtenu le prêt de Robin Dourte (PSG) afin de pallier le départ de Serdio. Il sera intéressant de suivre les performances de ce club à fort potentiel, qui ne cesse de grimper depuis son retour en Asobal en 2016. Valladolid se doit de revenir parmi les places fortes du hand espagnol. Et qui sait, en retrouvant l’Europe dès la fin de la saison ?

Un bas de tableau assez ouvert

Concernant la lutte pour ne pas descendre, on devrait retrouver le reste des équipes non citées jusque là, à savoir Santander dont l’effectif reste assez juste, malgré l’excellent arrière Ander Torriko ; Guadalajara, qui présente beaucoup d’incertitudes avec un effectif renouvelé de fond en comble ; Puente Genil, équipe assez modeste, bien que présente en Asobal depuis 2013 ; Cangas et son inusable arrière monténégrin Alen Muratovic (bientôt 40 ans, ex-Flensburg) ; et les deux promus : Puerto Sagunto, où jouera l’ancien Dunkerquois Alex Pozzer, et le très modeste Nava, village de moins de 3 000 âmes qui découvre l’élite cette saison.

La lutte s’avère donc ouverte à tous les niveaux… hormis celle pour le titre.

Alexandre Mazeron

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