Proligue

Cesson et Limoges, favoris naturels ?

Sylvain Hochet (Cesson)

Cesson et Limoges sont les favoris désignés de la nouvelle saison de Proligue qui débute ce vendredi. Mais leurs deux entraîneurs abordent cette saison avec humilité.

La LNH a communiqué dernièrement les budgets des clubs de Proligue pour la saison 2019-2020. Et deux équipes dominent le classement. Cesson-Rennes, avec plus de 3,3 millions d’euros de budget, est largement en tête, et possède même un budget au moins deux fois supérieur à celui de neuf de ses adversaires cette saison. Son dauphin, Limoges, dispose de près de 2,8 M€ de budget, soit plus de 600.000€ de plus que le troisième budget du championnat et seule autre équipe au-delà des 2 M€, Nancy. Certes, si tout se jouait sur ces chiffres, on n’aurait pas besoin de jouer au handball derrière. Néanmoins, ils sont indicatifs de la supériorité de ces deux clubs en Proligue. Sur le papier.

Cesson n’a pas le droit à l’erreur

Christian Gaudin (Cesson)

De fait, Cesson et Limoges sont les deux clubs à affirmer clairement vouloir jouer en Starligue dans un futur très proche. Ils sont donc naturellement favoris désignés pour la quête de la première place, qui accorde un ticket pour la Starligue avant le Final Four de Saint-Brieuc. « Le président l’a dit clairement, la volonté du club est de retrouver l’élite dès cette année », souligne ainsi Christian Gaudin, l’entraîneur des Irréductibles. À Cesson, la saison dernière reste en travers de la gorge. Cette saison qui devait lancer une nouvelle ère pour le club, celle de l’entrée tant attendue dans la Glaz Arena, grande salle de 4 500 places, devenue nécessaire pour la croissance du club, s’est soldée par un échec avec une descente sans gloire en Proligue. L’effectif, largement revu à l’intersaison, paraît même plus compétitif que celui de la saison dernière à l’échelon supérieur avec le recrutement de joueurs internationaux (Igor Anic, Robin Cantegrel), ayant connu la Ligue des champions (Florian Delecroix, Sajad Esteki), ou encore du troisième meilleur buteur de Proligue la saison dernière (Youenn Cardinal). « Les joueurs qui arrivent sont des joueurs conquérants et qui ont envie de redorer le blason du club », complète Gaudin.

Luka Mitrovic (Cesson)

Reste maintenant à construire un collectif. Et c’est là où le bât blesse, pour l’instant. « Quand on renouvelle un effectif à quasiment 75 %, tu as le souci que les gens puissent jouer ensemble très vite pour pouvoir performer très vite, explique Gaudin. Mais ce n’est pas facile, entre des joueurs qui sont arrivés tardivement, d’autres joueurs comme Sajad Esteki qui a eu un problème de visa donc il est arrivé presque trois semaines après les autres… » La défaite surprise à domicile en Coupe de la Ligue contre Strasbourg, match auquel Luka Mitrovic et Sajad Esteki n’ont pas participé pour cause de blessure (ils ont repris l’entraînement cette semaine), a montré que l’équipe n’est pas encore prête. « Mais on doit performer tout de suite, répète Gaudin. On fait partie des favoris au podium, donc on se doit d’être prêts le plus vite possible. »

Un projet très solide à Limoges

Tarik Hayatoune (Limoges Hand 87)

Pour Limoges, la donne est sensiblement la même. « C’est sûr que si on regarde le recrutement, notre budget, la dynamique du club, on nous place parmi les favoris, et c’est normal, reconnaît Tarik Hayatoune, l’entraîneur de Limoges. Et je suis le premier à vouloir assumer ce statut. » Le LH87 a recruté des joueurs expérimentés de Starligue, comme Jérémy Suty, Yassine Idrissi ou Juan Andreu, et comptera ainsi huit trentenaires dans son effectif, tous ayant eu leur nom sur une feuille de match de Starligue. À cette grande dose d’expérience s’ajoute quelques joueurs plus jeunes, comme Antoine Léger et Maximilien Tike, arrivés cet été. De quoi assurer à Tarik Hayatoune un effectif très solide pour sa première année sur le banc limougeaud.

Yassine Idrissi (Limoges Hand 87)

De quoi avoir un peu la pression pour le nouveau coach ? « Une belle équipe, un gros budget, des grosses attentes, tout cela va de pair, affirme-t-il. Il y a de l’enjeu, un mot que je préfère à pression. Mais rester dans son confort ne fait pas avancer. On sait que les attentes font que nous n’aurons pas beaucoup de temps pour nous mettre en route. Mais je sens une vraie impatience de rentrer dans la compétition, de savoir enfin ce qu’on vaut. Le challenge est grand, mais il est accepté de tout le monde au club. » Le challenge est de « monter dans les deux ans ». Ambitieux, mais logique vu les moyens mis. Les joueurs pourront en tout cas compter sur un fort soutien populaire. « Le projet avance, et je sens beaucoup d’engouement, poursuit Hayatoune. Cela se voit aussi au fait que le club va jouer six fois à Beaublanc et une fois au Zénith. »

La concurrence sera rude

Les deux favoris partagent donc comme points communs de jouer dans une belle salle (Limoges par intermittence, Cesson en permanence), d’avoir un gros budget et d’avoir un bel effectif. Autre point commun ? Avoir été éliminé d’entrée et à domicile en Coupe de la Ligue la semaine dernière. Ni Christian Gaudin, ni Tarik Hayatoune ne pêcheront par excès d’orgueil. « Comme la Starligue, la Proligue augmente de niveau année après année, et rien ne nous sera donné, ajoute ainsi Gaudin. Il faut y aller avec beaucoup d’humilité parce qu’on n’est pas les seuls à avoir des objectifs aussi élevés, on n’est pas les seuls à avoir construit une équipe sympathique. »

En effet, des équipes comme Dijon, Saran, Nancy, Massy ou encore Pontault, tous candidats aux play-offs, devraient faire office de concurrents directs. « Comme tous les ans, plein d’équipes vont se battre pour les premières places, j’en vois sept ou huit très solides, déclare de son côté Hayatoune. Il faut être méfiant par rapport à ce championnat, qui peut être très piégeux. Il faudra, avant tout, ne pas laisser de point en route face aux équipes derrière nous au classement et qui joueront le maintien. » Si on peut considérer les défaites en Coupe de la Ligue comme des accidents sans frais, les deux grands sont attendus au tournant pour leur début de saison – Cesson à Nice, Limoges à Sélestat. «  Je pense que les deux-trois premières journées vont déjà conditionner beaucoup de choses », prévoit Christian Gaudin. Et dans ces premiers virages à ne pas manquer, l’épaisseur des budgets ne sera plus qu’une donnée annexe.

Mickaël Georgeault, avec Kevin Domas

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