LNH

Le PAUC espère passer un palier

Stojanovic Aix 4

Neuvième, neuvième et douzième, tels sont les trois places finales du Pays d’Aix depuis sa montée en LNH. Avec les départs de Luka Karabatic, de Klemen Cehte et de Noka Serdarusic, on serait tenté de penser que le club provençal risque de passer une saison galère. Bien au contraire.

“La douzième place du dernier exercice est une petite déception au vu de l’effectif qu’on avait, mais on sait que sur la fin, on a un peu lâché du gaz”, note d’entrée Marc Wiltberger, adjoint de Noka Serdarusic la saison dernière. “Nous voulions nous maintenir vite, nous l’avons fait à six journées de la fin, et si on regarde bien, il n’y a que deux points d’écart avec la huitième place. Nous avons rempli nos objectifs, mais on n’a pas pu aller au bout de nos ambitions”, résume-t-il. Le départ du technicien allemand, parti prendre les commandes du PSG, va certainement laisser un vide au Val de l’Arc, tant il a apporté au PAUC. “Il a fait avancer le club, il nous a fait toucher nos manques”, explique Stéphane Cambriels, le directeur sportif provençal. “Son arrivée, conjuguée à celles de Luka et de Nikola la saison précédente, nous a apporté énormément sur le terrain et en dehors, même si elles ont fait grincer quelques dents. Ils nous ont fait passer un palier, et le club a grandi grâce à eux. Désormais on plafonne un peu, la faute à notre salle. L’Arena à venir va nous donner un nouvel élan, en nous permettant d’améliorer des milliers de choses”.

Des départs bien compensés

Cehte Aix 3Mais avant que cette nouvelle salle arrive, à l’horizon 2017, le PAUC doit déjà s’occuper de la saison à venir, et sur le terrain aussi c’est le grand chambardement. Le club a dû laisser partir Luka Karabatic, le pilier de sa défense, ainsi que Klemen Cehte (photo de gauche) et Mickaël Illes, ses deux meilleurs buteurs la saison dernière (111 et 106 buts respectivement), en plus de Yohann Ploquin, parti à Chartres. “Effectivement, si on ajoute tous les départs cela fait beaucoup. L’objectif de cet été est de reconstruire, et je pense qu’on n’a pas été malheureux sur les joueurs qui nous rejoignent”, tempère Wiltberger. “Certes, je ne pensais pas qu’il faudrait faire sans Klemen Cehte, mais d’un autre côté je ne pensais pas que Joan Saubich serait avec nous non plus”. Le petit ailier droit espagnol, que le Barca cherchait à prêter pour l’aguerrir, “est une véritable opportunité. Nos relations avec le Barca sont excellentes, et on était très intéressés, d’autant plus que nous n’avions qu’un seul pro sur ce poste”. Un atout de plus dans un collectif où, selon le coach, “la qualité sera tout aussi importante que la saison passée, mais plus répartie. On a pu avoir l’impression que c’était Klemen, Luka et les autres par le passé, ça ne sera pas le cas cette saison”. Le Slovène, parti à Dubaï et qui devait signer sa rupture de contrat en début de semaine, ne sera pour l’instant pas remplacé. “Nous avons quatorze joueurs pros avec l’arrivée de Saubich. Nous ne nous interdirons rien en janvier, une période souvent riche en renforts pour nous (les frères Karabatic en 2013, Dean Bombac en 2014 notamment, NDLR)”, précise Cambriels.

Fernandez pour encore progresser

crédit : S.Sauvage / PAUC Handball

crédit : S.Sauvage / PAUC Handball

Et si Ole Erevik, Juan Andreu ou Isaias Guardiola sont des renforts de grande qualité, Aix a trouvé en France celui qui devrait l’aider à passer un cap. Le capitaine de l’équipe de France, Jérôme Fernandez, arrive comme tête de gondole du recrutement, avec une place déjà réservée dans le staff pour le futur. “On ne voulait pas absolument remplacer Luka par un international français, surtout qu’ils sont difficiles à trouver ces derniers temps”, rigole Stéphane Cambriels, qui a joué un rôle majeur dans son transfert. “Mais nous lui proposions ce qu’il voulait, c’est-à-dire un plan de reconversion pour la suite”. Un vrai leader, sur et en dehors du terrain, qui a déjà été nommé capitaine de l’équipe et qui sera le relais privilégié de Marc Wiltberger sur le terrain. “Les rôles sont clairement définis, même si cela a pu susciter des interrogations. Jérôme sera joueur la saison prochaine, et je serai l’entraineur, même si ce n’est pas le genre de joueurs à qui on a besoin de dire quoi faire. Il va nous aider à la réalisation du projet, en conseillant ses partenaires, en étant un relais privilégié pour le staff sur le terrain”, explique celui-ci. “J’ai parfaitement intégré le fait qu’il sera entraineur dans une ou deux saisons, et cela ne me pose pas de problèmes”. Même son de cloche du côté de Stéphane Cambriels, soucieux de ne pas commettre à nouveau les erreurs du passé : “Les choses sont compliquées quand elles ne sont pas dites. Il n’y aura pas de mauvaise surprise, on sait que Jérôme sera dans le staff dans le futur. Marc est au courant, il a accepté la mission en tout connaissance de cause et cela ne lui pose pas de souci”.

Un staff élargi, et peut être plus encore à l’avenir

Crédit Photo : IHF

Crédit Photo : IHF

En attendant que le meilleur buteur en équipe de France ne fasse le transfert depuis le terrain jusqu’au banc du PAUC, Marc Wiltberger verra son staff étoffé afin de l’aider dans sa mission. “Il est impossible pour quelqu’un de travailler seul à ce niveau”, explique l’intéressé. “Je voulais quelqu’un avec moi et Didier de Samie jouera ce rôle d’adjoint. Eric Quintin, lui, sera plus dans un rôle de superviseur”. De part ses fonctions, l’entraineur de l’équipe de France jeune ne pourra pas toujours être présent. Mais, dans son club de cœur, il aura un rôle de conseil auprès du staff, afin de chapeauter un projet sportif ambitieux. Et il pourrait ne pas être la dernière addition sur le banc, puisque Daouda Karaboué est pressenti pour le rejoindre. “Nous avons déjà discuté, c’est quelqu’un que nous connaissons bien, qu’Eric côtoie régulièrement et qui pourrait bien sûr nous apporter quelque chose. Nous sommes dans cette idée de rendre le management intéressant, avec l’aide de gens qui partagent nos valeurs et qui sont dans l’échange”, selon Wiltberger, qui verrait d’un bon œil un troisième ancien international intégrer son staff.

La formation, une des priorités

Crédit photo : Jean-Pierre Riboli

Crédit photo : Jean-Pierre Riboli

Une des missions de cette saison, pour le champion de France 1995 avec Montpellier, sera de mettre le pied à l’étrier à une jeunesse provençale qu’on a trop rarement vue sur les parquets de LNH la saison dernière. La faute à ? Les explications sont multiples. Si le coaching de Noka Serdarusic s’appuyait essentiellement sur les éléments expérimentés la saison passée, Stéphane Cambriels a une explication autre : “Même si on n’a pas beaucoup vu nos jeunes sur le terrain la saison dernière, je pense qu’ils se sont enrichis au contact de Noka. Mais s’ils veulent prétendre à du temps de jeu, il faut prouver qu’ils le méritent. La saison qui arrive est une vraie fenêtre pour eux”, avant de faire le parallèle avec d’autres clubs de LNH. “Créteil, Nîmes sont des exemples pour nous. La formation est un travail de longue haleine et notre centre de formation n’a obtenu le label excellence qu’il y a deux ans. Nous sommes assez lucides sur le sujet, il faut d’abord que nos jeunes qui sont sur le banc soient performants, pour ensuite espérer que nos joueurs majeurs sortent de notre centre de formation”.

Marc Wiltberger renchérit : “Ces jeunes doivent gagner leur temps de jeu, et on ne doit pas forcément leur en donner. S’ils n’ont pas joué l’an dernier, c’est qu’ils n’avaient pas les qualités nécessaires”. Sans doute un peu dur sur le coup, le coach. Mais avec des rotations plus importantes, nul doute qu’on verra rapidement Pierre Marche, Gaby Loesch ou Matthieu Ong sur les terrains de LNH. Tout comme Karl Konan, d’ailleurs, qui intégrera l’effectif pro à temps plein. Aperçu la saison dernière, l’arrière gauche ivoirien de 20 ans, conseillé par Daouda Karaboué, devrait augmenter son temps de jeu du fait du départ de Klemen Cehte.

Objectif première partie de tableau

Wiltberger Aix 2Les objectifs de ce PAUC new look, un savant mix d’expérience et de jeunesse, quels sont-ils ? “Essayer d’avoir un ratio victoires/défaites positif, donc aux alentours de 13-14 victoires”, salive Marc Wiltberger. “Et si on regarde l’historique, cela correspond grosso modo à la sixième, septième place.” Et les coupes ? “On sait qu’avec quatre matchs gagnés, en coupe de la Ligue, on a un trophée. Cesson et Toulouse étaient au Final Four la saison dernière, nous répétons aux joueurs qu’il y a quelque chose à faire. Le club veut être européen le plus rapidement possible, les nouvelles recrues ont de l’expérience mais un palmarès peu garni, à part Jérôme, nous allons donc tout jouer à fond.” Au moins c’est dit, Aix veut clairement passer à la vitesse supérieure. Premiers éléments de réponse, demain soir au Val de l’Arc face au PSG et ce weekend aux Masters de Grenoble.

Kevin Domas

4 CommentairesPoster un commentaire

  1. Noka - le 12 août 2015 à 11h52

    Va falloir agrandir les bancs à Aix… Plus de coaches que de joueurs. Et Bhakti s’assied ou lui ? A la place du président ? Non j’déconne !

  2. Skancho - le 12 août 2015 à 12h57

    C'est vrai qu'il y a du vrai beau monde dans le staff, mais je pense que c'est positif, même si ça bouffe peut être un peu trop du budget salaire. J'aime bien ce club, qui se structure progressivement et qui est ambitieux sans excès. A mon avis, ils vont faire une belle saison !

  3. Frenchi - le 12 août 2015 à 13h31

    J'y crois moyennement à Aix personnellement… Sixième ? Va falloir faire plus que gagner les matchs "simples", va falloir qu'ils jouent des gros coups contre des équipes comme Nantes ou Chambéry et ça va être compliqué…

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