Proligue

A Sarrebourg, “on ne met jamais la charrue avant les boeufs”

Christophe Bondant, Sarrebourg (crédits : Martin Remigy)

Au terme d’un exercice abouti sur de nombreux tableaux, Sarrebourg se retrouve aux portes de la Proligue. L’entraîneur Christophe Bondant et le président Christian Reinhardt reviennent avec nous sur cette saison, et se projettent sur celle à venir.

Ça fait 5 ans que je suis au club. On s’était donnés 5-6 ans pour monter, et maintenant on y est. C’est dommage que ça prenne cette forme là mais c’est une énorme satisfaction et pour nous, les bénévoles, les dirigeants, … pour tout le monde.” En effet, Christophe Bondant, entraîneur de Sarrebourg, ne peut qu’être satisfait des progrès réalisés par son club ces dernières années. Avec pour objectif d’accéder à l’antichambre de l’élite d’ici 2021, ses hommes ne se sont pas privés de prendre de l’avance sur le calendrier. Et si le club est dans l’attente de la décision de la CNACG (attendue courant Juin), les dirigeants ont voulu faire le maximum pour valider la belle cinquantième saison de l’histoire du club par une accession en deuxième division.

Un effectif monté en puissance

Cette saison de N1 débute sous les meilleurs auspices, après une préparation estivale très aboutie avec de bons résultats amicaux, mais les joueurs sont difficilement rentrés dans leur championnat. A tel point qu’à la fin de la 8ème journée, le collectif mosellan se retrouvait premier non-relégable. “On s’est peut être vus trop beaux trop vite” résume le coach sarrebourgeois Christophe Bondant, pour revenir sur le début de saison de son équipe.

Pourtant loin d’être en crise, l’effectif ne s’est jamais démobilisé, et a relancé la machine de la plus belle des manières. Ne perdant qu’un match sur les 7 autres journées, l’équipe s’est même autorisé un beau parcours en coupe de France. “Ça a été un kiff pas possible ! Battre Strasbourg chez nous, faire juste -3 contre Dunkerque … ça montre à quel point les joueurs sont capables de se transcender, et on finit par une montée en Proligue !” Une montée permise par une constance retrouvée dans le niveau de jeu affiché, qui a permis  de sécuriser la place de second VAP et 4 points d’avance sur le 3ème, Caen.

5èmes au classement général, l’équipe de Christophe Bondant aura connu beaucoup d’adversité dans cette nouvelle poule élite. “On est allés gagner d’un but à Boulogne (11e) et pour nous c’était une super victoire, souligne le coach. On a eu aucun match facile cette année, et c’est intéressant car ça permet de garder les joueurs dans la dynamique, de toujours bosser au maximum et ça nous prépare pour l’année prochaine.

Lucas Weiss, Sarrebourg (crédits : Christian Spahn)

Dans le jeu, la formation du Grand Est s’est distingué par sa défense (3ème du championnat), et cette “volonté de ne pas subir les choses quand on défend mais plutôt de les anticiper ou de les provoquer chez les attaquants” nous dit l’entraîneur, qui s’est aussi satisfait de la coordination avec les gardiens de buts. Il tempère néanmoins en soulignant que son équipe doit encore gagner en stabilité. De l’autre côté du terrain par contre, le bilan est moins mélioratif. “Il nous a manqué de continuité, on a pris trop de risques, observe Bondant. Pour l’année prochaine, on va rentrer des joueurs qui ont cette culture de moins mettre la balle en danger, et c’est là dessus qu’on appuiera notre projet de jeu. Défendre comme des chiens, monter les ballons et ne pas prendre trop de risques en attaque.

Une équipe renforcée pour le maintien

Si le départ de Gaëtan Canton est acté, l’effectif ne devrait pas connaître de chamboulements majeurs. On notera que le club a déjà communiqué le retour au club de l’ailier droit Adrien Schaff, 21 ans, qui fera la paire avec Samy Douchet, 23 ans et deuxième meilleur buteur de l’équipe, qui a signé son premier contrat pro. Enfin, le gardien titulaire Vincent Lagrange (7ème meilleur gardien, 113 arrêts), a prolongé pour 2 saisons supplémentaires.

Le club est néanmoins à la recherche de 4 à 5 recrues pour renforcer l’équipe, et pas forcément de stars. “Il n’y a jamais eu de star à Sarrebourg, ou quand il y en a eu, ça a été un échec. La star c’est l’équipe.” rappelle Christophe Bondant. Ce dernier s’intéressera à des joueurs qui correspondront à l’ADN du club, à l’image de Dylan Grandjean ou Lucas Weiss, arrivés l’été dernier. “On veut qu’ils entrent dans les valeurs du club, de défense, de combat, ne jamais rien lâcher. On veut construire une équipe qui pourra partir à la guerre chaque vendredi. Des joueurs qui vont peut-être aller perdre des matchs, mais qui resteront focus sur le vendredi suivant.

Trois recrues professionnelles ont d’ores et déjà été officialisées, le pivot danois Asbjørn Madsen, le demi-centre Lucas Hubert et l’arrière droit Hugo Paul.

Samy Douchet, Sarrebourg (crédits : Christian Spahn)

Pour dresser un portrait complet de la belle saison du club mosellan, difficile de ne pas évoquer son public. “Sarrebourg, c’est environ une dizaine de milliers d’habitants, donc quand on a 1000 personnes dans les tribunes, ça fait 10% de la population. A l’échelle d’une grande ville, c’est l’affluence d’un stade de foot, s’amuse le technicien. Les bénévoles aussi sont à fond dans le truc, et il faut constamment les remercier parce qu’ils font un boulot pas possible ! On sera peut-être la plus petite structure de LNH la saison prochaine, mais on a des vertus pour nous. On ne veut pas ressembler aux grands. On veut s’en inspirer tout en gardant nos valeurs, et le public en fait partie.

Le “village gaulois” se développe bien

On est un peu comme le village gaulois dans Astérix, nous dit Christophe Bondant. On ne sera jamais Strasbourg ou Nancy. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne veut pas se développer, simplement qu’on y va sérieusement, on ne veut pas faire n’importe quoi en mettant la charrue avant les bœufs. Un joueur qui vient à Sarrebourg sait où il vient, et qu’il sera payé toutes les fins de mois.” Et en effet, le sérieux et la mesure de la démarche du club ne l’empêche pas de se structurer très efficacement. Les dirigeants ont cette saison effectué un “très très gros boulot, et il faut leur rendre hommage” reconnaît l’entraîneur.

Dylan Grandjean, Sarrebourg (crédits : Christian Spahn)

De 630 000€ en septembre dernier, le budget du club devrait avoisiner les 950 000€ en début de saison prochaine, entrant ainsi dans les clous du cahier des charges de la Proligue (abaissé au vu du contexte). “Notre budget s’appuie à 30% sur les partenariats, expose le président du club, Christian Reinhardt. Ces partenaires privés, ce sont des gens qui nous suivent depuis longtemps, et on est un petit secteur, tout le monde se connaît ici. En plus, il n’y a jamais eu de club à ce niveau là dans notre secteur (entre Metz, Nancy et Strasbourg). Donc forcément ça crée un engouement.

Avec la perte du statut VAP de Vernon et un calendrier plutôt favorable jusqu’à la fin de saison, “je ne veux pas dire qu’on s’y attendait, mais on commençait à s’y préparer quand même” explique le président, qui a ainsi pu obtenir un gros soutien supplémentaire des collectivités publiques “que ce soit la commune, la communauté de communes, le département ou la région.” Par ailleurs, le club a pu anticiper les exigences du cahier des charges de Proligue au niveau médical en s’appuyant cette saison sur Benjamin Crouet, kiné professionnel de l’équipe première.

Des craintes et de l’espoir

Pour la montée, Christian Reinhardt est clair : “On est prêts.” Pourtant, le contexte sanitaire actuel et le flou concernant l’avenir laisse émerger des craintes légitimes. “On ne sait pas quand on va reprendre le championnat et malgré tout le soutien de nos partenaires privés, beaucoup de chefs d’entreprises sont inquiets, s’interroge le président. Si le championnat doit redémarrer non pas début septembre mais début décembre comme j’ai pu le lire parfois, qu’est-ce qu’on fait avec les joueurs signés début juillet ?

Des inquiétudes qui sont le lot de nombre de clubs professionnels ou entreprises, mais qui n’anéantissent pas pour autant l’espoir des Sarrebourgeois, qui ont un anniversaire à fêter. “Le club a été créé en mars 1970, rappelle Reinhardt. On avait prévu de grosses festivités pour le week-end dernier, avec un gros loto, un spectacle de Jean-Marie Bigard, une exposition sur l’histoire du club …  mais c’est important de pouvoir célébrer tous ensemble cette saison historique. On fera une grande fiesta dès qu’on le pourra !

 

Antoine Piollat

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1 CommentairePoster un commentaire

  1. jpf_hb - le 13 mai 2020 à 07h55

    J'étais souvent à Sarrebourg les deux dernières saisons pour assister aux matchs. Une ambiance de folie pour la ville. Un club ancien qui monte tranquillement ces dernières années, il mérite sa montée et ils vont se battre pour y rester

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