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L’étranger, ce bonus pour les Bleues

L’été passé, l’équipe de France féminine a connu un exode sans précédent. Mais qui ne semble, au final, être qu’une bonne chose, au moins pour la sélection.

Dix sur quinze. Ce n’est pas une statistique de shoot ou une note à un contrôle de maths mais bien le ratio de joueuses françaises jouant à l’étranger parmi celles qui ont affronté le Danemark hier lors du premier match de la Golden League (29-21). Du jamais-vu dans l’histoire de l’équipe de France féminine. Normal, puisque l’été dernier, six d’entre elles ont fait le choix de continuer leur carrière hors de nos frontières. Pour certaines, c’était une première expérience (Gnonsiane Niombla, Camille Ayglon-Saurina par exemple), pour d’autres, à l’image d’Alexandra Lacrabère, c’était une nouvelle tentative après deux expériences mitigées. En cause, des moyens financiers limités dans le championnat de France, voire même des faillites pour certaines, à l’image d’Estelle Nze Minko. “Le départ n’a pas forcément été contraint car j’avais toujours eu en tête de jouer à l’étranger mais il s’est fait plus tôt que prévu. Il s’est trouvé que la fin de Fleury m’a décidé à partir” explique l’arrière gauche, qui évolue désormais à Siofok, en Hongrie, qui assure ne pas s’être posé plus de questions de ça au moment de se décider. “Je suis aventurière de nature donc je n’ai pas eu trop de craintes. Et je n’ai pas eu le temps d’y penser et de psychoter, avec les Jeux Olympiques juste avant, on était sur complètement autre chose.”

Le sélectionneur voit cet exode d’un bon oeil

Les six partantes ont donc rejointes les Amandine Leynaud, Siraba Dembélé et Laurisa Landré, qui tiennent des rôles majeurs dans leurs clubs depuis quelques années. Plus de responsabilité, un niveau parfois meilleur mais un jeu en tout cas différent, Olivier Krumbholz, le sélectionneur national, voit d’un bon oeil que ses filles soient autant demandées à travers l’Europe. “Ca les renforce dans leur estime d’elles-mêmes, quand on signe dans un grand club c’est que ta valeur est reconnue. Elles reviennent endurcies, elles décrivent toutes que la demande est très forte et qu’il n’y a pas trop de place pour les états d’âme. Pour ce qui est de la qualité de l’entrainement, certaines sont très satisfaites, plus de quantité ou qualité” explique-t-il. Krumbholz, revenu en mars dernier à la tête de l’équipe de France, décrit aussi des filles responsabilisées, plus maitres de leur jeu et des leurs décisions, faisant ainsi écho à la description de Gnonsiane Niombla, qui porte les couleurs de Bucarest, le tenant du titre en Champions League. “En France, tout est très carré et ça, je ne le retrouve pas là bas. Ce changement m’a apporté dans mon expérience personnelle, dans mon caractère, j’ai du modifier certaines choses pour pouvoir être en liaison avec tout le club. On est forcément plus responsabilisés car on attend beaucoup de nous” explique celle qui vient de prolonger dans la capitale roumaine.

Des filles responsabilisées

Des joueuses responsabilisées, plus enclines à supporter la pression mise sur les étrangères et qui jouent, pour certaines, la Champions League avec les meilleures joueuses du monde tous les weekends, compliqué de trouver le moindre point négatif à ces exils. D’ailleurs la plupart, à l’image de Niombla, Nze Minko et Ayglon, ont choisi de poursuivre l’aventure, tandis que Coralie Lassource, par exemple, rejoindra elle aussi le championnat hongrois. “Ca m’a apporté beaucoup de confiance parce que beaucoup de responsabilités. J’ai un rôle de leader dans mon équipe que j’avais moins les années précédentes. Et je pense que ça m’a fait du bien, ça m’a permis de m’y habituer et de revenir en équipe de France avec un peu plus de confiance, sans m’imposer pour autant. Je m’assume en tant que joueuse” décrit Nze Minko, qui a clairement pris une autre dimension depuis un an, témoins ses huit buts hier face au Danemark. “Découvrir d’autres formes de jeu, d’autres cultures, fait que les filles reviennent avec un regard différent. Ca les ouvre vers d’autres perspectives en augmentant leur compréhension et leur compétence dans le jeu” conclut Krumbholz. “Ce qui fait qu’elles sont beaucoup plus actives dans la construction du jeu, ce que nous souhaitions en revenant il y a un an”. Avec sa légion étrangère, l’équipe de France a donc encore de beaux jours devant elle.

Kevin Domas

2 CommentairesPoster un commentaire

  1. Sasori9 - le 17 mars 2017 à 17h42

    Ca les renforce dans leur estime d’elles-mêmes, quand on signe dans un grand club c’est que ta valeur est reconnue. Elles reviennent endurcies, elles décrivent toutes que la demande est très forte et qu’il n’y a pas trop de place pour les états d’âme.

    ????? Ah bon, il a changé d'avis ???? Alors ca, c'est un miracle !

    "En France, tout est très carré "
    Bah justement, bcp trop ! Ca explique pourquoi, quand elles paniquent, elles font n'importe quoi. Je pense qu'un forumeur a raison en disant que certains coach sont trop "paternalisme."

    "On est forcément plus responsabilisés car on attend beaucoup de nous"
    Je pense que les coachs de LFH doivent suivre l'exemple des coachs étrangers, c'est de pousser les filles à prendre leur responsabilité sur leur terrain et ne pas trop attendre ou dépendant d'un coach qui n'est même pas sur le terrain !

  2. SportBilly - le 18 mars 2017 à 18h20

    Vous devriez vous relire avant de publier

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