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Toulon change de dimension et veut enfin tourner la page du maintien (2/12)

Cette année, HandNews fait le tour des 12 équipes de Ligue Butagaz Énergie avant le début de la saison. Entre ambition de titre, course à l’Europe et lutte pour le maintien, les objectifs diffèrent selon les clubs. Pour ce deuxième épisode, direction Toulon, où le TMV aborde cette nouvelle saison avec de grandes ambitions après une importante revue d’effectif et une restructuration en profondeur du club.
Le Toulon Métropole Var Handball est un habitué de l’élite française. Champion de France en 2010 et vainqueur de la Coupe de France en 2011 et 2012, le club varois a connu une période faste avant de progressivement jouer la lutte pour le maintien. Ces dernières saisons, Toulon a régulièrement flirté avec la zone rouge : douzième en 2025, avant de terminer à nouveau onzième la saison dernière, à une seule place du barrage. Une situation sportive qui s’est accompagnée d’une période particulièrement mouvementée en coulisses.
Une saison sous haute tension
En début de saison, les difficultés se sont rapidement accumulées en coulisses à Toulon. Le départ du président avait alors mis au jour un déficit de près de 400 000 euros, plongeant le club dans une situation financière délicate. Ces difficultés ont notamment conduit à un retrait de cinq points en décembre, une sanction qui a pesé dans la course au maintien. Depuis, la situation s’est progressivement améliorée avec le retour de Perrine Paul aux affaires, puis l’arrivée de Rodolphe Lerale, devenu président en février et engagé dans la restructuration financière du club.
Ces cinq points en moins ont surtout ajouté une pression supplémentaire dans la course au maintien, alors que Toulon avait plutôt bien lancé sa première partie de saison avec quatre victoires et un match nul. Cette pénalité a réduit la marge de manœuvre du club, qui avait alors très peu de jokers. Si les Varoises ont réussi à prendre des points importants face à des équipes mieux classées, elles en ont aussi laissé échapper contre des concurrents directs, comme la Stella et Sambre. La dernière journée s’est donc révélée décisive : Toulon devait s’imposer face au Havre tout en espérant un faux pas de la Stella. Les Varoises ont finalement décroché une victoire de deux buts au terme d’un money-time tendu, synonyme de maintien.
Le mercato XXL de Toulon
Arrivées : Andrea Novellan (GB, Plan-de-Cuques), Tonje Lerstad (GB, Besançon), Marie Prouvensier (ALD, Paris 92), Laura Kanor (ALG, Brest), Maja Eiberg (ARG, Fredrikstad), Daphne Gautschi (ARG, Valcea), Lisa Borutta (ARD, VfL Oldenburg), Nélya Goval (ALG, CF Metz)
Départs : Kristy Zimmerman (GB), Zazie Samzun (GB), Clémentine Rival (ALG), Sofia Deen (DC, retraite), Beatriz Sousa (ARD), Manon Chabaud (DC), Mari Finstad Bergum (DC, retraite), Eva Giustiniani (ALD)
Avec huit arrivées annoncées, Toulon est l’un des clubs de Ligue Butagaz Énergie à avoir le plus remodelé son effectif. Une transformation importante compte tenu des difficultés financières rencontrées quelques mois plus tôt. L’objectif est clair : ne plus vivre une saison axée sur le maintien et construire un groupe capable de regarder plus haut.
Dans les buts, Andrea Novellan, passée par Plan-de-Cuques, et Tonje Lerstad, qui évoluait à Besançon, occuperont désormais les cages varoises.
À l’aile gauche, un trio composé de Laura Kanor, Nélya Goval et Louise Cavanié, cette dernière ayant prolongé son contrat. Sur l’aile droite, Manon Pellerin, freinée par une blessure la saison dernière, a prolongé pour une année supplémentaire. Elle sera en binôme avec Marie Prouvensier. À 32 ans, l’ancienne internationale française, passée notamment par Nantes, Brest et Paris 92, s’apprête à découvrir un nouveau club après trois saisons dans la capitale.
Pour remplacer Beatriz Sousa, Toulon a recruté Lisa Borutta, arrière droite allemande de 28 ans. La joueuse évoluait cette saison au VfL Oldenburg, avec lequel elle a notamment disputé la Ligue européenne. Elle connaîtra avec le TMV sa première expérience en dehors de la Bundesliga. Elle évoluera aux côtés de Norah Folituu, qui a prolongé.
Deux joueuses capables d’évoluer à la fois comme arrière gauche et demi-centre viennent également renforcer le groupe : la Danoise Maja Eiberg et la Suissesse Daphne Gautschi. Après une saison en Roumanie à Vâlcea, elle fait donc son retour en France.
Au poste de pivot, Kyncia Pastour et Josefine Dragenberg ont quant à elles prolongé pour une saison supplémentaire, permettant au club de conserver un peu de stabilité dans ce secteur.
La situation de Manon Chabaud n’a, elle, pas fait l’objet d’une communication officielle, tandis que Thea Stankiewicz a été aperçue lors de la préparation estivale.
Des ambitions nouvelles… mais le maintien d’abord
Sur le papier, le nouveau visage de Toulon affiche clairement les ambitions du club. Tonje Lerstad, Andrea Novellan, Laura Kanor, Marie Prouvensier et Daphne Gautschi connaissent déjà la Ligue Butagaz Énergie, tandis que Maja Eiberg arrive avec une expérience des championnats danois et norvégien et que Lisa Borutta évoluait encore récemment en Allemagne. À cela s’ajoute le potentiel de Nélya Goval, jeune joueuse issue du centre de formation de Metz.
Mais cette importante revue d’effectif laisse aussi très peu de place à la continuité, puisque seulement six joueuses de la saison dernière sont encore présentes. Toulon perd notamment ses deux meilleures buteuses, Mari Finstad Bergum (139/242) et Sofia Deen (95/169), qui ont toutes les deux décidé de mettre un terme à leur carrière. Il faudra donc rapidement identifier les nouvelles leaders de cette équipe profondément remaniée. Pour Rémi Faugères, le défi sera désormais de parvenir à intégrer rapidement les nombreuses recrues et de créer une véritable harmonie collective autour du nouveau projet toulonnais.
Sur le papier, le recrutement semble davantage correspondre à une équipe qui souhaite regarder vers le haut qu’à un simple candidat au maintien. Mais avant de penser à la première moitié du classement, Toulon devra d’abord assurer sa place dans l’élite.

La joueuse à suivre : Laura Kanor
Après une saison à Brest, la joueuse rejoint un club qui ambitionne désormais de franchir un cap, alors qu’elle évoluait encore récemment avec Brest, grand habitué de la Ligue des Champions et au haut de tableau.
Ce changement peut surprendre, mais il répond aussi à une volonté de retrouver du temps de jeu et de la confiance. À Toulon, Laura Kanor devrait disposer de davantage de responsabilités et ne sera d’ailleurs pas cantonnée à son poste d’ailière. Le club compte également l'utiliser sur la base arrière, à l’image de sa sœur jumelle Orlane.
Avec son profil polyvalent, son explosivité et son expérience du haut niveau, Laura Kanor pourrait ainsi devenir l’un des visages de ce nouveau Toulon. Dans une équipe qui veut enfin sortir de la lutte pour le maintien, son apport pourrait être déterminant.