Euro 2018

Sylvie Pascal-Lagarrigue: “Je ne suis pas inquiète”

Crédit: Pauline Ballet/EHF

Hier (mardi), nous vous dévoilions la première partie de notre entretien exclusif avec Sylvie Pascal-Lagarrigue, présidente du comité national d’organisation de l’Euro en France. A un mois du début de la compétition, elle fait le point sur l’état d’avancement des projets mis en place durant la compétition. Entretien.

Lors du championnat du monde 2017 en Allemagne, on a vu des salles très peu remplies quand le pays hôte ne jouait pas, ne craignez-vous pas vivre cela lorsque la France ne jouera pas ?

Je n’ai pas de crainte par rapport à cela, pour une raison. On a réussi à convaincre l’EHF d’avoir un modèle de billetterie unique avec un billet pour un match, comme cela avait été le cas pour le mondial. Ca nous permet de garantir le fait qu’une fois le billet acheté, les personnes vont venir voir le match. Alors que la formule qui est généralement proposée sur un Euro, est un billet pour tous les matchs de la journée dans la salle et elles ne viennent qu’aux matchs qui les intéressent. J’étais en Suède en 2016, il y avait un Suède / Serbie qui était plein, derrière, pour le France / Espagne, la salle s’était vidée entre les deux rencontres. Les Suédois étaient simplement venus voir leur équipe. Notre stratégie nous permettra de mieux remplir les salles sur tous les matchs. Il y a 175 000 billets qui sont prévus sur chacune des sessions de la compétition.

En 2017, lors du mondial masculin on avait pourtant vu la mise en place de packs qui avaient aussi incité les personnes détentrices de ces packs à rester voir des rencontres, on avait ainsi vu un Russie / Japon qui s’était joué dans une salle quasiment pleine…

Oui, c’est ce que nous avons fait à l’ouverture de la billetterie qui était assez tôt, le 27 septembre 2017 jusqu’au début du mois de février. Et après nous avons ouvert la billetterie unique. Ça nous permet de vendre des billets sur des matchs « phares », même si je n’aime pas trop ce terme là parce que sur un championnat d’Europe, tous les matchs sont disputés, mais en fonction des horaires de ces rencontres il était plus ou moins facile de les vendre. Ce système de packs nous permet donc de vendre plus facilement un match qui serait un peu plus mal placé dans la semaine.

Justement, par rapport aux affluences que l’on connaît dans le handball féminin en France, n’avez-vous pas de craintes à remplir des enceintes comme le Hall XXL à Nantes ?

Le fait de jouer au Hall XXL était une volonté des collectivités locales, pour organiser le championnat d’Europe dans les mêmes conditions que le championnat du monde. La salle XXL ne sera pas à 11 000 mais à 9 000, ce qui est très important. C’est aussi un des points du cahier des charges de l’EHF d’avoir une salle dont la capacité est supérieure à 8 500 places pour le tour principal où le pays hôte joue. La France jouant à Nantes, il fallait cette capacité de salle. L’objectif est aussi de mobilier haut-delà de la famille handball, notamment dans les autres sports. A Nantes, ils sont très dynamiques sur cela, entre les disciplines, que ce soit le basket ou le volley, il y a une dynamique dans le sport féminin à Nantes. Le fait d’avoir l’équipe de France sur le tour principal, nous permet de vendre des billets parce que les personnes font la supposition que la France terminera dans les deux premières places de son groupe. Donc sur ces matchs-là, on commence à bien vendre. C’est sûr que la jauge est importante et je ne le nie pas mais il y a une forte mobilisation du territoire et de tout le monde pour qu’on arrive à atteindre ces objectifs.

Quant aux lieux qui n’accueillent pas l’Equipe de France, il n’y a pas une petite crainte par rapport à l’affluence ?

Non parce que tous les matchs sont importants. Par exemple à Montbéliard, on aura une des poules les plus relevées, à Nantes, sur le tour principal, on a des grosses équipes comme le Danemark et la Suède. On a aussi réussi à positionner un pays par groupe, avant le tirage au sort pour que les territoires puissent se mobiliser. A Montbéliard, on retrouvera les Pays-Bas, ils souhaitaient faire tout un travail avec les eux parce qu’il y a un marché de Noël où le thème sera les Pays-Bas. Cela permettra d’attirer un public qui vient pour le marché de Noël et de coupler avec l’Euro. Il y a des matchs qui sont déjà bien remplis, je ne vais pas vous le cacher et l’Equipe de France n’y est pas. Je pense que ça va le faire, je suis optimiste. Je crois qu’on n’aura pas fait un Euro avec autant de spectateurs à regarder les matchs, quel qu’il soit. C’est vraiment notre objectif, on a déjà vendu près de 100 000 billets.

“Créer des moments d’échange et de partage”

 

On sait que chez les supporters, les Norvégiens réservent les places pour les phases finale en premier, cela a-t-il été le cas ?

Oui tout à fait ! Ils ont été dans les premiers pour acheter les places des demi-finales et finale à Paris. Ils achètent d’entrée ces places-là, ils partent du principe qu’ils vont aller à Paris.

On n’a pas trop entendu parler des animations qui sont prévues autour des salles, qu’avez-vous mis en place dans les différentes villes hôtes ?

Les alentours des salles vont être animés. Ce sont plutôt les collectivités locales et les ligues qui vont mettre ça en place. On parlait tout à l’heure de Montbéliard et son marché de Noël, il y aura des navettes pour que les gens puissent aller directement de la salle au marché. Ca crée une vraie dynamique dans la ville autour de l’Euro. Sur les autres villes, il y aura des espaces. A Nantes ce ne sera pas aussi grand que lors du mondial mais il y aura tout de même un village. A Nancy, il y a un espace couvert à côté de la salle qui va leur permettre de mettre en place des animations de découverte de la pratique et pour que le public puisse patienter parce que les salles seront vidées entre chaque rencontre. Certaines d’entre-elles commenceront même avant l’Euro. L’objectif est de faire venir les enfants, sur le marché il y a toute une opération avec l’institut des sourds de France. Il y a la présidente d’un club de handball qui est très investie auprès de ce public qui a mis en place des tournois, des visites de la ville avant d’aller voir des matchs. Il y a une vraie dynamique qui se crée pour aller voir les matchs avec des animations et un partage avec les enfants.

Crédit: Nantes / EHF

On va avoir autour de l’Euro le projet Démos, avec la philharmonie de Paris. Démos est un dispositif à vocation sociale, c’est de l’éducation musicale. Ca permet à des enfants d’avoir un apprentissage musical avec un instrument pendant trois ans et ils se produisent en orchestre. Ils répètent et travaillent par petits groupes avant de se regrouper régulièrement pour jouer ensemble. Dans le cadre du partenariat que l’on a avec la philharmonie, l’idée était de créer, dans les villes hôtes, des moments d’échange et de partage entre des jeunes handballeurs et handballeuses, avec ces musiciens. Excepté à Nancy, toutes les villes ont un orchestre Démos à proximité et il y a des journées d’échanges. A Brest, il y avait eu un tournoi de sandball organisé avec ces jeunes musiciens et des handballeurs. A la fin du mois de septembre, des handballeurs avaient eu une journée d’initiation musicale avec l’orchestre Démos. Ce sont des moments d’échange et de partage entre les musiciens et des handballeurs qui s’ouvrent à un autre monde.

On trouve en plus des similitudes des deux côtés. Le coach et le chef d’orchestre, les différents postes que l’on a dans un orchestre et dans une équipe… C’est surtout cette notion d’échange et de partage qu’il y a. Un jeune musicien qui a du mal à répéter son morceau va être aidé par son camarade, au handball c’est pareil, on aide ses coéquipiers. On a fait le 24 octobre à Arcueil, une opération Démos entre des jeunes handballeurs et des musiciens de l’orchestre Démos du Val-De-Marne.

Actuellement, tous les musiciens répètent l’hymne de l’Euro et sur un match, sur chacun des sites, les enfants joueront la musique officielle, en direct, sur le parquet. Les enfants sont très enthousiastes, leurs parents stressés parce qu’ils vont jouer dans des grandes salles, au moment de la petite finale et c’est super intéressant. Ca suscite de l’engouement, de l’intérêt de la part de ce milieu culturel musical vers une autre activité et inversement. Sur la région Bretagne, ils ont envie de faire durer cet échange pour que ce lien reste entre le monde de la musique et le monde du sport, je suis très heureuse que cela se déroule comme ça.

“Un engouement énorme des musiciens”

 

C’est d’ailleurs un choix inédit de la part de l’organisation de s’être tournée vers du classique pour un hymne d’une compétition…

Je crois que sur beaucoup de choses on tente d’être innovant et décalé. On le voit aussi au travers du logo qui est plutôt jeune, moderne, dynamique avec plein de couleurs… La musique classique en fait partie et ce n’est pas incompatible. On a d’ailleurs fait une petite vidéo par rapport à cela et ça correspond aussi au handball. Il y a des temps-forts, des temps faibles, il y a de l’engouement, ça va vite, comme le handball. Dans le cadre du choix de la musique, j’ai eu l’occasion d’emmener voir avec moi un match le chef d’orchestre. On était allé voir Issy-Paris contre Erd en Coupe d’Europe où il y avait une remontada à faire et les filles l’avaient faite. Il découvrait en direct ce qu’était un match de handball et cela l’a accompagné dans le choix de la musique.

Êtes-vous à l’origine de ce choix de musique classique pour l’hymne ?

Oui, j’ai de la famille qui travaille à la philharmonie de Paris, qui connaît bien le responsable du dispositif Démos et je voulais trouver quelque chose à faire. Ca aurait très bien pu être une danse et de fil en aiguille, les personnes de la philharmonie de Paris ont trouvé le projet intéressant. Il y a un engouement énorme des musiciens par rapport à ce dispositif. On m’a déjà sollicité pour savoir s’il n’était pas possible de le pérenniser, avec des clubs. Sur Lille par exemple, avec les -13 ans, ils ont organisé un championnat d’Europe qu’ils ont appelé « l’Euro Ch’ti », durant un mois et ils se sont mobilisés pour faire intervenir l’orchestre Démos de Lille, sans qu’on n’ait de partenariat avec eux, pour jouer un morceau dans la salle.

A un mois du lancement de la compétition, qu’est-ce qu’il vous reste à accomplir et qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter pour que la compétition se passe bien ?

Tout d’abord, un beau parcours de notre équipe de France, parce que c’est essentiel, sans vouloir mettre la pression sur l’entraîneur national et les joueuses mais tout le monde va l’attendre. Puis que ce soit une vraie fête populaire, que les gens apprécient, qu’il y ait un engouement. On sait que plus on va en parler, plus le public va venir parce qu’on sait que souvent, avant la mobilisation il y a un peu d’attente.

 

Propos recueillis par Maxime Cohen

🎟 Pour retrouver la billetterie 👉 C’est ici 

HandNews & CasalHand

6 CommentairesPoster un commentaire

  1. No - le 31 octobre 2018 à 09h12

    Krumbolz pression maximum

  2. Maurice le siffleur - le 31 octobre 2018 à 09h44

    Ça s’appelle la méthode Coué.
    «  Je ne suis pas inquiète. Je n’ai pas de crainte. On commence à bien vendre. Pas de crainte parce que les matches sont importants (ptdr) je pense que ça va le faire je suis optimiste. Engouement, dynamique ». Un logo Djeun’s… quel argument ! Un marché de Noël… j’arrive !
    Mais la dernière phrase veut tout dire : avant la mobilisation il y a un peu d’attente !

    • Sasori9 - le 1 novembre 2018 à 11h49

      C'est du marketing !!!!!!!

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