LBE
Brest, un nouveau cycle pour défendre son titre (12/12)

Cette année, HandNews fait le tour des 12 équipes de Ligue Butagaz Énergie avant le début de la saison. Entre ambition de titre, course à l’Europe et lutte pour le maintien, les objectifs diffèrent selon les clubs. Pour ce douzième épisode, direction Brest, où le BBH aborde une nouvelle saison avec le statut de champion de France et un effectif remanié après la fin du cycle Tervel-Mariot.
La saison dernière restera comme une année particulière dans l’histoire du BBH. Après quatre saisons consécutives dans la peau du dauphin de Metz, le club breton a enfin réussi à reprendre le titre à son grand rival.
Déjà champion de France en 2021, Brest a dû attendre quatre années avant de retrouver le sommet du championnat. Les Brestoises avaient pris l’avantage lors du match aller et ont ensuite dû résister au retour de Metz pour conserver leur avance et décrocher un nouveau titre national.
Une saison également marquée par un nouveau Final 4 de Ligue des champions. Après avoir retrouvé Budapest, les Bretonnes ont toutefois dû se contenter de la quatrième place, concluant leur parcours européen par deux défaites. Une déception dans le dernier carré, mais compensée en quelque sorte par le titre de champion de France qui permet au BBH de renouer avec un trophée après quatre saisons blanches.
Mais au lendemain de ce titre, le cycle Tervel-Mariot s’est achevé. Le duo avait été annoncé sur le départ dès novembre dernier par le club, alors qu’il lui restait encore une saison de contrat. Les deux techniciennes ont quitté Brest après une séparation actée d’un commun accord avec la direction, sur fond de divergences concernant le projet sportif. Une séparation forcément particulière au regard du sacre de champion de France et de l’objectif affiché de retrouver le Final 4 de la Ligue des champions. Le duo n’aura finalement pas eu l’occasion de prolonger l’aventure une dernière saison pour confirmer le travail réalisé lors de cet exercice.
Avec six départs pour trois arrivées, un nouveau staff et une nouvelle directrice sportive, qui n’est autre que Cléopâtre Darleux, le BBH a revu son organisation à l’intersaison.
Pour succéder à Raphaëlle Tervel, le BBH a misé sur Tomas Hlavaty. À 38 ans, le technicien slovaque s’apprête à connaître sa première expérience comme entraîneur principal dans un club de ce calibre, après avoir longtemps évolué dans l’ombre de techniciens reconnus, notamment à Györ, Rostov et aux Vipers Kristiansand. Une nouvelle responsabilité pour celui qui conserve également son poste de sélectionneur de la République tchèque. Avec cette nomination, Brest fait également un choix inédit dans son histoire récente en confiant les rênes de son équipe à un entraîneur étranger.
Le mercato du BBH
Arrivées : Tamara Horacek (DC, Krim Mercator), Valerie Smetkova (ARD, Szombathelyi), Sofia Hvenfelt (PV, HB Ludwigsburg).
Départs : Anna Vyakhireva (ARD, Odense), Anna Gros (ARD, retraite), Yvette Broch (PV, retraite), Juliette Faure (DC), Laura Kanor (ALG), Mélina Cantin (GB).
Anna Vyakhireva et Anna Gros, toutes deux utilisées sur le côté droit, quittent le club après avoir occupé une place importante dans le dispositif brestois. La première rejoint Odense, tandis que la seconde met un terme à sa carrière professionnelle. Deux pertes importantes pour Brest, qui se retrouve désormais avec un secteur droit beaucoup moins expérimenté.
Valerie Smetkova est pour l'instant la seule véritable arrière droite de métier recrutée par le club. La jeune Slovaque arrive de Szombathelyi et devra rapidement s’adapter au très haut niveau. Pour compléter ce poste, Clarisse Mairot ou encore Méline Nocandy pourraient être amenées à basculer ponctuellement sur le côté droit.
Le club ne cache d’ailleurs pas que ce secteur représente actuellement un manque dans l’effectif. Brest devra donc trouver de nouvelles solutions pour compenser la disparition des profils très différents proposés par Anna Gros, redoutable dans le tir à distance, et Anna Vyakhireva, particulièrement à l’aise dans les duels.
Dans le secteur du pivot, Sofia Hvenfelt vient apporter son expérience. L’internationale suédoise sort d’une période éloignée des terrains et arrive en provenance de Ludwigsburg. Elle retrouvera la compétition avec un rôle important puisque Pauletta Foppa est toujours absente en raison de sa maternité.
Autre renfort majeur, Tamara Horacek effectue son retour en France après deux saisons passées à Krim Mercator. L’internationale française, qui a retrouvé ces dernières années une place importante en équipe de France, arrive avec son expérience et sa polyvalence. Elle prend le relais de Juliette Faure, partie cet été, mais pourrait également être utilisée sur le côté droit pour apporter une solution supplémentaire à Tomas Hlavaty.
Dans les buts, Mélina Cantin quitte le club pour rejoindre Paris 92. Le BBH repasse ainsi à deux gardiennes.
Un collectif amené à se réinventer
Avec autant de mouvements, le BBH va forcément devoir modifier son fonctionnement. Le club perd des joueuses de niveau mondial, mais cette nouvelle configuration pourrait également permettre de mieux répartir les responsabilités.
Coralie Lassource, absente des terrains depuis près d’un an après sa grossesse, fait son retour et apportera une solution supplémentaire sur l’aile gauche aux côtés de la jeune Kiara Tshimanga.
Sur la base arrière, Annika Lott pourrait également prendre davantage de responsabilités. L’Allemande n’a disputé que 18 rencontres (en LBE) la saison dernière et n’a pas pu exprimer pleinement son potentiel. Avec le départ de plusieurs cadres, elle devrait disposer de davantage de liberté pour s’exprimer.
Tamara Horacek aura également un rôle central dans l’animation offensive. Excellente passeuse, elle pourra alimenter les pivots mais également apporter sa qualité de tir à longue distance, une arme dont Brest aura particulièrement besoin cette saison.
Le jeu brestois continuera de s’appuyer sur ses pivots et sur ses joueuses capables de provoquer dans les duels, à l’image de Clarisse Mairot ou Méline Nocandy. Mais l’une des grandes questions sera justement de savoir comment le BBH s'adaptera à droite.
Le club pourra compter sur des jeunes joueuses, comme Enola Borg et Kiara Tshimanga, qui ont déjà montré qu’elles pouvaient répondre présentes lorsque le contexte l’exigeait.
Le nouveau Brest devra donc apprendre à fonctionner différemment. Moins dépendant de quelques individualités, le collectif pourrait chercher davantage de solutions par le jeu et la rotation.
Défendre le titre et retourner au Final 4
Les objectifs restent élevés. Avec un titre de champion de France à défendre, Brest voudra évidemment conserver son trophée.
Mais la concurrence sera féroce. Metz, désormais champion d’Europe, aura forcément envie de récupérer le titre national et de décrocher un 27e sacre en championnat. D’autres formations françaises ont également montré la saison dernière qu’elles étaient capables de venir bousculer les deux locomotives du championnat.
La Coupe de France sera également un objectif, après une élimination en quarts de finale la saison dernière. Brest n’a plus remporté la compétition depuis 2021, année de son dernier doublé championnat-Coupe de France.
Sur la scène européenne, difficile de viser autre chose qu’un nouveau Final 4. Le BBH veut reprendre l’habitude de se retrouver parmi les quatre meilleures équipes de la Ligue des champions. La tâche de Tomas Hlavaty s’annonce particulièrement intéressante. Le technicien slovaque devra permettre à ce nouvel effectif de retrouver rapidement des automatismes, avec un groupe plus jeune sur certains secteurs et moins expérimenté sur d'autres.
Brest évoluera dans un groupe A qui peut sembler, sur le papier, légèrement plus abordable que l'autre poule. Le club breton évite Metz, Györ et Odense, mais devra tout de même se méfier de plusieurs adversaires ambitieux.
FTC-Rail Cargo Hungaria a réalisé un sacré mercato, tandis que CSM București, qui avait battu Brest lors du match pour la troisième place, reste une formation particulièrement physique et difficile à manœuvrer. Enfin, Team Esbjerg, toujours emmené par Henny Reistad, aura également l’ambition de retrouver le Final 4 après l'avoir manqué.
Le défi est donc clair pour le "nouveau Brest" : conserver son titre en France, retrouver le dernier carré européen et réussir la transition vers un nouveau cycle sans perdre les ambitions qui font du BBH l’un des deux grands clubs du handball féminin français.

La joueuse à suivre : Tamara Horacek
Pour son retour en France, Tamara Horacek rejoint l’un des deux grands du championnat et s’apprête à occuper un rôle particulièrement important.
Ces dernières années, l’internationale française a retrouvé une place de premier plan avec les Bleues. À Brest, elle devra désormais transposer cette influence au niveau du club et devenir l’un des points de référence d’un collectif en reconstruction.
Grande passeuse, capable de faire jouer ses partenaires et particulièrement à l’aise dans la relation avec les pivots, Tamara Horacek possède également une arme supplémentaire avec son tir en appui à longue distance. Sa polyvalence sera précieuse pour Tomas Hlavaty.
Avec l’absence prolongée de Pauletta Foppa, elle devra aussi participer à l’équilibre défensif et offensif de l’équipe.
Une joueuse d’expérience, polyvalente et habituée aux grands rendez-vous, dont Brest aura certainement besoin pour réussir son changement de cycle tout en continuant à jouer les premiers rôles.