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L’année sans des clubs français


Il n’y aura donc aucun club français en demi-finale des coupes d’Europe cette saison. Le contraste est saisissant avec l’an passé où, à la même époque, Paris, Montpellier et Nantes avaient validé leur billet pour Cologne tandis que Saint-Raphaël se qualifiait pour la finale de la coupe EHF. Les raisons ? Elles sont multiples et diverses. “La saison dernière a été incroyable, comme il n’en arrivera peut-être plus jamais. Avoir trois clubs au Final4 de la Champions League, c’était fou. Mais comme il ne fallait pas tirer trop de conclusions l’an dernier, il ne faut pas le faire cette saison non plus. Le championnat ne régresse pas, c’est juste l’histoire d’une saison” souligne Etienne Capon, le directeur général de la LNH. S’il fallait trouver des raisons, la première, et non des moindres, est que les adversaires étaient de qualité et que, notamment pour Nantes, il était même trop fort. Si Thierry Anti s’est bien plaint de ne pas avoir eu assez de temps pour préparer la première manche à domicile, nul ne dit qu’avec trois jours de plus d’entrainement, le résultat aurait été différent, tant ce Barcelone-là semblait intouchable. Le constat vaut aussi pour Montpellier, éliminé dès les phases de poule de la Champions League. Son groupe, d’où sont sortis les quatre demi-finalistes, était extrêmement relevé et le moindre faux pas s’est payé cash. Le Saint-Raphaël de l’année passée aurait sans doute atteint la Sparkassen Arena de Kiel mais celui de cette saison, rajeuni et sur courant alternatif, paraissait moins dominateur.

Pour Paris, l’histoire est évidemment différente. Hier, dans les travées de Coubertin, Bruno Martini, le manager général du PSG, tentait de faire remarquer les différences de niveau entre notre Starligue nationale et le championnat polonais. Plus d’adversité, moins de possibilité de faire tourner les joueurs et mécaniquement, plus d’usure physique et mentale arrivé au moment important de la saison chez les Parisiens. Si l’explication peut s’entendre, le niveau du championnat polonais n’avait pas empêché Paris de parfaitement maitriser son sujet l’an dernier. Certes, certains grands techniciens européens, à l’image d’Alfred Gislason, se sont déjà plaint de la situation. Mais elle est loin de tout expliquer. “Evidemment, cela joue. Mais on peut aussi voir la chose sous un autre angle et se dire qu’en jouant des matchs à forte adversité tout au long de la saison, on est mieux préparé” souligne-t-on à la LNH. De plus, entre le 17 mars, date du Final Four de la coupe de la ligue, et le 5 mai, date du match retour contre Kielce, le PSG n’a joué que cinq fois, en y ajoutant la semaine internationale. La qualification directe pour les quarts de finale de la Champions et l’élimination de la coupe de France a libéré les trois derniers weekends de mars. Lors de ces cinq rencontres, entre les réceptions d’Istres et le déplacement à Ivry tranquillement remportés par les hommes de Raul Gonzalez, les Parisiens n’ont pas eu à puiser dans leurs réserves. De l’aveu même de Raul Gonzalez, les joueurs parisiens ont pu souffler, grâce notamment à l’adaptation du calendrier du championnat, favorable aux clubs européens. Le manque de rythme a-t-il finalement plombé les partenaires de Nikola Karabatic ? On ne le saura jamais…

Doit-on désormais craindre un scénario à l’allemande, où les clubs français ne pourraient pas aligner championnat et coupes d’Europe ? Forcés de faire des choix, pourraient-ils alors faire passer les compétitions hexagonales au premier plan ? Cela n’a jamais été le cas jusqu’à présent, et cela ne semble pas l’être dans le futur proche. Mais la réforme de la Champions League prévue pour 2020, avec l’ajout de six matchs de compétition par rapport au format actuel, pourrait bien changer la donne. Si certaines équipes, à l’image de Kielce, ont déjà commencé à densifier leur effectif à cet horizon, tous les clubs européens n’en auront pas les moyens. “C’est une possibilité oui, mais pas une crainte. La coupe d’Europe va sans doute devenir encore plus exigeante avec cette réforme. Et les premiers touchés seront les joueurs” note Capon. La LNH a déjà commencé à travailler pour réduire le nombre de matchs, comme annoncé avec la suppression des demi-finales du Trophée des Champions. D’autres évolutions sont à prévoir. Mais en attendant, on retiendra la thèse de l’année sans, après une année incroyable.

Kevin Domas

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19 CommentairesPoster un commentaire

  1. ricardtube - le 6 mai 2019 à 17h28

    je dirais que nantes et montpellier sont moins forts que l'an dernier et en fin de cycle, on le voit avec le départ de pas mal de joueurs à montpellier, peut être anti et claire à nantes…
    et d'ailleurs l'écart avec chambé et nîmes est moins important que l'an dernier.
    quant à paris, ils se sont déchirés c'est tout.
    enfin saint raph fait sa plus mauvaise saison depuis bien longtemps, si on avait eu chambé ou nîmes cette année en EHF, on aurait peut être eu 1 ou 2 clubs en demie

  2. ricardtube - le 6 mai 2019 à 17h31

    en ce qui concerne la dureté de notre championnat ce n'est pas une raison, depuis le 3 avril il n'y a eu qu'un seul match.
    et moi je milite plutôt pour une D1 à 16 qui rajoute 4 matchs compensés par la réduction de 4 matchs si on supprime la coupe de la ligue.

  3. Dagele - le 6 mai 2019 à 17h34

    Attention je n ai rien contre le PSG. C est juste drôle que pour le handball, un championnat avec beaucoup d adversité soit une des explications pour l élimination en Champions League et que pour le football, un championnat sans adversité soit une des explications pour l élimination en Champions League.
    L année dernière le championnat de France était tout aussi relevé et on avait 3 équipes au Final Four….et je ne crois pas au problème de densité de joueurs pour le PSG (a la rigueur a Nantes ou Montpellier).

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