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LNH - Nîmes

F. Maurice : "On veut voir des gladiateurs dans l’arène"

, par Dalibor

Nîmes

Arrivé à la mi-novembre pour remplacer Jérôme Chauvet, Franck Maurice a immédiatement remis son équipe sur le droit chemin, en remportant un succès important à domicile face à Nantes (33-31) avant de prendre un autre point, cette fois face à Créteil (27-27). Il pose pour nous son regard sur la première partie de saison de l'USAM.

- Franck, les dirigeants de l'USAM ont fait appel à vous en novembre pour donner un nouvel élan à l'équipe. Pensez-vous avoir rempli votre mission pour l'instant ?

- Je pense que je l'ai presque remplie, puisqu'il manque ce point contre Créteil qui nous aurait permis d'être un peu plus au chaud. Si on avait un tout petit peu mieux maitrisé le match, on aurait pu espérer la victoire. Nous avons laissé passer un point, mais aussi le goal-average particulier face à Créteil. Cela aurait pu nous donner un peu plus d'air, mais je crois que nous avons retrouvé de la confiance sur cette période. Nous restons néanmoins dans une situation difficile au niveau comptable puisque nous n'avons qu'un point d'avance sur le premier relégable.

- Vous parlez de confiance, vous pensez qu'à votre arrivée, le problème majeur se trouvait là ?

- Le talent, la compétence, on l'avait et on l'a depuis le début de la saison. Quand Jérôme Chauvet a décidé de partir, le problème était surtout dans les attitudes. Les entames de match étaient compliquées, les joueurs avaient tendance à baisser la tête dans les temps faibles...C'est surtout sur ce plan là qu'il a fallu travailler, mais cela a été facilité par la façon dont le départ de Jérôme s'est fait. Tout le monde a donné son aval, et sa démarche droite et honnête a été une des choses qui a facilité le retour de la confiance au sein du groupe.

"Six semaines pour travailler"

Saurina Nîmes 4- Même si la confiance est revenue dans l'effectif, la seconde phase du championnat va être compliquée, avec sept matchs à l'extérieur, domaine où vous avez été en difficulté dans ce début de saison...

- C'est clair que quand il vous reste douze matchs à jouer, dont sept à l'extérieur, on est forcé d'aller chercher des points loin de nos bases, mais pas forcément uniquement chez des concurrents directs. Je pense que les deux premiers matchs de reprise vont déterminer beaucoup de choses, les déplacements à Tremblay et à Toulouse. Si on ramène une victoire, on restera dans le droit chemin, si on en prend deux, on se donnera un bon bol d'air et je ne veux pas imaginer si on ne ramène rien de ces deux déplacements...

- Vous avez eu le temps dans ce mois de janvier de remettre les choses à plat. Quels ont été les axes majeurs de travail ?

- C'est vrai que nous avons eu six semaines pour travailler, donc presque autant que sur une vraie préparation. On a essayé de trouver un dispositif défensif qui nous apporte plus de sérénité, en étant plus compacts sans pour autant perdre notre capacité à nous projeter rapidement vers l'avant. Sur la première phase, nous avons remarqué un manque de cohésion dans les matchs difficiles, ce qui nous freinait pour jouer rapidement vers l'avant, que ce soit sur le jeu de transition ou les engagements rapides. Pourtant, c'est ce qui représente l'identité de jeu de l'USAM, notre spécificité.

- En plus de ces quelques changements, vous allez retrouver une partie de vos blessés qui vous ont manqué cruellement dans la première partie du championnat...

- C'est clair que notre mercato d'hiver on va surtout le faire dans notre infirmerie ! Après, tout le monde n'est pas rétabli pour autant. Kader Rahim a toujours des soucis et ne devrait pas être là avant le mois de mars, Olivier Marroux est en phase de reprise et devrait revenir en mars aussi. On a vient de perdre Alberto Aguirrezabalaga (photo de gauche) pour quelques semaines, Benjamin Gallego aussi, Florent Ferreiro a encore des soucis de psoas, mais tout ça fait partie du jeu. Cette préparation a surtout pour but de mettre les joueurs en mode maintien, quels que soit les blessés ou l'adversaire en face. On veut construire un état d'esprit, leur faire comprendre qu'on est en position délicate et que sans combat, on n'y arrivera pas.

"Le public rend ce qu'on lui donne"

Aguirrezabalaga Nîmes- Dans cette bataille, vous allez quand même pouvoir compter sur votre public, qui a répondu présent sur les derniers matchs à domicile. Un facteur qui peut s'avérer décisif selon vous ?

- On a répété aux joueurs que le public rendait ce qu'on lui donnait, qu'il ne fallait pas forcément attendre son soutien, mais que ce soutien viendrait si on voyait des joueurs impliqués et qui mouillent le maillot sur le terrain...Contre Nantes, les garçons se sont démenés pour aller chercher la victoire, et forcément le public nous a poussé. Les gens dans les tribunes veulent voir des joueurs qui incarnent les valeurs de l'USAM, qui donnent tout, qui cherchent à provoquer la réussite avec leurs efforts, des gars qui n'hésitent pas à se jeter par terre pour leur maillot. Ils veulent voir des gladiateurs dans l'arène, pas des beaux esthètes propres sur eux.

- En parlant d'implication, est-ce que vous n'attendez pas plus de vos recrues, en particulier d'Asgeir Hallgrimsson ?

- On attend plus de tout le monde, pas que d'un seul ou que de deux joueurs. On a besoin d'un Asgeir au niveau de ce qu'il montre avec l'Islande en ce moment au Mondial, d'où j'espère il reviendra avec le plein de confiance. Il n'y a pas de problème particulier avec lui, il ne lui manque que la confiance et la réussite. Asgeir est arrivé à un moment où les résultats n'étaient pas forcément très bons, il a peu joué la saison dernière, il doit s'habituer à un nouveau style de jeu aussi...Il a conscience qu'il doit apporter plus, tout comme les autres joueurs de l'effectif savent qu'ils vont devoir apporter plus également. On va avoir besoin de tout le monde sur les douze derniers matchs.

- Vous avez huit joueurs en fin de contrat à la fin de saison, n'avez-vous pas peur que cela joue dans les têtes en fin de championnat ?

- Nous avons vu tous les joueurs en fin de contrat en janvier pour leur dire ce qu'on comptait faire. Les prolongations de contrat seront bientôt officialisées. C'est dans l'intérêt des joueurs de montrer des choses, qu'ils soient conservés ou non. On peut se poser des questions si un joueur, quand il est remis en cause, baisse son niveau de jeu. N'est-ce pas une fêlure dans la cuirasse ? Les joueurs, comme les dirigeants, comme le staff, doivent prouver des choses, doivent être capables de se remettre en question.

"On n'a pas le droit de ne pas être investi"

Crédit photo : Jean-Pierre Riboli
Crédit photo : Jean-Pierre Riboli

- Pour conclure, pensez-vous l'objectif maintien soit dans les cordes de cette équipe nîmoise ?

- J'ai pleine confiance dans le groupe. Nous avons tous conscience de la difficulté de la tâche qui nous attend. Quand on est à la tête de l'équipe de l'USAM, quand on joue dans cette équipe, on n'a pas le droit de ne pas être investi. Les joueurs ont compris que ça allait au delà du simple maintien sportif, au delà du fait de gagner un point ou deux. Ils ont compris qu'il y avait de l'humain derrière, qu'il y avait un investissement de beaucoup de monde pour eux.

- L'ont-ils compris d'autant plus facilement qu'un certain nombre d'entre eux sont au club depuis quelques saisons, et que Jérôme était là depuis 2011 ?

- Je suis persuadé que le rebond n'est pas dû uniquement au changement d'entraineur. Derrière ce changement, il y a eu une vraie prise de conscience. Maintenant, quand il y a des étincelles, il faut souffler dessus, sous peine de voir le feu s'éteindre. Il faut désormais montrer que nous avons l'étoffe des gens courageux et combatifs. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la phrase de Claude Onesta hier soir : "On a le droit de perdre contre plus fort que soi, plus talentueux, mais pas contre plus courageux". C'est de cela qu'il va falloir s'inspirer.

Propos recueillis par Kevin Domas

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