Proligue
Pour Cournon : « Les play-offs ne sont pas un aboutissement mais une marche supplémentaire »

Président du Handball Club Cournon d'Auvergne, Cyrille Faucher revient sur le parcours du club. Du plus haut niveau régional à la Proligue, le club atteint pour la première fois les play-offs. Après un début de saison réussi, le président cournonnais revient sur cette saison, et son rêve de Starligue.
Après sa troisième saison en Proligue, Cournon obtient sa première qualification historique en play-off. Le président du club auvergnat revient sur le sentiment qui l'anime.
Cyrille Faucher : « Il y a un soulagement mais aussi de la fierté. C'est quelque chose qu'on attendait. Après ce n'est pas un aboutissement car il reste des matchs mais c'est une fierté d'avoir amené ce club en seulement trois ans en play-off. On a le sentiment du travail bien fait. »
Sept ans de construction
En sept ans, le club cournonnais est passé du plus haut niveau régional à la Proligue. Cyrille Faucher revient sur ces années de construction, reconnaissant du soutien et du travail de chacun.
C.F. : « C'est beaucoup de travail mais aussi un assemblage de personnalités qui ont aidé en s'investissant dans diverses missions. Le club a surtout beaucoup progressé sur l'extra sportif. On a atteint rapidement le niveau de National 1 grâce notamment à l'arrivée de certains joueurs, comme Maxime Bouquet (aujourd'hui en National 2 à Bourgoin). Ces joueurs ont permis de franchir les premiers échelons, qui sont parfois les plus durs. Et puis, l'arrivée de partenaires a permis de faire passer le club dans une autre dimension et d'atteindre la Proligue. »
Pour Cyrille Faucher, le club a changé de dimension lors de son accession en Proligue, obligeant une structuration et une exigence supplémentaire.
C.F. : « L'arrivée dans le statut professionnel, au sein de la LNH et l'arrivée à Clermont* ont fait passer un cap dans les infrastructures et dans le professionnalisme. Les obligations de la LNH aussi avec un cahier des charges compliqué permettent tout de même de mieux se structurer. Cela pousse à tendre vers l'excellence et à chercher constamment à s'améliorer. En se structurant, le club a recruté des salariés aux compétences spécifiques afin de continuer à progresser, aussi bien sur l'équipe première que sur la formation. »

Un début de saison prometteur, puis des perturbations
Après un très bon début de saison (8 victoires et 2 nuls en 14 matchs), Cournon a longtemps été premier de Proligue jusqu'à la trêve internationale. Le président du club auvergnat revient sur ce qui a fonctionné mais évoque également ce qui a perturbé ses joueurs ensuite.
C.F. : « Je pense que c'est avant tout la solidarité et la cohésion du groupe. Rapidement, on a vu que le groupe, composé de jeunes joueurs, vivait bien ensemble avec un objectif commun. L'arrivée de Guillaume (Dupin) en chef d'orchestre a bien participé à ce que la mayonnaise prenne. Dès les matchs de présaison, on a senti qu'il y avait du talent dans cette équipe-là. Les joueurs prennent plaisir à jouer et passer du temps ensemble. Ils ont envie de se montrer et si on arrive à bien fédérer, ça marche. »
La question des contrats et des "pseudo-agents"
Mais la saison était bonne jusqu'à décembre et le club a connu une deuxième partie de saison plus compliquée. Cyrille Faucher pointe du doigt les négociations contractuelles et les "pseudo-agents" qui ont parasité les performances de ses jeunes joueurs.
C.F. : « Les joueurs sont jeunes et il y a eu une déperdition d'énergie dans ce qui est contrat, agent… Certains ont eu du mal à gérer cela car qui dit bon match dit sollicitation et cela a eu un impact sur nos résultats du début d'année. Avec un bon début de saison, les joueurs ont été sollicités et moins concentrés très certainement. Forcément pour les jeunes joueurs, cela a parasité les performances. La perception de nos adversaires a également changé. Nous sommes passés du statut d'un club censé jouer le maintien à celui d'une équipe capable de jouer un rôle dans le haut de tableau. »
Le président cournonnais dénonce également ces intermédiaires et appelle les clubs français à faire barrage. « J'aimerais que les clubs ayant un certain statut en France montrent l'exemple. En cessant de travailler avec ces "pseudo-agents", on éviterait de leur donner du poids et une importance néfaste pour toutes les divisions ainsi que pour la carrière des joueurs. À Cournon, nous avons fait le choix de nous passer de ce type d'individus, qui représentent pourtant environ 50 % du marché. C'est un handicap, certes, mais je souhaite rester fidèle à ma ligne de conduite et à mon éthique. »

Direction la Starligue ?
Le président de Cournon revient sur cette première qualification en play-off pour le club. Fier de cette accession, mais n'en fait pas une finalité, Cyrille Faucher arrive avec ambition, rêvant un jour de la Starligue pour son club.
C.F. : « Ce n'est pas un aboutissement mais une étape supplémentaire. Quand on a des objectifs et qu'on les atteint, il y a forcément un sentiment de satisfaction. Je suis content pour les partenaires et les personnes qui nous accompagnent, qui nous font confiance. L'idée plus tard, c'est d'arriver en Starligue et je ferai de la Starligue. Je ne donne pas de temps mais je me fixais les mêmes objectifs déjà quand le club était au niveau régional. On a montré qu'on était capable de les atteindre avec des moyens limités mais pour monter en Starligue il faudra créer un club plus "territorial", le travail a commencé j'espère qu'il verra le jour rapidement. »
*Le club de Cournon évolue à la Maison des Sports de Clermont-Ferrand.
Aurélien Cordier