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Des certitudes et des questions pour les bleus


La défaite de l’équipe de France face au Danemark a montré aux bleus le chemin qu’il leur restait à parcourir. Et a rouvert le débat sur le poste de deuxième gardien.

Ce soir, Didier Dinart a des certitudes. On ne suppose pas, c’est lui-même qui l’a dit. La défaite face au Danemark a certes apporté certaines réponses. Oui, Elohim Prandi est bien l’arrière gauche après lequel l’équipe de France court depuis des années. Oui, Dika Mem est capable de prendre tout le monde sur ses épaules dans les moments chauds, et ses sept buts face aux champions du monde en titre le prouvent. Oui, la défense 1-5 peut être une solution temporaire, mais face à des joueurs aussi doués que Michael Damgaard, elle s’avère rapidement limitée. Mais ce soir, le sélectionneur Didier Dinart se retrouve face à “un choix cornélien”. Sans doute que lui-même n’avait pas vu venir la performance de Wesley Pardin, qu’on donnait comme déjà éliminé de la course à l’Euro vendredi soir. Les six arrêts du portier aixois ont permis aux Bleus de revenir dans le match en début de seconde période, et compliquent sans doute la tâche du staff tricolore, qui rendra la liste des seize sélectionnés pour le championnat d’Europe demain matin. “Wesley a été très efficace ce soir, Yann fait une très belle prestation contre la Serbie. Notre choix se fera en concertation avec Jean-Luc Kieffer. Mais n’allez pas penser que le statut de numéro un est remis en cause, Vincent a le droit à un petit passage à vide et il a prouvé des choses par le passé” souriait le sélectionneur, rappelant que Vincent Gérard a certes été moins bon que ses acolytes ce soir, mais que le choix se portera bien sur le poste de numéro deux.

Prandi fait une sacrée impression

Il n’y aura, en revanche, pas tant à se poser de questions sur le poste d’arrière gauche. Elohim Prandi avait déjà été efficace à Metz il y a deux jours, il a été parfois époustouflant ce soir. Sans se poser de questions, il a trompé cinq fois l’arrière-garde adverse en une demi-heure, lâchant deux passes décisives en bonus. Son association avec Nikola Karabatic et Dika Mem en début de seconde période a été redoutable, correspondant à un des temps très forts des bleus ce soir. Ce soir, c’est plutôt en défense que les Français se sont cherchés. Ils sont à moitié pardonnés, face à ce qui ressemble à la plus belle équipe de handball du monde à l’heure actuelle, capable de scorer dix-sept buts sans que Mikkel Hansen ne fasse autre chose que de tirer les pénaltys. “Le Danemark nous a montré ce qu’il nous restait à travailler, surtout sur notre défense 1-5, encore expérimentale. Ils ont vite réussi à trouvé les failles” constatait Valentin Porte. Et il reste encore un paquet de choses à bosser. “Il y a encore des affinités à trouver. On a déjà travaillé la 1-5 en octobre mais avec d’autres joueurs. Il faut que chacun trouve ses repères, mais ça peut prendre un peu de temps” constatait de son côté Ludovic Fabregas. La défense française a semblé mieux équilibrée quand elle s’est aplatie après le repos. La 1-5 pourrait ne pas être utilisée face au Portugal, vendredi prochain, en ouverture de l’Euro, les Lusitaniens étant adeptes du jeu à sept contre six. En revanche, cette variante pourrait être bien plus utile face à la Norvège, 48 heures plus tard. Ce sera dans une semaine, et il y aura le temps de travailler encore dans le secteur. Comme dans tous les secteurs, d’ailleurs.

Les statistiques :

FRANCE – DANEMARK 30:31 (14:17)
Arbitres : K. Gasmi, R. Gasmi (FRA)

France : Gérard (1 arrêt / 17 tirs dont 0/2 pén), Genty, Pardin (6 arrêts / 20 tirs dont 0/1 pén); Rémili (2/5 dont 0/1 pén), Lagarde (1/1), Prandi (5/9), Richardson (2/5 dont 1/1 pén), Mem (7/9), Tournat (1/1), N. Karabatic (4/7), Grébille (), Abalo (1/2), Sorhaindo (1/1), Guigou (3/3), Fabregas (0/1), Claire, Dipanda (2/3), Porte (1/1)

Danemark : N. Landin (7 arrêts / 23 tirs dont 0/2 pén), Green (5 arrêts / 19 tirs dont 1/2 pén); Kirkelokke (1/3), Bramming (3/3), Zachariassen, Saugstrup (3/4), Lindberg (1/2), R. Toft Hansen (1/1), Mollgaard, Mensah (0/1), M. Hansen (6/9 dont 3/4 pén), Olsen (1/3), J. Hansen (2/2), Damgaard Nielsen (11/14), Andersson, Oris Nielsen (0/1), Holm (2/2)

Kevin Domas

32 CommentairesPoster un commentaire

  1. rkj4 - le 5 janvier 2020 à 20h00

    Premièrement, bravo aux 2 équipes qui ont offert un match généreux et intenses. J’ai le souvenir d’une finale olympique entre les 2 mêmes, qui m’avait laissé un mauvais goût de fin de saison. Bravo aussi au public qui a mis une ambiance chaleureuse, festive et passionnée. Une ambiance de handball, donc.

    Deuxièmement, j’ai écrit une belle connerie après le match Norvège-Danemark. Je doutais de la valeur du Danemark hors Hansen et c’était une grosse bêtise. Aujourd’hui, le grand blond au bandeau a été bon et il a été surtout magnifiquement épaulé par ses copains.

    Troisièmement, et ça m’ennuie de la dire parce que moi, contrairement à beaucoup ici, je l’aime bien, mais Gérard n’y est plus du tout. Si Dinart est courageux, il faut qu’il le laisse au pays et qu’il parte avec Genty-Pardin. C’est l’évidence du moment. Sur sa ligne, Gérard n’est pas seulement inefficace, mais il est désinvolte. Actuellement, c’est un danger pour son équipe. Bien sûr, il peut se ressaisir, mais le risque demeure et si la tendance se confirme, elle sera rédhibitoire. Si Dinart se refuse à couper le cordon avec celui qui a largement contribué à son seul titre, il y a 3 ans, alors la moins mauvaise solution serait d’emmener l’un des 2 autres comme 17e homme, pour corriger le tir en cours de compète.

    Enfin, aussi bons soient-ils, j’ai l’impression que les joueurs Danois s’exposent pas mal. Ils ont eu des blessés lors de cette compétition amicale. Est-ce que tous tiendront les 2 semaines de l’Euro ?

    • bravoooo - le 5 janvier 2020 à 20h27

      J’aime beaucoup cette analyse surtout la fin et le 17ème homme. Alors, je ne parlerai pas forcément de cordon mais de confiance. Comme le dit DD, le gardien est un sport individuel dans un sport collectif et il est facile de défoncer qqn après 2 ou 3 mauvais match et oublier ce qui a été fait avant (même si VG a vraiment été mauvais, il faut être clair). Le sport se construit aussi et beaucoup sur la confiance et la durée sinon on change de gardien tous les mois et les mêmes qui crient aujourd’hui sur les non changements, crieront sur un groupe instable et que l’on ne peut pas travailler en changeant en permanence (je ne vais pas me faire que des amis… ;)) mais je pense qu’il faut le rappeler).

      • alex - le 6 janvier 2020 à 10h49

        Vincent Gérard ça fait bien plus que 2 ou 3 matchs qu’il est plus que pas bon pour ne pas dire mauvais…

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