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Chambray, la stabilité et le collectif avant tout

, par Peter

Abonné aux places qualificatives à l’European League depuis trois saisons, le CTHB montre une certaine stabilité tant dans sa construction que sur le terrain. Avec un effectif quasi inchangé à l’intersaison, l’équipe dirigée par Mathieu Lanfranchi, revient sur son parquet, ce soir, avec ambition et humilité.

Chambray Touraine Handball retrouve son gymnase, au sol flambant neuf, de la Fontaine Blanche, ce soir, où il accueillera le promu Stella Saint-Maur. Après l’été 2022 qui avait vu les arrivées de Mathieu Lanfranchi et de nombreuses joueuses, dans un but de construire une équipe taillée pour l’Europe, une nouvelle saison auréolée d’une quatrième place au championnat, les tourangelles reviennent avec un effectif stable. Yaëlle Morvan (HAC) et Laurie Puleri (Plan-de-Cuques) sont les deux seules recrues de l’été. Les deux arrières arrivent dans un effectif rôdé et renforce la base arrière chambraisiennes qui avait besoin de sang neuf à l’issue de l’exercice précédent. Sur cette base arrière, elles seront associées à la capitaine serbe Jovana Stoiljković et la néerlandaise, virevoltante, Laura van der Heijden. Aux ailes, Manon Houette, Melvine Deba et Laugane Pina ont prolongé leur contrat et poursuivent l’aventure chez Les Conquérantes. Côté pivot, le CTHB peut compter sur l’infatigable suédoise Clara Monti-Danielsson, qui a prolongé jusqu’en 2025, et Aminata Sow, ex-capitaine de Bourg-de-Péage, arrivée au cours saison, après le forfait général du club de la Drôme. A la mène, Ida Lagerbon est retournée au Danemark, dans le club de SønderjyskE, laissant plus de temps de jeu à la jeune Lucie Modenel, elle aussi, arrivée de Bourg-de-Péage. Nadia Mielke-Offendal restera, sans nul doute, dans le 7 majeur à ce poste. Enfin dans les buts, Agathe Quiniou, qui avait assuré le poste de gardienne numéro 1 pendant la maternité Rikke Granlund, retournée en Norvège au Sola HK, sera épaulée par les jeunes Emma Perche et Sarah Vukovac. Mathieu Lanfranchi pourra compter sur ses jeunes du centre de formation pour intégrer l’effectif au gré de la saison donc Clémence Nkindanda, internationale jeune, ou encore Flavie Ledoux, doublure sur l’aile droite.

Une nouvelle saison pour le CTHB qui compte bien disputer le haut de tableau dans un championnat plus que jamais relevé et retrouver la phase de groupe de l’European League, après la désillusion de la saison passée, où elles étaient restées aux portes des groupes, éliminées par les futures demi-finalistes de Thüringer HC. Elles disputeront le troisième et dernier tour de qualification face aux tchèques du DHK Banik Most, mi-novembre.

 

Rencontre avec Mathieu Lanfranchi

 

Avant la rencontre de ce soir, Mathieu Lanfranchi a répondu à nos questions sur les objectifs du Chambray Touraine Handball pour la saison à venir.

 

HN : Après une première saison réussie sur le banc du CTHB, un effectif stable à la reprise, le beau jeu prôné l’année dernière sera-t-il reconduit dès le début du championnat ?

ML : « En ce qui concerne le sport de haut-niveau, il ne faut jamais rester sur place, nous avons fait une belle saison : et maintenant ? C’est ce que j’ai l’habitude de répéter aux joueuses : « Et maintenant ? ». Si nous rejouons le même jeu, sans le faire évoluer, il y a de fortes probabilités que nous soyons attendus, analysés. Le jeu sur grand espace n’a pas été assez utilisé l’année dernière donc ce sera un secteur à renforcer au fur-et-à-mesure de l’année. Il faut aussi défendre dur, défendre intelligemment et faire du beau jeu sur les phases d’attaques. Je suis un inconditionnel de Pep Guardiola, un inconditionnel du beau jeu et nous avons des joueuses capables de la faire. Nous avons deux joueuses qui ont intégrés le collectif et le plan de jeu sans pour autant changer ce qu’elles sont et savent faire. »

HN : Était-ce une volonté du club de stabiliser le groupe à l’intersaison ?

ML « L’année dernière, nous avons 9 joueuses qui sont arrivées à l’intersaison ou en cours, avec le forfait de Bourg-de-Péage, et un départ l’hiver de Karichma Ekoh. Il y a eu beaucoup de mouvements donc il y avait une volonté de stabilité. Nous avons prolongé aussi les cadres qui s’inscrivent naturellement dans le projet qui a débuté et été construit avec elle l’année passée : Jovana Stoiljković, Manon Houette, Melvine Deba et Clara Monti-Danielsson. Nous avions des besoins ciblés, des moyens limités, sans être non plus limitant et le but était de ne pas mettre en danger le projet en essayant de recruter et flamber. En tant qu’entraîneur, nous voulons toujours plus mais il faut se rendre à l’évidence de la réalité de terrain. Cependant, il ne faut pas oublier que nous avons des joueuses avec de nombreuses qualités, deux championnes du monde (ndlr : Manon Houette avec la France en 2017 et Laura van der Heijden avec les Pays-Bas, en 2019), de l’expérience en LBE, des internationales et de la jeunesse. Je pense que nous sommes loin d’être les plus à plaindre, bien que nous sommes loin derrière les budgets de Metz, Brest, Nantes ou même Paris mais nous construisons petit à petit. »

HN : Cette saison, quelles seront les ambitions du CTHB ?

ML : « L’objectif est de continuer à avancer et progresser, mais pas qu’en termes de résultats. Bien évidemment, nous serons jugés sur le classement à l’issue de la saison, si nous finissons cinquième, on dira que la saison est moins bonne que la dernière, mais être cinquième avec plus de victoires dans un championnat qui est de plus en plus relevé, c’est progresser. Terminer cinquième avec plus de buts, d’arrêts, moins de buts encaissés, c’est progresser. Progresser c’est aussi être dans la performance, que nous pourrions définir comme la capacité de répéter un certain niveau dans le temps. Progresser c’est aussi obtenir des conditions de travail optimales comme notre nouveau sol au gymnase qui apporte moins de contraintes articulaires, notamment, pour nos joueuses. Dans cet objectif général de progression, nous essaierons d’accrocher les places qualificatives à l’European League avec en tête qu’il y aura plus de difficultés que l’année dernière. Dijon, même s’il n’y a pas eu d’arrivée, se construit autour des jeunes, Besançon a eu un recrutement de qualité et n’aura que le championnat à jouer et sur lequel se concentrer. Tout comme Paris avec le retour de Méline Nocandy, chez elle. Metz, Brest et Nantes trusteront le podium mais il ne faudra pas oublier Paris qui a un bel effectif et aura à cœur de retrouver l’Europe. »

HN : Mathieu, quelles sont les valeurs que vous souhaitez véhiculer, inculquer à vos joueuses ?

ML : « Ce dont j’ai pris l’habitude de dire c’est : « être ambitieux sans être présomptueux » et donc à mes joueuses d’être ambitieuses sans être présomptueuses. Nous connaissons nos qualités, nos limites et le but du jeu est de les repousser. La phrase que je dis également est : « les pieds sur terre, la tête dans les étoiles et les mains dans le cambouis ». Nous avons réussi à obtenir le record de victoire du club, sur une saison l’année dernière, mais ça nous a demander beaucoup plus de travail. Le travail est aussi ce que j’essaie de véhiculer et est vecteur de performance. Nous retrouvons aussi les valeurs liées au sport de haut niveau : la solidarité, la combativité puisque nous sommes un sport de contacts, de combat et le respect. Le respect de l’adversaire mais aussi le respect de soi, valoriser tout le travail de la semaine chaque week-end. »

HN : Enfin, souhaiteriez-vous mettre une joueuse en avant pour la saison à venir ou resterez-vous sur cette idée de collectif avant tout ?

ML : « Le collectif avant tout ! Le collectif fera briller nos individualités. Nous sommes évalués sur nos arrêts mais ils sont dépendants des six filles devant. Nous sommes évalués sur le nombres de buts mais ils dépendent de la responsabilité d’aller tirer les pénaltys ou de la finition de nos ailières qui n’est « que » l’objectif final de tout ce travail de l’ombre. Je vais prendre un exemple : Laugane et Adiatou, la saison passée, n’ont été que très peu mises en valeur mais leur travail de l’ombre sur les tâches défensives a été essentiel à notre performance. Les résultats ne seront que la somme des actions misent en place par chaque joueuse. Pour terminer, le collectif est primordial, le plan de jeu du groupe conditionnera les résultats. Cet été, nous avons dû composer avec des blessures, des virus, la COVID-19, nous n’avons pas fait un entraînement au complet, mais nous avons trouvé des ressources dans ce collectif, ce qui est le plus important. La responsabilité individuelle n’est cependant pas non plus à oublier dans le collectif. Si nous n’atteignons pas nos objectifs nous nous remettrons en question et même si nous les atteignons. Le sport de haut niveau est un éternel recommencement à chaque entraînement, à chaque match, à chaque saison. Pep Guardiola disait dans un de ses livres : « C’est dans la victoire qu’il faut être le plus prudent ». Si tu ne changes pas les choses, les autres s’adapteront. »

 

Rendez-vous pris, ce soir, à Chambray, face à Stella Saint-Maur, pour le premier combat des Conquérantes, dans cette saison qui s’annonce haletante.

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