Euro 2020 (M)

Un Euro ouvert, avec de nombreux enjeux

Niclas Vest Kirkelokke (Danemark)

A partir de ce jeudi, l’Espagne remet en jeu son titre de champion d’Europe dans une compétition qui compilera les premières fois, puisqu’à 24 participants et jouée sur trois pays. Le Danemark fait figure de favori, mais aura affaire à de sérieux concurrents, dont la France.

Les championnats d’Europe disputés lors des années olympiques sont toujours un peu particuliers. Derrière la compétition pour la suprématie continentale, les esprits seront forcément aussi tournés vers Tokyo. Didier Dinart l’avait dit en début de préparation : les Jeux olympiques sont l’objectif de la saison pour l’équipe de France, déclarant qu’il est « impensable » que les Bleus ne soient pas de la partie cet été au Japon. L’Euro attribue un ticket olympique au vainqueur ? Les partenaires de Nikola Karabatic chercheront à l’obtenir, et ils ne seront pas les seuls. Toujours en lien avec les JO, d’autres équipes, plus modestes, lutteront pour décrocher un des deux derniers tickets pour disputer un tournoi de qualification olympique, peut-être celui que la France organisera en avril. Les regards sont aussi tournés vers le Mondial égyptien de l’année prochaine, puisqu’une place dans le dernier carré de l’Euro permettra d’esquiver un périlleux match aller-retour de qualification en juin prochain.

Le Danemark pour le Grand chelem ?

Jannick Green et Lasse Bredekjaer Andersson (Danemark)

Au-delà du titre continental donc, des enjeux importants et variés se posent aux équipes et incitent à ne pas se relâcher, de quoi promettre une compétition engagée. Une équipe, cependant, est dispensée de toutes ces pressions : le Danemark. Champions du monde en titre, les hommes de Nikolaj Jacobsen sont d’ores et déjà qualifiés pour les JO et pour le Mondial. De là à imaginer les Danois prendre la compétition à la légère, il ne faut pas rêver. Les Danois ont l’opportunité d’entrer au Panthéon du handball en réalisant la performance de détenir les trois titres majeurs du handball international en cas de victoire finale, une performance seulement réalisée par la France en 2010 et 2015. Très solide lors de la Golden League le week-end dernier, notamment face à la France, le Danemark reste pour autant dans l’attente de savoir s’il pourra utiliser Rasmus Lauge, Magnus Landin et Lasse Svan, en train de guérir pour lesquels la décision sera prise juste avant le début de la compétition. Une chose reste sûre : en jouant tous ses matchs du premier tour et du tour principal à Malmö, soit à quelques minutes de route de Copenhague, la sélection danoise fait presque figure de quatrième pays hôte de la compétition.

L’Espagne a un titre à défendre

Alex Dujshebaev (Espagne)

Le Danemark est certes impressionnant, mais il n’est pas non plus intouchable pour certaines autres sélections. La France, qui l’a battu lors de la Golden League en octobre dernier, fait partie de ses principaux concurrents. L’Espagne, tenante du titre, également. La Roja, qui a obtenu son premier titre européen il y a deux ans, dispose toujours d’un groupe qui mêle joueurs d’expérience (Entrerrios, Sarmiento, Morros, Guardiola, Aguinagalde) et des éléments plus jeunes mais tout aussi talentueux, notamment les frères Dujshebaev. L’alchimie continue de produire ses effets ; pour rappel, ce sont les tirs au but qui ont dû séparer la France et l’Espagne lors de leur dernière opposition, lors de la Golden League en octobre.

Uwe Gensheimer (Allemagne)

Les Espagnols devraient avoir peu de difficultés à sortir de leur poule au premier tour, avec comme adversaires les Pays-Bas et la Lettonie, qui disputeront le premier Euro de leur histoire. Mais le match contre l’Allemagne, dernière équipe du groupe, aura une grosse importance pour le tour principal. Les Allemands, quatrièmes du dernier Mondial qu’ils co-organisaient, viennent avec une équipe toujours intéressante, mais déplorent pas mal d’absences sur la base arrière, dont celle de Fabian Wiede. Les Allemands ont néanmoins de réelles chances d’accéder aux demi-finales, s’ils parviennent à battre soit l’Espagne, soit la Croatie. Les Croates ont sur le papier un premier tour à leur portée, qu’ils disputeront avec probablement un fort soutien de leurs supporters, Graz n’étant qu’à 180 km de Zagreb. L’enjeu sera de briller au tour principal pour retrouver des demi-finales qu’ils ont manqué lors de leurs deux dernières compétitions internationales.

La Suède et la Norvège veulent profiter de l’avantage du terrain

Torbjorn Bergerud (Norvège)

Si les Espagnols, Allemands et Croates lutteront pour les demi-finales d’un côté, l’autre partie du tableau est encore plus dense avec le Danemark, la France, mais aussi la Suède et la Norvège, qui joueront toute ou une partie de la compétition à domicile. À Trondheim, une sacrée pression attend l’équipe de France face à la Norvège dimanche prochain, pour ce qui sera un des principaux chocs du premier tour. Les Norvégiens, bien que privés de leur joueur clé Bjarte Myrhol, gardent de nombreux atouts pour aller loin dans la compétition. Il faudra déjà bien négocier le premier tour à domicile, face à la France donc, mais aussi contre le Portugal, de retour à l’échelon international après 14 ans d’absence, et la Bosnie, qui jouera son premier Euro.

Lukas Nilsson (Suède)

La Suède, elle, jouera toute la compétition à domicile, et cherchera à rééditer la performance de 2002, seule année où un pays-hôte est parvenu à remporter la compétition. Finalistes de la dernière édition, les Suédois auront à cœur de faire mieux, malgré là aussi quelques absences chez les gauchers (Ekberg s’est retiré de la sélection, Zachrisson est forfait). Kristjan Andrésson pourra au moins s’appuyer sur une base arrière solide animée par Jim Gottfridsson et pouvant compter notamment sur les buts de Lukas Nilsson ou d’Albin Lagergren. Mais les performances suédoises lors de l’Euro Cup (compétition de l’EHF qui a regroupé les trois pays organisateurs et l’Espagne, tenante du titre, pendant que les autres équipes luttaient pour leur qualification), avec deux défaites contre l’Espagne et autant contre la Norvège, laissent à penser que les Suédois pourraient être un ton en-dessous du Danemark, de la Norvège ou de la France.

Quelle équipe pour jouer les troubles-fêtes ?

Klemen Ferlin (Slovénie)

On imagine mal une équipe autre que les sept déjà citées figurer dans le dernier carré, mais on ne peut mettre totalement de côté cette éventualité. D’autant que toutes les autres lutteront entre elles pour décrocher les deux places restantes pour jouer un TQO (un enjeu qui ne concerne aucune des sept équipes pré-citées). Cette qualification est d’ailleurs un objectif affiché du côté de la Slovénie. Les Slovènes pourraient être capables de se mêler à la bagarre pour les demi-finales, mais sans Matej Gaber et Marko Bezjak, et avec un staff dirigé par Ljubomir Vranjes en place depuis moins d’un mois, dans le tableau du Danemark, de la Suède, de la France et de la Norvège, l’équation sera difficile à résoudre.

Aron Palmarsson (Islande)

La problématique est équivalente pour la Hongrie, privée de Maté Lékai et Richard Bodo, avec à sa tête Istvan Gulyas, arrivé à ce poste en juin. Les Hongrois ont fait une belle campagne de qualification, mais, avec un effectif sur le papier plus faible que celui de la Slovénie, ils chercheront avant tout à bien préparer l’Euro qu’ils organiseront avec la Slovaquie, en 2022. Son adversaire pour une qualification au tour principal, derrière l’intouchable Danemark, sera l’Islande, toujours capable du meilleur comme du pire. Les Islandais gardent une solide équipe, avec Aron Palmarsson (néanmoins absent en amical contre l’Allemagne samedi), Gudjon Valur Sigurdsson et le revenant Alexander Petersson, ainsi que quelques jeunes à suivre comme Haukur Thrastarson. La Russie devrait avoir du mal à se mêler à la lutte.

La surprise pourrait venir du groupe A, où derrière la Croatie, la Biélorussie pourrait faire bonne figure. La génération d’Artsem Karalek, Vadim Gayduchenko et d’Uladzislau Kulesh commence à prendre de l’ampleur et, épaulés par les armatures de Minsk et de Brest, l’ensemble pourrait se transformer en poil à gratter pour la Croatie dans le groupe A, composé également de la Serbie et du Monténégro. Pour semer le trouble, on pourrait aussi compter sur une équipe du groupe B, le plus faible sur le papier, mais aussi le plus ouvert. La République tchèque, sixième en Croatie il y a deux ans, tentera de rééditer la performance, face notamment à l’Autriche qui jouera à domicile avec son serial buteur Robert Weber et l’arrière de Kiel Nikola Bilyk, ainsi que contre la Macédoine du Nord, qui a fini devant l’Islande lors des éliminatoires et qui pourrait bien avoir un coup à jouer. L’Ukraine, dans le même groupe, mais aussi la Suisse – malgré la présence d’Andy Schmid – et la Pologne (tous deux dans le groupe F) devraient également avoir du mal à jouer un rôle majeur dans la compétition.

Mickaël Georgeault

4 CommentairesPoster un commentaire

  1. Sephiroth - le 8 janvier 2020 à 22h32

    Vu que l’équipe nationale de mon pays s’obstine à rater la qualification, en tant que fan du Vardar je vais supporter la Russie et la Macédoine du Nord.

    Mais je n’ai pas de grandes attentes

  2. brunhand - le 9 janvier 2020 à 09h37

    Pour moi Danemark et Espagne favoris. Je crains que l’inconstance de nos gardiens et le manque de fiabilité de notre défense ne soient encore rédhibitoires quand on jouera ces grosses équipes en compétition.

    • jltriple - le 9 janvier 2020 à 11h05

      Eh oui, GG et DD seraient peut-être plus utiles en défense que sur le banc ?

Afficher tous les commentaires

Laisser un commentaire

Champs requis *

En direct Voir toutes les brèves
HandNews utilise des cookies sur ce site. Avec votre consentement, nous les exploitons pour mesurer et analyser l'utilisation du site (cookies analytiques) et pour l'adapter à vos intérêts et usages (cookies de personnalisation en fonction de votre navigation et de votre navigateur).