Proligue

A Valence, un maintien « sans effusion de joie »

Valence

En position de relégable depuis de longs mois en Proligue, Valence a obtenu son maintien à l’échelon professionnel sur décision de la Ligue liée à la suspension des championnats. Si la satisfaction est présence, l’entraîneur Eric Forets reste prudent pour la suite.

La situation actuelle de confinement total de la population française pour freiner la propagation du coronavirus ne tend pas forcément à discuter beaucoup de handball. À Valence, où joueurs et staff sont en chômage partiel depuis un mois, l’entraîneur Eric Forets l’admet volontiers : les conversations avec ses joueurs ne tournent pas autour de la balle pégueuse. « On est au chômage partiel, donc il n’y a plus aucun lien de subordination entre nous, explique-t-il. Le contact que j’ai avec mes joueurs est un bon contact humain, où on se donne des nouvelles, pour savoir comment vont les familles des uns et des autres. Le lien qu’on maintient est plus humain que sportif ou professionnel. » Du coup, l’officialisation de la fin de la saison tombée hier, attendue par de nombreux acteurs, met fin aux discours de maintien en forme à domicile dans le but d’être prêt pour une éventuelle reprise de la saison. « Évidemment les joueurs sont censés s’entretenir, mais j’ai des joueurs qui sont en appartement de 30 m², ça ne doit pas être rigolo tous les jours », rappelle Forets.

Le maintien en avril, « un luxe »

Outre l’annulation des derniers matchs de la saison, les annonces de la Ligue hier ont aussi apporté une bonne nouvelle pour le club valentinois : relégable depuis plusieurs mois, le Valence HB a été maintenu en Proligue. « Pour être tout à fait honnête, on s’en doutait fortement, reconnaît l’entraîneur du VHB. On avait bon espoir d’être maintenu en Proligue suite à tous ces événements parce qu’on ne voyait pas trop comment on allait nous annoncer qu’on descendait. » Si la satisfaction est bien sûr au rendez-vous, la joie reste limitée par les conditions actuelles. « C’est difficile de sauter au plafond et d’arroser ça, déjà qu’on n’a pas le droit de faire l’apéro et d’inviter des amis, ironise Forets. Mais on est content de continuer en Proligue l’année prochaine. »

Eric Forets (Valence HB)

Ce maintien « sans effusion de joie » aurait probablement été difficile à aller chercher en fin de saison, puisque six points séparaient Valence du premier non-relégable, Strasbourg, à huit journées de la fin. Après deux victoires lors des deux premières journées, Valence a enchaîné les défaites, se retrouvant coincé dans le bas de tableau avec Besançon, un autre promu. « Il ne faut pas se le cacher, on a vécu une saison difficile, où on a eu une longue série de défaites à un moment. Ça a été difficile à absorber pour l’ensemble du club, ce qui fait aussi qu’on ne va pas sauter au plafond de se maintenir. » Eric Forets rappelle au passage les conditions particulières qui ont permis à Valence d’évoluer cette saison en Proligue : la relégation pour manquements aux règles financières de Vernon et Grenoble, et une montée obtenue sur tapis vert, quelques jours avant le début de la saison. « Il faut bien se rendre compte qu’on a été propulsé en Proligue au 25 août, avec une saison qui démarre au 10 septembre, souligne-t-il. Être maintenu en Proligue au 14 avril, pour nous c’est un luxe qu’on n’a jamais eu. Donc on se dit qu’on ne peut que faire mieux. »

Inquiétude face à un futur incertain

Le staff du VHB peut donc désormais se projeter avec un peu plus de certitudes sur la saison prochaine. Mais la situation économique difficile qui attend tout le monde au sortir du confinement risque d’avoir aussi un impact sur le club drômois. « Il faudrait qu’on se prémunisse de tout accident industriel » résume Eric Forets, avant d’entrer un peu plus dans les détails : « Il y a une inquiétude à maintenir le partenariat privé au niveau où il était, le partenariat public aussi. Quand je dis inquiétude, par rapport à ce que vivent les gens à côté ce n’est pas très grave, mais je pense qu’aujourd’hui, personne n’est capable de dire dans notre club – et je pense aussi dans les autres clubs – comment chacun va réagir, et quelle va être la suite pour l’année prochaine. Tout ça nous amène à être prudent. »

Sylvain Kieffer (Valence HB)

La prudence est le maître-mot du discours du coach drômois, notamment lorsqu’il évoque les perspectives de construction de l’effectif, pour lequel seul le départ de Tom Poyet, de retour à Nîmes, a été officialisé pour l’instant. « J’ai plutôt une bonne lisibilité sur ce qu’il est possible de faire, certifie-t-il, mais on le fait avec la plus grande prudence possible par rapport à tout ce qui arrive, surtout que personne ne sait quand tout ça va s’arrêter. » Comme tous, Eric Forets attend de savoir quand les gymnases pourront rouvrir pour reprendre les entraînements, et quand le handball pourra reprendre avec ses spectateurs, supporters et partenaires. Sans visibilité sur ces questions, il est donc difficile de parler handball avec Sylvain Kieffer et les autres joueurs de son effectif…

Mickaël Georgeault

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