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Proligue

Terrain aux normes, budget d'au moins 1 million d'euros, quelles sont les conditions pour monter en deuxième division ?

, par Omeyer

DRAGUIGNAN - Crédit : Maréva Fontaine

À l'issue de la saison de N1 Fédérale, plusieurs équipes postuleront à la montée en deuxième division, la Proligue. Mais entre rêve éveillé et réalité administrative, comment se passe une montée ?

Pour une petite poignée de clubs en France, l'accession au monde professionnel, représenté par la Proligue et la Starligue, est souvent le Graal. Avoir l'opportunité de pouvoir rejoindre ces deux échelons est souvent l'aboutissement de longues années de recrutement, d'échecs et de victoires.

Accéder au palier supérieur se fait par voie sportive, mais cela dépend surtout du respect du cahier des charges, imposé par la Ligue Nationale de Handball, pour s'assurer que les clubs souhaitant monter en Proligue aient les reins solides et répondent aux exigences du plus haut niveau. Afin de jouer dans les compétitions organisées par la LNH (Starligue et Proligue), il faut remplir deux conditions :

  • Avoir acquis le droit d'y participer sportivement, en étant par exemple premier de sa poule, comme l'est actuellement l'équipe de Draguignan
  • Valider une procédure en deux étapes, au bout de laquelle le club peut être engagé dans le championnat visé.

Ce sont ces deux étapes qui sont les plus compliquées, ou du moins éliminatoires, à remplir. Il faut être financièrement validé par la CNACG (Commission Nationale d’Aide et de Contrôle de Gestion) et il faut que le club se voit accorder le statut de "club professionnel", statut délivré par le Comité Directeur de la LNH.

Passage devant la CNACG

L'acronyme a lui tout seul fait peur. La CNACG est un organisme de régulation financière, rattaché à la LNH. Il est en charge de surveiller l'état des finances des clubs professionnels, de veiller à ce que les clubs ne dépense pas plus que de raison et bien d'autres. En cas de non-respect des règles, c'est cet organisme qui peut retirer des points à certains clubs en difficulté financière, comme ont pu l'être Frontignan et Nancy l'an passé.

Être validé par la CNACG ne se fait pas du jour au lendemain. Le processus de la commission prend souvent plusieurs semaines, voir plusieurs mois. Après avoir constitué son dossier (budget, charges...) et l'avoir présenté à la CNCG (Commission Nationale de Contrôle et de Gestion), ce dossier va ensuite être étudié par ces deux instances. Au terme de deux entretiens distincts, où les instances vont comparer le dossier avec le cahier des charge de la CNACG.

Une fois le dossier étudié, les décisions tombent à la fin du mois de juin : soit autorisé par la CNACG, soit pas autorisé.

Pour être autorisé, le club doit remplir trois conditions distinctes :

  • Justifier d'un budget minimal de 1,1 millions d'euros
  • Consacrer 12 % de ce budget à des actions dites "structurantes" (développement des domaines administratifs, commerciaux, marketing et communication, tout ce qui permet de montrer que le club travaille pour exister au plus haut niveau et est conforme à ses ambitions professionnelles)
  • Justifier d'un fonctionnement économique compatible avec les contraintes de la Proligue

Si ces conditions sont remplies, alors la CNACG va faire deux choses supplémentaires. La première, c'est de  fixer une masse salariale d'un certain montant par club, selon les éléments fournis ultérieurement lors de l'examen du club devant la CNACG et la CNCG. La seconde, c'est de fixer certaines conditions selon la situation du club, comme par exemple la validation de recrues décidée par la CNACG.

Dans le cas où le club n'est pas autorisé par la CNACG, ce dernier peut déposer un recours devant la commission d'appel de la CNCG. Il peut également faire une demande de conciliation devant le CNOSF (Comité national olympique et sportif français). Cette demande, déposée par un club en grande difficulté financière, existe pour permettre de trouver un accord amiable avec ses créanciers. Cela permet d'éviter le placement en redressement judiciaire, mais aussi d'assurer la continuité de l'activité.

Délivrance du statut professionnel

Une fois cette première barrière de franchie, une autre se dresse sur la route des clubs qui souhaitent monter en Proligue : le statut professionnel. Pour cela, vous vous en doutez, le club doit remplir tout un tas de critères.

Pour être professionnel, le club club peut se constituer soit comme association sportive (loi association 1901), soit comme société sportive, sous la forme par exemple d'une SAS/SASU. L'association sportive a principalement une visée amateure et est censée être à but non lucratif, tandis que la société sportive a elle un but commercial. Une majorité des clubs professionnels sont des sociétés sportives (le PAUC ou le HBC Nantes sont des SASU ; Sélestat et Toulouse sont des associations).

Ensuite, les critères vont être sur les dimensions de la salle (taille du terrain, hauteur sous plafond, salle de presse...), le nombre de joueurs professionnels (11 minimum, à temps plein) et un entraîneur à temps plein (titulaire d'un diplôme TFP 6, ce qui est le plus haut niveau de diplôme), un nombre de salariés minimum...

Si le club estime remplir toutes ces conditions, il va venir déposer tous les éléments au plus tard le 8 juillet, du moment que la CNACG a validé leur premier dossier.

Ensuite, le comité directeur se réunit après ce 8 juillet, afin de décider si oui ou non, le club demandeur se voit attribuer le statut de professionnel. Si non, le club reste en N1.

Dans l'éventualité où les clubs sportivement qualifiés n'obtiendraient pas le statut professionnel, le comité directeur peut procéder à un repêchage.

Le repêchage, dernière chance pour de nombreux clubs

Cette procédure se lance automatiquement à la fin du championnat de Proligue (vers le 7 juin, date de la finale retour entre Caen et Ivry). Une fois lancée, les clubs de Proligue relégués sportivement à l'issue de la saison (Angers cette saison) peuvent candidater, mais aussi les clubs maintenus ou venant d'accéder à la Nationale 1 Masculine.

Pour espérer être repêchés, les clubs candidats doivent produire les mêmes éléments que mentionnés précédemment. Dans la plupart des cas, le club repêché est celui qui présente le plus de garanties, quelle soient financières ou professionnelles.

Qui en Proligue l'an prochain ?

C'est toujours la grande question de fin de saison. Qui sera là la saison prochaine ? Sur les 13 clubs qui composent la D2, c'est Angers qui est, dans les faits, rétrogradé sportivement, car dernier du championnat avec 12 points. Cependant, le club angevin présente de nombreuses garanties qui lui permettent de jouer en sa faveur en cas de repêchage.

Du côté de la N1 Fédérale, sportivement, c'est Draguignan qui est le candidat le plus probable à une montée en Proligue. Premier à l'issue de la saison régulière avec 62 points et ayant dominé sa poule tout au long de la saison, le dossier du club varois sera étudié dès le 2 juin.

Si pour l'heure, rien n'est encore officiel, de nombreuses rumeurs évoquent un retour de la deuxième division à 16 clubs, contre 13 aujourd'hui. De fait, si Draguignan venait à monter et que Angers était repêché, deux places seraient encore à pourvoir. Reste à voir qui serait intéressé, et surtout, qui aurait les épaules solides pour assumer les exigences de la D2.

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